Afrique : L’Allemagne et ses colonies oubliées

L’Allemagne est loin d’être le pays le plus connu pour son empire colonial et pourtant elle a détenu six colonies dont quatre en Afrique pendant un certain temps.

Plusieurs guerres ont marqué cette époque, mais surtout les relations entre l’Allemagne et la Namibie actuelle sont toujours influencés par les violences coloniales. Cependant, le discours de la Ministre allemande pour la coopération économique et le développement Wieczorek-Zeul en 2004 peut être vu comme un point tournant dans le processus de reconnaissance des crimes de guerre.

La commémoration des actes de guerres est souvent importante pour une population afin d’accepter l’histoire et d’avancer dans le présent. Là où la commémoration de la guerre touche au colonialisme, elle devient souvent politique par ce qu’il s’agit généralement d’une question de reconnaissance des actes de guerre. L’Allemagne qui est peu connue pour son histoire coloniale a fait l’expérience d’une telle difficulté qui touche à la reconnaissance des crimes coloniaux.

De manière générale, l’Allemagne est de nos jours peu liée au continent africain. Le temps colonial qui relie les deux ensembles politiques a été très court. L’Allemagne gagne ses colonies avec la conférence de Berlin en 1884 et 1885 et les perd pendant la Grande Guerre entre 1914 et 1919.

L’empire colonial allemand ne dure que trente ans et n’arrive pas à s’imprimer dans l’imaginaire collectif allemand. Les guerres consécutives du XXe siècle et le partage du pays entre deux blocs ont gommé rapidement tous souvenirs du temps colonial. Cependant, l’Allemagne a colonisé quatre territoires africains dont le Togo, le Cameroun, l’Afrique orientale allemande et le Sud-ouest africain allemand. Surtout les deux derniers sont liés par une histoire violente à l’Allemagne parce qu’ils ont connu des insurrections. En Afrique orientale allemande, la guerre du maji-maji, de l’eau sainte, réunie l’ensemble des tribus vivant dans la partie sud de la colonie.
Dans le Sud-ouest africain allemand, les guerres se sont concentrés sur des affrontements entre le colonisateur et une seule ethnie du pays à la fois.

Dans ce contexte, l’Allemagne a assisté au premier génocide du XXe siècle, quand à la suite d’une insurrection, la population des Hereros est chassée vers le désert car relevant du territoire allemand.

Cette chasse poursuite va couter la vie à plusieurs dizaines de milliers de personnes et exterminer jusqu’à 80 % des Hereros. Il a fallu attendre de longues années avant que ce fait historique ne devienne un sujet de la politique bilatérale des deux pays.

Le génocide n’a jamais été reconnu officiellement mais la participation de politiciens allemands aux cérémonies de commémoration peut être vue comme une prise de responsabilité de la part des Allemands. Pourtant, une vraie scène du sujet manque au sein de la population allemande qui connait peu les anciennes colonies.

L’histoire coloniale a été effacée de la conscience allemande et le lobby demandant une reconnaissance des crimes de guerres coloniales en Allemagne est très restreint.

Dans le Sud-ouest africain allemand qui correspond environ au territoire de la Namibie actuelle, une série d’événements ont affaibli sensiblement les groupes ethniques vivant dans le nord, notamment les Hereros à la fin du XIXe siècle. Traditionnellement éleveur, ce groupe a subi une crise à partir du déclenchement de la peste bovine en 1887, suivie d’une épidémie de paludisme -atypique pour cette région sèche de l’Afrique-, d’une invasion des criquets pèlerins et d’une période de sécheresse.
L’ensemble de ces incidents a causé la perte d’environ 50 à 80 % du bétail des Hereros. Ceci a mène à un bouleversement social, en même temps qu’il brisait leur monopole sur le marché du bétail. Une crise économique et sociale pèsera alors sur le peuple des Hereros.

L’inflexibilité des Allemands aggravera la situation. Au lieu de prendre en compte la situation difficile de la population, le colonisateur va exiger davantage de taxes. Les Hereros qui ne peuvent plus compter sur le commerce du bétail, sont obligés de travailler sous le régime des Blancs afin de rembourser ces taxes. Les non-respects de la loi s’accumulant, les Africains sont systématiquement maltraités et discriminés.

Les Allemands sont absolument surpris lorsqu’une insurrection débute en janvier 1904. Cent-vingt-trois soldats, colons et fonctionnaires sont tués en une journée et la ligne de chemin de fer sur laquelle travaillent les Hereros est sabotée. Le renforcement et l’organisation des troupes allemandes prend plusieurs mois pour être mis en place.

Pendant ce temps, les Hereros attaquent les soldats allemands, plusieurs coups réussissent.

En août 1904, après le changement de commandement en faveur du gouverneur Lothar von Trotha et le renforcement des troupes coloniales, une bataille d’encerclement prend lieu au pied de la montage «Waterberg». C’est aujourd’hui un lieu historique.
L’issue de cette bataille est indécise. Von Trotha décide alors de poursuivre les Hereros qui battent en retraite dans le désert de l’Omaheke. Par ce chemin, ils essayent d’attendre le territoire britannique à l’est de la colonie.

Von Trotha et ses troupes suivent les Hereros dans le désert. Dans cette course poursuite sont probablement morts plus d’hommes que pendant la bataille à Waterberg.

Au moment de la défaite des Hereros, les Namas se mêlent aux combats. Ils ont peur d’une hystérie guerrière allemande qui pourrait confondre tous les groupes ethniques vivant au nord de la colonie.

Dans ce contexte le général von Trotha donne l’ordre de tirer dans lequel il annonce que les Hereros ne seraient plus de sujets allemands et doivent, par conséquent quitter le pays. Tout Hereros restant sur le territoire allemand seraient fusillés, les femmes et les enfants ne sont pas exclues de cet ordre. L’ordre de von Trotha est par la suite modifié par l’empereur Guillaume II. Il est alors déclaré que tous les Hereros qui se livreraient volontairement aux Allemands resteraient en vie. Toutefois, cet ajustement vient trop tard pour la population.
Environ 80% des Hereros seraient morts suite aux combats et la fuite par l’Omaheke. Aujourd’hui, les porte-paroles Hereros, en partie soutenus par des lobbies allemands, revendiquent la reconnaissance d’un génocide commis en 1904. Les revendications pour la reconnaissance d’un génocide se basent surtout sur la volonté de chasser les Hereros par le désert qui exprime le souhait de décimer cette tribu. Cependant, le processus de réconciliation s’inscrit dans la longue durée.

La réconciliation à plusieurs échelles

Une spécificité de la Namibie actuelle, successeur de l’ancienne colonie sud-ouest africaine, est qu’il s’agit du seul pays africain dans lequel existe encore une minorité allemande. Environ 20 000 Allemands y vivent jusqu’aujourd’hui. De nos jours, l’allemand est une langue officielle de la Namibie. De ce fait, la commémoration des crimes de la guerre entre les descendants des colons et les Hereros et Namas est d’abord une question de la réconciliation nationale namibienne.
Des festivités en l’honneur des combattants se sont développées assez rapidement des deux côtés. D’abord du côté blanc namibien, une première fête officielle aurait été célébrée le 10 août 1923 dans le cimetière historique au pied de la montagne «Waterberg».
Au milieu de la décennie 1960, la population Herero commença à célébrer une journée de commémoration de la guerre contre les Allemands intitulée l’Ohamakari Day.

En 1978, Kuaima Riruako, président de NUDO(1), suit l’invitation des Namibiens allemands et participe à la cérémonie du Waterberg avec quatre-vingt-dix personnes proches.

Cette participation est interprétée comme une nouvelle coopération entre Noirs et Blancs; d’autant plus que les parties se battant pour l’indépendance de la Namibie ont décidé la résistance contre l’Apartheid.
La Namibie est toujours colonisée par l’Afrique du Sud et les Namibiens noirs et blancs cherchent des alliances afin de lutter contre les puissances sud-africains. La présence de Riruako en 1978 s’intègre dans un cadre politique national mais son discours est également conciliant envers les Allemands:
«Vous Allemands avez été en guerre avec les sud-africains et vous avez fait la paix. Vous êtes devenu des camarades et vous célébrez la commémoration des morts ensemble […] Vous avez aussi été en guerre avec nous, les Hereros et nous voulons de la paix autant que vous.»(2)

Ce moment est interprété comme la réconciliation entre Hereros et Namibiens allemands. La présence de Riruako est beaucoup appréciée par les Blancs. L’attention est retournée par la communauté allemande lors de leur visite au l’Ohamakari Day en 1979. Cette première phase du travail mémoriel sur la guerre entre Allemands et Hereros est marquée par le rapprochement des deux groupes.

Néanmoins, il s’agit d’une réconciliation nationale qui se joue entre Africains noirs et blancs. Cependant, la guerre n’est pas politisée. Après 1990, quand la Namibie atteint enfin son indépendance, les rapports de force changent; l’alliance entre noirs et blancs contre l’oppresseur sud-africain n’est plus nécessaire. Le caractère nostalgique de la commémoration de la guerre par les Namibiens allemands est critiqué et la culpabilité des allemands est davantage souligné.

Jusqu’en 1990, l’Ohamakari Day reste peu connu en dehors du groupe Herero et Nama. À partir de cette année, elle fait partie de l’identité historique nationale.

Dans le mythe, la guerre est intégrée dans le mouvement anticolonial qui a enfin abouti à l’indépendance de la Namibie.

À partir de 1990, le terme du génocide est utilisé dans les manuels d’histoire parlant de la guerre des Hereros et des Allemands. L’Ohamakari Day prend alors des mesures plus importantes parce qu’elle est en accord avec l’histoire officielle du pays.

Cette prise de conscience est certainement à l’origine d’une nouvelle réflexion sur les répercussions de cette époque. Le discours est porté au-delà de l’échelle ethnique et locale, il est de niveau national voir international. Les élites Hereros commencent à tirer le jugement de la guerre en tant que génocide aux discours internationaux des droits de l’homme. Ils en font alors une question de droit international. A partir de 1993 les revendications de la reconnaissance du génocide des Hereros et Namas est prononcé régulièrement lors des visites de politiciens allemands en Namibie.

En 2003, le Ministre des affaires étrangères allemand, Joschka Fischer, est interrogé par des journalistes sur la même question. Sa réponse est la suivante: «Nous prenons compte de notre responsabilité historique mais nous ne sommes pas des otages de l’histoire. C’est la raison pour laquelle il n’y aura pas d’excuse qui donnerait droit à une réparation.»(3) Regardant cette réponse officielle du politicien allemand nous nous rapprochons alors de la vraie problématique d’une reconnaissance de crimes de guerre.

Que générerait une excuse officielle du gouvernement allemand envers les Hereros et Namas?

La reconnaissance de la Seconde guerre mondiale et du génocide des juifs a engendré le paiement de plusieurs dizaines de milliards de dollars américains de dédommagement de la part de l’Allemagne depuis 1945.

L’Allemagne refuse la reconnaissance officielle du génocide en Namibie ainsi que le paiement d’une réparation, parce que la convention sur la prévention et la punition des génocides n’est pas rétroactive. Elle est entrée en vigueur en 1951 et ne prend donc pas en compte les événements de 1904.

La République fédérale de l’Allemagne ne veut pas se charger de ce poids historique et préfère donc l’oubli.
De plus, elle ne serait pas prête à payer les réparations. L’Allemagne n’est ni psychologiquement ni économiquement prête à affronter son histoire coloniale.

En plus, dans un contexte international, la République fédéral n’a aucun intérêt à voir un système d’entraînement se créer. Les revendications des Hereros pourraient être suivies par celles des Congolais envers la Belgique ou par d’autres colonies africaines envers les anciens colonisateurs. Malgré tout, un tournant dans la politique allemande a été engendré par les festivités autour le centenaire de la commémoration de la bataille à Waterberg.

Le discours de la Ministre du développement

En 2004, le centenaire de la guerre entre Allemands et Hereros a été célébré. Il ne s’agissait pas d’une fête nationale organisée par le gouvernement. Néanmoins, l’ambassadeur de l’Allemagne, la Ministre de la coopération économique et du développement allemande Heidemarie Wieczorek-Zeul et un membre du gouvernement namibien étaient présents aux festivités.

Il s’agissait de la première participation d’hommes politiques de premier plan à la commémoration de la guerre des Hereros et Namas, c’est pourquoi le discours de Wieczorek-Zeul était très attendu par les participants Hereros.

Finalement, le contenu de ce discours a étonné tout le monde. Wieczorek-Zeul avoue que les crimes de guerre commis par les Allemands en Namibie seraient de nos jours appelé «génocide» et que le général von Trotha serait porté en justice et jugé.

Elle reconnaît donc le caractère génocidaire de la cause mais elle lui enlève tout caractère juridique. Wieczorek-Zeul se repose alors également sur le fait que la guerre a eu lieu avant la mise-en-place de la convention sur la prévention et la punition des génocides. Mais elle va encore plus loin en disant que les Allemands reconnaissent leur responsabilité historico-politique, morale-éthique et la culpabilité qu’ils ont pris sur eux.

Malheureusement, la Ministre ne satisfait personne avec ces mots très engagés. Les Hereros admettent l’excuse mais demandent plus d’actions précises car les nuances du discours de Wieczorek-Zeul permettent la reconnaissance du génocide sans aucune obligation politique.

Elle se réfère au passé sans transmettre cette réalité au présent. Elle condamne le rôle violent des Allemands en Namibie mais ne lui donne pas de base juridique actuelle.

En plus, elle demande le pardon des Namibiens au nom d’un «Notre-Père» commun. Cette tournure religieuse lui permet de retirer tout poids politique ou juridique de sa demande de pardon.

20160507-illustration-papier-colonies-allemandesNéanmoins, son discours est jugé beaucoup trop engagé de la part des politiciens allemands. De manière générale, le travail de la Ministre et son savoir diplomatique sont remis en question. Plus tard, elle dira dans une prise de position officielle, qu’elle a plutôt exprimé son point de vue personnel lors de cette cérémonie et qu’il ne s’agissait pas d’une prise de position politique. Le gouvernement allemand présente ce discours comme un acte symbolique qui devait ouvrir un nouveau chapitre dans les relations avec les Hereros. Il est envisagé de renforcer les initiatives gouvernementales et non-gouvernementales en Namibie. Les possibilités de coopération proche sont discutées.

En réponse au discours de Wieczorek-Zeul, les représentants des Hereros se sont exprimés de manière positive. Cependant, la demande de pardon ne peut pas rester symbolique, une récompense matérielle est nécessaire pour qu’ils puissent conclure cette affaire. Bien que la cérémonie à Waterberg a donc été perçue comme un moment positif dans les relations herero-allemandes, la fermeté de la République fédérale sur la question des réparations est critiquée. Dans l’ensemble, le discours de pardon a plutôt endurci les revendications d’un dédommagement. Les représentants des Hereros insistent encore plus sur leurs demandes, d’autant plus que la résonance médiatique de la question est grande.

Le gouvernement namibien, qui s’est montré peu intéressé par toute l’affaire jusqu’en 2004, s’aperçoit de l’intérêt politique du problème. Il espère plus d’appui de l’Allemagne sur des questions comme la réforme territoriale et les aides au développement. Néanmoins, le gouvernement est peu déterminé à soutenir les revendications des Hereros. Puis, l’État namibien souhaitait entretenir de bonnes relations avec la République fédérale. Pourtant, il soutient les revendications internes à la Namibie où celles-ci ont une bonne résonance.

L’exemple de la Namibie illustre d’un côté la difficulté d’une entente entre colonisateur et colonisés sur les questions de reconnaissance des violences du temps passé. De l’autre côté, il montre l’instrumentalisation de la cause par les différents groupes d’acteurs. La reconnaissance du génocide est accompagnée de demandes de réparations. L’Etat namibien ne soutient pas le traitement particulier d’une partie de la population, il est donc contre le payement des réparations aux représentants des Hereros et Namas. En revanche, il encourage l’intensification des relations entre Allemagne et la Namibie en raison du passé commun.

Cette intensification des échanges entre l’Allemagne et la Namibie est aujourd’hui devenu la façon plus ou moins officielle de gérer la question de la reconnaissance du génocide. Les politiciens allemands renvoient généralement aux payement d’une aide au développement très conséquente quand on parle d’un dédommagement du temps colonial en Namibie.

Cette aide au développement doit permettre de surmonter les problèmes dans le pays. Elle témoigne de la responsabilité historique de l’Allemagne pour la Namibie. Une responsabilité, bien entendu, qui concerne tout le temps colonial dans le Sud-ouest africain allemand. Tout de même, l’Allemagne détenait plusieurs territoires en Afrique mais elle ne s’engage seulement en Namibie d’une telle manière. Si l’aide au développement était seulement un dédommagement du temps colonial, les autres pays successeur des colonies allemandes devraient également profiter d’un traitement favorable de la part de la République fédérale. Pourtant la carte ci-dessous nous montre une autre réalité.

Vingt-quatre des cinquante-quatre pays africains reçoivent de l’aide de la part du Ministère fédéral de la coopération économique et du développement. Deux informations sont affichées sur la carte parce que elles montrent d’un côté les montants totaux de l’aide bilatérale qui est versé à chaque État.

De l’autre côté, la carte affiche l’aide au développement calculé sur le nombre de personnes vivant dans chaque pays. Cette deuxième information est en quelque sorte plus parlante parce qu’un pays comme la Namibie ne reçoit «seulement» 100 millions d’euros en 2013. Mais, la Namibie est un pays peu peuplé; dominé par deux grands déserts sa population ne compte qu’environ 2,1 millions de personnes.
De ce fait, la Namibie retient l’aide au développement la plus importante dans la comparaison avec les autres pays africains. En 2013, elle reçoit 33,73 euros par tête de la part de l’Allemagne. Les autres pays qui ont fait partie de l’ancien empire colonial allemand ne se trouvent pas du tout dans la même situation. La Tanzanie par exemple reçoit 1,19 euro, le Cameroun 3,88 euros et le Togo 2,53 euros par personne. La position de la Namibie est alors exceptionnelle parmi les pays de l’ancien empire colonial allemand. L’aide au développement allemande n’est alors pas seulement élevé parce que la Namibie a subi l’histoire coloniale mais ladite responsabilité historique qui s’exprime par le payement d’une aide importante vient probablement d’une autre cause.

L’exemple de la Namibie illustre une manière de vivre le processus d’acceptation des crimes de guerre par les deux côtés. La réconciliation nationale s’est étonnamment fait après un temps assez court. La situation particulière de la Namibie en tant que colonie sud-africaine a certainement joué son rôle dans ce développement. En revanche, il n’a jamais eu d’excuse officielle de la part du colonisateur. Le discours de la Ministre du développement a certainement été un pas en avant mais les politiciens allemands ont directement pris du recul par rapport aux excuses de Wieczorek-Zeul.

Une vraie réconciliation n’a donc jamais eu lieu. L’Allemagne a trouvé sa propre manière d’afficher sa bonne volonté en accordant une somme très conséquente d’aide bilatérale au développement à la Namibie. Ce qui arrange l’Etat namibien. La solution à ce problème a donc en quelque sorte été l’oubli.

Mais l’oubli nous pose également des questions. Pourquoi, une excuse doit-elle directement être suivi de revendications monétaires? Pourquoi le gouvernement allemand ignore-t-il toujours son passé colonial?

Mais aussi, comment est-il possible qu’une population entière oublie son passé colonial et ses liens avec le continent voisin? La commémoration de cette guerre prend toujours une place importante entre les Hereros et Namas. Elle permet à ces populations de vivre avec leur passé mais aussi de garder le sujet en vie.

Notes
  1. « National Unity Democratic Organisation » : Organisation démocratique de l’unité nationale, parti namibien représentant les intérêts des Hereros
  2. FÖRSTER Larissa (2010) Postkoloniale Erinnerungslandschaft, Campus Verlag, traduit par Aenne Ramm, page 221.
  3. Gesellschaft für bedrohte Völker, https://www.gfbv.de/report.php?id=12, 28.04.2015, traduit par Aenne Ramm

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