Tunisie-présidentielles : Requiem pour un président.

Sans attendre les résultats définitifs du 2me tour des élections présidentielles tunisiennes, force est de constater, au terme de son mandat, que tout dans la gestion et les gesticulations du président de transition, Mouncef Marzouki, me portent à dire tout simplement: Quel gâchis!

Les droits de l’homme et la tradition tunisienne d’hospitalité.

Marzouki n’a raté aucune occasion pour affirmer son attachement indéfectible aux droits de l’homme, or, le droit à la vie en est, en principe, le premier. Hélas, il a tout piétiné et agi en contradiction avec ses affirmations le jour-même, où il a participé indélicatement, candidement et joyeusement à une manifestation indigne, pour fêter l’assassinat de feu Mouammar Kaddhafi, à l’instar de tous les criminels qui ont commandité ce crime odieux, comme de ceux qui l’ont exécuté et de ceux qui l’ont cautionné; en effet, tous ceux qui ont participé de près ou de loin, à ce crime, abominable, sont condamnables selon le droit international.

L’ancien militant, Mouncef Marzouki qui a toujours réclamé l’inscription du droit d’asile dans la Constitution tunisienne a échoué sa première épreuve, dans sa matière préférée lorsqu’il participa à l’extradition de Baghdadi Mahmoudi, en méprisant et en ignorant la lettre de doléances que ce dernier lui a adressée ainsi que tous les appels des organisations nationales et internationales pour empêcher que ce crime ne se produise.

Ce faisant, il a enfreint une vieille tradition tunisienne d’accueil des réfugiés. Faut-il rappeler que la Tunisie a offert l’asile aux Algériens qui fuyaient la colonisation française, en 1830, et ce, tant qu’elle était demeurée indépendante, tout comme elle a aidé la Révolution algérienne, de 1954 à 1962, et accueilli sur son sol, plus d’un million de réfugiés algériens, entre 1954 et 1962, tout comme elle a accueilli le gouvernement provisoire de l’OLP, ce qui lui a valu dans les deux cas, la réaction militaire et une atteinte à son intégrité territoriale, tant de la part des Français, que des Israéliens!

Dès l’indépendance, la Tunisie a accueilli le premier ministre irakien Mohamed Fadl Al Jamali, à la fin des années 1950, et lui a accordé par la suite, la nationalité tunisienne, ainsi qu’au dirigeant «Frère musulman» égyptien Youssef Nada, au Colonel algérien Tahar Zbiri, dans les années 1960, puis au Colonel Libyen Omar El Méhichi au début des années 1970, et à l’ancien premier ministre italien Bettino Craxi en 1994. Ce dernier a vécu sur le sol tunisien jusqu’en 2000, et il s’y est fait enterrer.

Quand ces principes fondamentaux et intangibles des droits de l’homme, sont violés, aussi cavalièrement, nous sommes légitimement en droit de nous poser la question, pour savoir de quels «droits de l’homme» et de «quelles valeurs» parle Marzouki?

Politique étrangère, volet essentiel de ses prérogatives présidentielles.

Marzouki s’est évertué à se mettre à dos tous nos voisins proches et lointains, portant atteinte à nos relations traditionnelles et fraternelles avec l’Algérie et l’Égypte, d’une part, et d’autre part, en prenant la décision folle, inopportune, insensée et peu diplomatique, de rompre les relations diplomatiques avec la Syrie, qui n’a aucun contentieux avec la Tunisie, tout cela pour faire plaisir à des chouyoukhs qataris, avec lesquels nous n’avons aucune affinité, d’une part, et qui se distinguent par la négation des droits de l’homme, d’autre part.

Il s’est acharné sur ce pays meurtri allant jusqu’à voter son exclusion de la Ligue arabe et de l’organisation du Congrès islamique, à tel point que pour satisfaire son égo, et comme si la Tunisie, était devenue subitement son «joujou», il a reçu les pires ennemis du peuple syrien à Tunis.

Emporté par ses instincts belliqueux, et son désir de se mettre en avant devant ses «nouveaux amis» du Golfe et ses censeurs impérialistes et néocolonialistes, il a même proposé l’envoi d’un contingent de l’armée tunisienne pour participer à l’agression de la Syrie, un pays frère et ami!

Laxisme à l’égard du djihad: la Tunisie, premier pays pourvoyeur de terroristes dans le monde.

Mais le plus grave a été son laisser-faire sinon, son implication dans l’envoi de milliers de terroristes tunisiens en Syrie, en Irak et ailleurs, oubliant qu’à leur retour au pays, de l’école du terrorisme, ces mercenaires égarés importeront les méthodes qui leur auront été enseignées, pour éliminer par la force aveugle, leurs propres concitoyens, pour imposer leurs idées à la société tunisienne, et façonner brutalement le pays selon leur idéologie importée.

Cette nonchalance et cet égarement politique, ainsi que l’impéritie dans la gestion du dossier, qui a permis à des recruteurs étrangers de venir en Tunisie, pour laver les cerveaux des jeunes Tunisiens, et y recruter des «volontaires pour le Jihad», a fait de la Tunisie le premier pays pourvoyeur de terroristes dans le monde! Le comble pour ce pays que les Maghrébins décrivent comme le plus pacifique d’entre eux!.

Tentative de division du pays.

Je ne peux dresser une liste exhaustive de mes griefs contre Marzouki tant elle est longue mais je ne peux oublier sa tentative de diviser le pays, le jour où, de retour d’une visite en Allemagne, il a déclaré vouloir instituer le fédéralisme (système fait pour réunir des morceaux disparates) en Tunisie, pays uni par la nature et par sa longue histoire, ni sa forfaiture et celle de ses supporters et ce, en montant les Tunisiens contre d’autres Tunisiens et en alimentant la haine entre les régions.

Cette déclaration est on ne peut plus symptomatique de l’immaturité politique et de la soumission à ses humeurs les plus singulières et irréfléchies, de la part de Marzouki, quand on sait combien les mots assassins et porteurs de non-dits quelques fois explosifs, peuvent conduire à la guerre civile et ouvrir la voie à des questionnements sur la cohésion nationale et sur les valeurs nationales.

N’est-ce pas là une quasi adhésion implicite au projet scélérat et impérialiste américain de Bush pour le «Grand Moyen Orient» apparu en 1979 sous la plume de Bernard Lewis, un sioniste militant, pour affaiblir et diviser la nation arabe en petits états, quand au contraire, les pays développés, œuvrent au contraire à unir des nations, comme l’Europe?

Cette attitude démontre on ne peut plus clairement l’aliénation culturelle du militant Marzouki, devenu par la grâce des séminaires organisés par ceux qui l’ont préparé à les servir une fois au pouvoir, en Tunisie, démontre que la sa soif maladive du pouvoir de notre faux ex réfugié en France, est telle qu’elle lui cache les enjeux stratégiques du démembrement des pays arabes, et de la Tunisie, dans notre cas, à supposer qu’il ait énoncé son vœu pour la fédération, en toute naïveté et sans arrière-pensées du fait simplement, de son inculture politique.

J’ai une voix et je l’ai donné à Essebsi

Je suis toujours convaincu de la nécessité que les anciens hommes politiques qui ont fondé l’État national, servi la Tunisie dans l’après-indépendance et largement participé au pouvoir, se retirent de la scène publique pour éviter que l’on ne retombe pas dans la crise des années 1980, et pour empêcher la confiscation du droit, de la génération de nos enfants, de servir le pays.

J’ai exprimé cette position au cours de ces derniers mois, quand tous les yeux s’étaient tournés vers des hommes de cette génération lors de la quête d’un chef de gouvernement de consensus. J’avais alerté alors, que ce choix risquait de susciter la réaction négative des jeunes, et que cela les détournerait des affaires publiques, ce qui s’est hélas, réellement passé au niveau de leur participation aux élections.

Cependant, je dois reconnaître que la scène politique actuelle a imposé une nouvelle réalité que je suis en devoir de prendre en considération avec objectivité. Les dernières élections législatives ont hissé le parti Nida Tounes au premier rang des forces politiques avec le plus grand bloc parlementaire, ce qui contribuerait sûrement à la réalisation de la stabilité politique.

Le premier tour de l’élection présidentielle a donné à Béji Caïd Essebsi le plus grand nombre de voix, traduisant ainsi, la volonté de la majorité des Tunisiens pour la réhabilitation de l’État national, gravement malmené par la troïka, et pour raffermir la souveraineté nationale.

Je vote pour Béji Caïd Essebsi, comme le Président de la République qui a été élevé au sein de ces valeurs nationales que je partage avec lui, et qui unissent et galvanisent les Tunisiens. Je suis convaincu que sa longue expérience au service de l’État le qualifie pour assumer la haute charge de sa reconstruction; elle lui donne le recul nécessaire pour lui permettre d’assumer la représentation de tous les Tunisiens.

Sa fidélité à l’esprit nationaliste et patriotique des premiers fondateurs de notre État, ainsi que son respect de ses concitoyens et des valeurs intrinsèques, aussi bien spirituelles que sociales ou politiques autour desquelles se sont toujours rassemblés les Tunisiens, permettront aux citoyens qui le porteront au pouvoir par leurs voix, de manifester leur attachement à la paix, la quiétude, le développement, la santé aussi bien sociale, culturelle, que matérielle, et à l’éducation.

Dédié à la Résistance des peuples en lutte pour leur indépendance, leur liberté et leur dignité !

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

© madaniya.info - Tous droits réservés.