« Honte aux Tunisiens qui ont invité Nicolas Sarkozy en misant de surcroît sur le mauvais cheval »

Ahmad Manai : « Honte aux Tunisiens qui ont invité Nicolas Sarkozy en misant de surcroît sur le mauvais cheval »

Cette visite du 19 au 21 juillet correspond aux trois jours de la bataille de Bizerte, engagée par le président Bourguiba en 1961, pour libérer la Tunisie de la dernière séquelle du colonialisme.

L’ancien président français Nicolas Sarkozy a effectué du 19 au 21 juillet 2015 une visite en Tunisie sur invitation, semble t-il, du parti au pouvoir Nida Tounes, n’excluant pas qu’il se la soit faite à lui-même comme certains cadres dudit parti s’en défendent eu égard aux fâcheux développements que ses déclarations publiques et officielles mal inspirées ont suscité sur la scène politique du pays hôte et celle de la région.

Tant par les attentions protocolaires dont cette visite a été entourée que par les entretiens qu’elle a renfermé avec les trois présidents, il en a été retenu, entre autres péripéties plus importantes, qu’elle était curieusement parée des atours d’une visite d’Etat à laquelle n’a pas manqué le traditionnel bain de foule dans les souks de Tunis.

Cette visite a pour but, du moins officiellement, de lancer le parti des Républicains dont Sarkozy vient d’assumer sa présidence, de renouer avec le pouvoir à Tunis, mais aussi, à distance, avec l’électorat français d’origine tunisienne en vue des élections présidentielles de 2017.

Il convient de rappeler aux Tunisiens et particulièrement aux hommes politiques qui manquent souvent de mémoire, qui est vraiment Nicolas Sarkozy, du moins dans ses rapports avec notre pays et notre région.

Lisez les déclarations récentes de Abderrahmane Dahmane, son ancien conseiller, selon lesquelles «l’actuel président du parti français, les Républicains, est derrière les dangers terroristes que connaissent la Tunisie et l’Algérie, après avoir détruit la Libye».

La destruction de la Libye et sa transformation en repère international de tous les trafics, première base du terrorisme et menace permanente pour tous ses voisins, c’est Sarkozy

L’assassinat de Khadafi, c’est encore lui, selon l’ex-président du Conseil italien, Sylvio Berlusconi, son associé dans ce crime contre le peuple Libyen et contre l’humanité.

Nicolas Sarkozy est aussi un raciste notoire. Il l’a déclaré ouvertement vis-à-vis des africains dans son discours de Dakar le 26 juillet 2007 et vis-à-vis des tunisiens, africains eux-aussi, chez eux, à Tunis même, en déclarant «Vous les tunisiens vous avez les bras et nous les français, nous avons l’intelligence, de quoi tisser des relations de partenariats bénéfiques aux deux pays ».

Nous n’oublions pas non plus son rôle dans le drame qui se déroule depuis cinq ans en Syrie, dont le Président Bachar Al Assad a eu «le tort» de refuser, comme l’Algérie et la Libye de Mouammar Khadafi, son projet sioniste d’Union pour la Méditerranée et de tenir à la souveraineté de son pays.

Monsieur Sarkozy est venu à Tunis pour, semble-t-il, soutenir les tunisiens dans leur lutte contre le terrorisme et il n’a pas trouvé mieux pour le faire que d’insulter et de menacer l’Algérie, notre sœur et voisine, notre alliée de toujours, hier dans la lutte contre le colonialisme et aujourd’hui contre le terrorisme, produit des projets néocolonialistes si chers à Sarkozy et à ses amis.

En aucun cas nous ne lui en voulons pour cela, il est dans son rôle. Le contraire nous aurait étonné beaucoup.

Mais la honte sur ceux qui l’ont invité, qui l’ont reçu avec les honneurs qu’il ne mérite pas et qui s’apprêtent demain à s’associer avec lui, dans l’espoir qu’il revienne aux affaires. A ceux là nous disons, vous misez sur un mauvais cheval, les Français qui voteront extrême droite choisiront l’original et non la copie.

Rappelons enfin à ces plats-ventristes, sans mémoire, que le néocolonialiste qu’est Nicolas Sarkosy cultive la mémoire au plus haut degré et que ce n’est guère par hasard que sa visite à Tunis, se soit déroulée du 19 au 21 juillet, correspondant aux trois jours de la bataille de Bizerte, engagée par le président Bourguiba en 1961, pour libérer la Tunisie de la dernière séquelle du colonialisme.

Par Ahmad Manai président de l’ITRI (Institut Tunisien des Relations Internationales)

One Response

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  1. SADKI
    Juil 24, 2015 - 05:56

    Bravo Monsieur Manaï, mais ne vous faites pas de mauvais sang, les Algériens ne confondent pas certains représentants de la Non-Autorité Tunisienne avec le Peuple Tunisien. Ces « malheureux » Tunisiens béni-oui-ouistes appartiennent hélas à cette frange, j’avais envie d’écrire fange, que l’on retrouve chez certains ex-colonisés et qui pensent ainsi plaire à leur ancien mais qui peut le redevenir justement à cause de cette attitude obséquieuse, maître. Cela me rappelle la phrase, en substance prononcé par ce chanteur Jamaïcain, Harry Belafonte, à l’encontre de Colin Powell au moment de la Guerre du Golfe (la première celle de 1990 contre l’Irak) :  » Dans les plantations, les esclaves qui avaient bien travaillé et qui plaisaient au Maître étaient autorisés à dormir dans la maison du Maître, mais, si par malheur, ils déplaisaient de nouveau, alors ils étaient renvoyés dans leur case. »Prenez garde M. Powell de ne pas être renvoyé dans votre case ! »

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