Tribune Libre : De l’Arabité

Par Ziad Hafez, Secrétaire Général de la Conférence Nationale Arabe

De la problématique des définitions de l’arabité

Il existe une certaine confusion parmi les élites arabes, tant au sein de la patrie que dans l’exil ou les pays d’immigration, sur la nature de l’arabité. Ces élites confondent nationalisme arabe et arabité. De plus, leur appréciation du nationalisme arabe suppose qu’il est figé dans la pensée et imperméable au changement. Elles ignorent qu’il émane de la conscience des enfants de la nation arabe. D’autres élites pensent que les politiques suivies par les états et gouvernements se proclamant du nationalisme arabe comme étant l’incarnation de ce nationalisme. De ce fait, si ces politiques s’avèrent erronées il en résulte que le nationalisme arabe souffre d’erreurs fatales, ou bien est idéaliste et incompatible avec la réalité.
Nous pensons que la confusion est le fait de certains nationalistes arabes qui ont mal exprimé ou défini le nationalisme arabe. Ajoutons à cela la conduite erratique et la politique problématique de certains dirigeants ou responsables portant la bannière du nationalisme arabe ont contribué à cette confusion. Elles ont conduit à porter un jugement négatif sur son contenu. Aussi, nous pensons qu’il est de notre responsabilité d’apporter des éclaircissements relatifs à l’arabité et au nationalisme arabe, et de les différencier des politiques suivies sous cette bannière.

L’arabité est avant tout une identité. Elle n’est pas un programme politique ou même une orientation politique. Par contre, la défense de cette identité est l’objet du nationalisme arabe. Cette défense a amené les nationalistes à lutter pour l’indépendance des contrées arabes et à la libération de la terre occupée par le colon européen et sioniste, aussi bien qu’à lutter pour la fermeture des bases étrangères en terre arabe.
Elle vise également à consacrer l’unité de la nation divisée par l’occupant étranger et son aventure coloniale. Elle fustige la dépendance des élites arabes vis-à-vis des politiques du colonialisme, l’édification d’une société équitable et juste promouvant l’égalité des opportunités pour toutes les composantes de la société.

Le nationalisme arabe, un mouvement de libération

Le nationalisme arabe vise également à la libération des masses du joug de l’oppression politique, économique, et sociale.
Il promeut également la défense du patrimoine culturel face à l’invasion destructive de la pensée et culture provenant de l’Occident. En fait, le nationalisme arabe est en premier lieu un mouvement de libération, d’unité arabe en second lieu, et finalement une aspiration à la renaissance de la nation.

Cette ambition de vouloir réaliser des objectifs politiques, économiques, sociaux, et culturels en vue de préserver l’identité arabe est une réaction naturelle à toutes les tentatives ayant pour objectif d’étouffer cette identité arabe. Nous citons à ce propos, les dernières années du Sultanat Ottoman et ses politiques de turquisation des provinces arabes, ainsi que les politiques des puissances coloniales occupant ces provinces à la suite de la chute du sultanat ottoman. A la veille de la Seconde Guerre Mondiale, l’ensemble des contrées arabes étaient sous occupation européenne.
Ces tentatives d’occulter l’identité arabe s’effectuent sur quatre axes. Le premier axe est une attaque frontale la qualifiant de chauvine et de raciste. Le second axe est à travers le dénigrement en utilisant comme termes péjoratifs les dérivations étymologiques du mot «arabi» ou ‘arabe’ tel que ‘ourbane’, en l’association au comportement rétrograde de certains bédouins et tribus de la Péninsule Arabe. De plus, cette association avec les habitants de la Péninsule et du Golfe est devenue péjorative du fait du comportement outrancier de leurs dirigeants causé par la manne pétrolière. Le troisième axe est à travers le déni de la contribution arabe à la civilisation humaine en donnant la priorité aux contributions des civilisations avoisinantes telles que la civilisation persane, hindoue, chinoise, ou pharaonique, etc.

Le quatrième axe est plus récent où l’attaque contre l’arabité s’effectue par le refus de reconnaître son existence même.

Le discours occidental reconnaît l’identité ethinique es non -Arabes et ignore l’identité arabe

Le discours occidental des dernières années identifie les habitants du Levant arabe aussi bien que dans le Maghreb, comme un assemblage de communautés religieuses et ethnies diverses. Les irakiens ne sont que des ‘sunnites’, des ‘chiites’, de ‘kurdes’, de turkmènes.
On constate le double jeu occidental. On reconnaît l’identité ethnique des non-Arabes, et on ignore l’identité arabe du reste! Il en est de même en Syrie où il n’existe pas de ‘Syriens’, encore moins des Arabes, mais simplement des Sunnites, des Chiites, des Alaouites, des Chrétiens, des Druzes, mais aussi des ‘Kurdes’ et des ‘Turkmènes’! Au Maghreb, il n’y aurait que des Amazighes et des Africains du Nord! Tout cela pour justifier l’existence de l’entité sioniste comme un ‘état Juif’, c’est-à-dire que la religion est la base d’un état-nation.

Certains intellectuels arabes occidentalisés estiment que le problème principal du nationalisme arabe est l’occultation des ‘minorités’ ignorant que l’attaque se poursuit contre la ‘majorité’. Il est bien entendu que nous rejetons cette appréciation non fondée car notre définition de l’arabité n’ignore pas les minorités comme nous allons la discuter dans un paragraphe ultérieur. Mais nous avons jugé nécessaire auparavant de souligner la gravité de l’attaque contre l’identité arabe.

L’analyse linguistique du mot ‘identité’ en arabe ou hawiyya révèle que ce mot n’a pas d’étymologie arabe authentique. C’est un mot construit à partir du pronom houwa qui signifie ‘il’. En effet, il est difficile de trouver dans les textes classiques arabes le mot hawiyya signifiant identité. Le problème de l’Autre ne se posait pas comme en Occident. Certains chercheurs vont plus loin et estiment que le mot hawiyya est une introduction faite par les anciens traducteurs basée non sur le pronom houwa mais sur le mot conjonctif qui s’écrit et se prononce de la même façon que le pronom houwa. La fonction de ce mot serait de lier le porteur, c’est-à-dire le mot identificateur, avec son contenu. Par exemple, untel est un être humain, foulane houwa insane. En Occident, la racine du mot ‘identité’ suggère une égalité ou équivalence avec l’essence de ce qui est désigné.

Les éléments constitutifs de l’identité arabe sont multiples et sont porteurs des ajouts civilisationnels et culturels acquis à travers les siècles du fait de l’interface entre les peuples résultant de l’émigration et/ou des conquêtes. Mais ce qui distingue l’identité arabe et constitue en même temps son point d’orgue est la langue arabe. Il existe plusieurs études démontrant les liens entre l’identité et la langue non seulement chez les Arabes mais aussi pour l’ensemble de l’humanité, que nous ne citerons pas par manque d’espace dans cette note. Il nous suffit simplement d’observer et de réaffirmer le lien entre l’identité arabe et l’importance de la langue arabe comme incarnation et expression de cette identité.

A ce propos, nous avons jugé utile d’apporter une clarification sur l’étymologie arabe du mot «‘arab» qui définit l’identité.

La référence linguistique est tirée de l’encyclopédie lexicographique «Lissane el ‘Arab», littéralement ‘La Langue des Arabes’, du grand lexicographe du 13ème siècle Ibn Manzour. Ce dernier définit le mot ‘arab par celui qui connait son origine. Son contraire est «‘ajam» est celui qui ne connaît pas son origine. Par la suite, le mot «‘ajam» signifie ‘étranger’, et plus étroitement les non-Arabes et souvent les Perses.

Les dérivations du mot «arab».

Les dérivations du mot ‘arab sont significatives car elles dévoilent un faisceau d’informations sur le contenu du mot. En effet, un de ces dérivés est le mot ‘i’rab qui veut dire ‘analyse’.

Notons qu’un autre dérivé est le mot t’arib qui veut dire ‘trier’ qui implique nécessairement la distinction ou différenciation. Il en résulte que l’Arabe est celui qui connaît son origine du fait de sa capacité d’analyse, de triage, et donc de différenciation.
C’est un être de connaissance et de savoir! Nulle part il est fait référence à une origine ethnique, qui elle est sémite! Les particularités de la langue arabe, ses subtilités, voire son éloquence sont donc indissociables de l’identité.

Il faut donc insister que l’appartenance ethnique n’existe pas même si l’on relève que la ‘connaissance de son origine’ implique une reconnaissance du lien du sang. Cela ne veut pas dire qu’il faut occulter une première phase historique où les liens du sang avaient joué un rôle dans l’identification des appartenances. En contrepartie, les influences des changements et compositions démographiques, politiques, économiques, sociales, et culturelles ont significativement contribué à travers les âges, à la redéfinition des liens du sang au bénéfice de la langue, de l’histoire, du destin commun pour une définition inclusive de l’identité.

Les Sarasins

L’origine ethnique ou raciale des Arabes est souvent associée dans les anciens textes occidentaux au mot ‘Sarasin’. L’attribution raciale est un ‘apport’ occidental.

En effet, l’étymologie du mot ‘sarasin’ provient du grec ‘sarakounos’, c’est-à-dire les descendants d’Abraham non issus de Sarah, allusion à peine voilée de l’origine ‘inférieure’ (ou même bâtarde!) d’Ismaël hors du mariage officiel.

Les descendants d’Ismaël, le fils de la servante d’Abraham et de Sarah, Hajar, ‘mère des Arabes’ est le père légendaire des Arabes, un bâtard! Là encore, la question de l’Autre est une production occidentale où les identités partielles ont été inventées pour semer la sédition au sein des sociétés de notre patrie arabe tout en dénigrant l’origine des Arabes.

De plus, l’introduction des identités partielles a été voulue comme ‘introduction à la modernité’, d’après le chercheur Sari Makdissi.
Par contre, selon Georges Corm, la création du problème de l’Autre a été voulue pour justifier toutes les aventures coloniales où l’Autre, ‘inférieur’, devait être introduit à la ‘civilisation’. D’où le slogan trompeur de ‘mission civilisatrice’ pour la France colonisatrice, ou bien ‘le fardeau de l’homme blanc’ pour la Grande Bretagne, et plus récemment, ‘le destin manifeste’ pour l’entreprise impériale américaine! L’étude de l’Autre pour les besoins de l’entreprise coloniale aurait enfanté l’anthropologie où les ‘autres peuples’ seraient étudié avec le détachement qu’il se doit dans l’entomologie ou dans la zoologie. La perception de l’Autre est essentiellement condescendante et totalement différente de celle que l’on trouve dans le Coran (sourate 49, verset 13, les Chambres) lequel reconnaît la diversité des hommes et où le respect des Autres. Nous soulignons que le respect est demandé aux croyants, et non la tolérance, condescendante en soi, comme certains apologistes le suggèrent.

Si l’arabité est une identité, une identité inclusive, et si les Arabes n’appartiennent pas à une race déterminée, et si la dimension ethnique ou raciale est une importation occidentale, et si les composantes de l’identité sont l’interface avec les civilisations avoisinantes, et si les groupes constituants des sociétés arabes croient dans leur histoire commune et destin commun, qui est donc le porteur de l’arabité au 21ème siècle?

Le porteur de l’arabité, en ce qui nous concerne et ceux qui partagent notre point de vue, est celui ou celle qui s’exprime dans la langue arabe et qui croit au projet de renaissance arabe. Ce projet est le fruit d’une réflexion qui a duré plus de vingt ans à laquelle ont participé des intellectuels arabes de tout bord. De plus, ce projet est l’objet du discours politique de la Conférence Nationale Arabe depuis sa fondation en 1990 et a été finalement publié par le Centre des Études de l’Unité Arabe en 2010.

Ce projet promeut une renaissance de la Nation Arabe ou Oumma ‘Arabiya, à travers la réalisation des objectifs suivant: l’indépendance nationale, l’unité arabe, l’établissement d’une société de suffisance, d’équité, et d’égalité des opportunités. Il a également pour objectif l’instauration d’une épistémologie arabe à travers un système de connaissances arabe qui permet l’appréhension des problèmes politiques, économiques, sociaux, et culturels de la Patrie Arabe ou Watan ‘Arabi.

Cette épistémologie serait issue de la réalité arabe et non des perceptions importées. Donc la nature de l’arabité est inclusive et non exclusive car elle est fondée sur des réalités objectives résultant des interactions de l’Histoire et issue de la conscience collective arabe.

De la problématique de la relation entre Arabité et Islam

Un autre élément contribuant à la confusion relative à l’arabité est la relation de cette dernière avec l’Islam. Pour nous, la relation est simple: l’arabité est une identité et l’Islam est son esprit du fait que la grande majorité des Arabes est musulmane.

L’Islam en général et le Coran en particulier nécessitent la connaissance de la langue arabe. De ce fait, on comprend l’Islam à travers l’arabité et à travers l’Islam on découvre l’arabité. En ce qui nous concerne, et du fait de notre lecture personnelle du Coran, l’Islam dans sa large enveloppe signifie la croyance en un dieu unique (Allah ou Dieu), dans ses livres (Torah, Évangile, Coran), ses Envoyés et sans distinctions entre eux, telle que l’explicite le verset 285 de la sourate 2 La Vache. Nous considérons que le judaïsme et le christianisme sont des factions de l’Islam dans son sens le plus large du moment que Dieu est Un, qu’Il est Omnipotent, même si les rites cultuels diffèrent.

Cette clarification est importante car elle nous aide à comprendre que l’arabité est une identité inclusive de toutes les composantes de la nation ou Oumma, et cela malgré les tentatives de certains à vouloir créer la dissension à travers des interprétations erronées d’après nous.

Il nous semble utile de reproduire un extrait d’un texte, historique et d’une grande profondeur, écrit en 1942 par l’un des deux fondateurs du Parti Baath Michel Aflak intitulé «En souvenir du Messager Arabe», c’est-à-dire le Prophète Mohammad. Ce texte souligne la relation entre l’arabité et l’Islam. Nous reproduisons quelques phrases de ce magnifique texte qui illustre ce que nous avons développé plus haut.
Aflak souligne que «l’action de l’Islam est un symbole éternel reflétant fidèlement l’esprit arabe, son potentiel énorme, son authentique orientation qui rend cette action porteuse d’un renouvellement dans son esprit plutôt que dans sa forme et sa lettre.

L’Islam est le choc vital qui provoque le mouvement de toutes les forces de la Nation (Oumma). Il mobilise une vie chaleureuse qui emporte les obstacles et les empêchements de réforme, tout en rappelant son lien avec le sens profond de l’Univers. L’admiration et l’engouement qui en résultent créent des concepts et des actes glorieux. Ce sentiment d’extase rend difficile un retour aux limites de son essence, et de ce fait déborde vers d’autres nations tant dans la pensée que dans l’action et devient global. Les Arabes ont connu à partir de cette expérience morale indomptable la capacité de résister à leur sort et à se dépasser pour atteindre une union supérieure. Ils se sont soumis à l’épreuve pour découvre ce qui peut la renforcer».

Aflak ajoute: «cette expérience n’est pas un événement historique que l’on invoque à l’occasion pour des besoins de fierté, mais une disposition permanente dans la Nation Arabe, si l’Islam est compris comme il le faudrait, pour qu’à chaque fois que la matière prend le dessus sur l’esprit, ou la forme sur le fond, cette nation se divise en elle-même pour atteindre l’union supérieure et la saine cohérence.
Cette expérience renforce sa conduite morale chaque fois qu’elle s’assoupit, et approfondit son esprit chaque fois qu’il s’aplatit. Elle se répète à travers l’épopée héroïque de l’Islam dans toutes les phases du prosélytisme, de la persécution du Prophète, de son émigration, de ses guerres, de ses succès et de ses échec, jusqu’au triomphe final de la foi et du droit». Nous conseillons vivement ceux qui s’interrogent sur la relation entre l’Islam et l’arabité de lire ou de relire le texte «En souvenir du Messager Arabe».

De l’arabité et du nationalisme arabe

Le parcours de l’arabité est concomitant à celui du nationalisme arabe. Ce dernier a bien évolué durant le siècle dernier. Au départ, le nationalisme arabe est un mouvement de résistance à la turquisation des provinces arabes du sultanat Ottoman. Entre les deux guerres et jusqu’en 1970 il se transforme en un mouvement de libération contre l’occupant européen, britannique, français, italien, ou même espagnol.
L’Europe dans son entreprise coloniale au 19ème siècle s’était adjugé des provinces arabes dans le Levant qu’en Afrique du Nord. Elle a continué après la Première Guerre Mondiale. De ce fait, le caractère du nationalisme devient militant et appelle à la libération.

Durant les décennies 1950-1960, il appelle à l’unité arabe face à l’impérialisme et au sionisme qu’il rejette comme une implantation coloniale au sein de la patrie arabe. De plus, il appelle à une révolte contre l’ordre colonial hérité et la dépendance économique vis-à-vis des anciennes métropoles coloniales puis de l’Amérique. Au fur des années, il développe une vision économique et sociale progressiste attachée à l’émancipation de l’homme et de la femme. La teneur laïque de son discours émeut les forces réactionnaires parrainées par les pétromonarchies.
La disparition de Nasser en 1970 porte un coup d’arrêt à l’avancée du nationalisme arabe. La contre-révolution est amorcée par Sadate qui sonne le glas (provisoire) du panarabisme.
Durant les années 80 s’effectue une révision fondamentale de la pensée nationaliste arabe sous l’égide du Centre des Etudes pour l’Unité Arabe, et à travers la création de la Conférence Nationale Arabe.

L’arabité, définie comme une identité, sert de ralliement à toutes les composantes de la société arabe. Est considéré comme ‘arabiste’ ou ‘ouroubi toute personne qui adhère au Projet de Renaissance Arabe ou Al Mashrou’ Al Nahdaoui Al ‘Arabi.
Il ressort de tout cela que le nationalisme arabe a été, et l’est toujours, un mouvement de libération au niveau politique, économique, social, et culturel. Parmi les constantes de son programme politique la quête de l’unité arabe, l’opposition à l’entité sioniste, et la réalisation de tous les droits palestiniens spoliés par le Mandat Britannique et l’occupation sioniste.

Sans vouloir entrer dans les particularités des politiques suivies par les gouvernements arabes se proclamant du nationalisme arabe, et cela par manque d’espace dans cette intervention, il nous suffit de souligner que les échecs de ces gouvernements sont liés aux luttes intestines pour le pouvoir, par les jalousies personnelles des dirigeants, et l’éloignement voulu des objectifs d’union et de libération de la Palestine. Ces gouvernements ont pratiqué la politique d’exclusion de tous ceux qui contredisaient les factions régnantes.
Ce recul du nationalisme arabe amorcé avec l’arrivée au pouvoir de Sadat a été accéléré avec les moyens financiers considérables des pétromonarchies bénéficiant de la montée soudaine des prix du pétrole au lendemain de la disparition de Nasser.

Ces moyens financiers ont servi de support au développement d’un discours d’exclusion propagé à partir des mosquées soi-disant luttant contre ‘l’athéisme’ du mouvement de libération arabe. Ce discours a trouvé son apogée dans la justification de l’envahissement et occupation de l’Irak par la coalition menée par les États Unis. Le résultat a été la destruction de l’Irak suivie quelques années plus tard par la destruction de la Libye, du Yémen, de la Syrie, de Bahreïn et des menaces planant sur l’Égypte post révolutionnaire, sur le Liban, et sur l’Algérie.

La destruction de ces contrées arabes et le discours d’exclusion que l’a soutenu, ont provoqué une réaction à l’absurdité de l’exclusion et aux projets obscurantistes que promeuvent les avocats du fanatisme religieux, de ses excès de comportements, et de la sauvagerie qui les caractérisent. De plus ces mouvements sont liés aux agendas des services de renseignements occidentaux et sionistes. C’est pour cela que nous assistons à un réveil rétablissant le discours arabiste qui rassemble et qui n’exclut personne ainsi qu’un appel à la réalisation du Projet de Renaissance Arabe.

Les six objectifs de l’arabité

Car l’arabité est axée sur ce projet dans ses six objectifs: l’unité face à la division, la participation populaire face à la dictature, l’indépendance nationale face à la dépendance vis-à-vis de l’étranger, le développement face au sous-développement et l’ignorance, la justice sociale pour toutes les composantes de la société face aux inégalités causées par les aberrations de l’économie du marché, et finalement le renouvellement civilisationnel face à l’aliénation occidentale et l’emprise du passé.

De ce fait, l’arabiste est celui qui porte en lui tous les soucis des enfants de la nation ou Oumma et s’estime responsable de toutes ses composantes. L’arabiste veille à préserver la diversité de ces composantes, ce qui le distingue radicalement de ceux qui prêchent la primauté d’une ethnie, d’une confession, d’une secte, ou d’une idéologie. La culture de l’arabité est une culture de dialogue à l’opposé du discours d’exclusion comme l’a souligné un éminent arabiste tel que Maan Bashour.

Ainsi, il n’y a aucune place pour la discrimination ou le racisme. Le problème des minorités non-arabes se trouve résolu par ce concept d’arabité qui rejoint le concept de citoyenneté. En fait, l’arabité est la version arabe de la citoyenneté.

L’arabité reconnaît les spécificités de ces minorités et appelle à l’intégration avec la majorité arabe tout en veillant sur la sécurité nationale de toutes les composantes arabes et non-arabes, et cela face aux desseins de l’impérialisme, du sionisme, ou de toute autre origine.
Les nationalités partielles telles que le nationalisme syrien ou libanais ou kurde ne sont pas contradictoires avec l’arabité mais sont intégrées en elle. Ainsi, la Conférence Nationale Arabe est un cadre particulièrement approprié pour regrouper tous les arabistes de toute origine pour l’interface et le dialogue. La diversité est la caractéristique de la culture de la Conférence Nationale Arabe, qui reflète l’humeur dominante dans la Nation.

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