Liban armée : une armée libanaise problématique ?
Ou l’Histoire non autorisée de l’armée libanaise.
Une histoire non autorisée n’épouse pas la version officielle propagée envers un sujet, mais conte la véritable histoire sans fard, sans autorisation.
« Je sais aujourd’hui qu’il est dangereux de vivre une vie qui se déroule dans les coulisses de la vie. » – Paul Nizan
https://www.madaniya.info/ consacre un dossier en trois volets sur le Liban sous le mandat du tandem, Joseph Aoun, président de la République, Nawaf Salam, premier ministre, un duo sous la tutelle saoudo-américaine.
Sous la pression conjointe des États-Unis et de l’Arabie saoudite, le gouvernement libanais a souscrit le 7 Août 2025 aux injonctions des nouveaux tuteurs du Liban prévoyant le désarmement du Hezbollah, mais la formation paramilitaire chiite a rejeté cette décision qu’elle considère comme devant aboutir à la confiscation pure et simple de ses armes, de priver le Liban de toute défense crédible envers Israël et de fragiliser les chiites libanais, la communauté majoritaire sur le plan démographique, en la plaçant sous l’arbitraire traditionnel du pouvoir à son égard. Cette épineuse question est loin d’être résolue et pourrait dégénérer en conflit interne en raison des fortes suspicions que porte une fraction de la population libanaise sur l’armée depuis l’indépendance du pays en 1943.
De la mission de l’armée
Il est généralement admis que la mission d’une armée est de défendre l’indépendance, la souveraineté et l’intégrité territoriale du pays, en un mot de protéger le pays, sa population et ses intérêts nationaux face aux conflits du présent et du futur.
La défense du territoire national et de la population est une priorité majeure. Au même titre que tous les organismes relevant de l’autorité de l’État, la force militaire est ainsi appelée à agir en soutien, en accompagnement ou en complément des forces et moyens civils spécialisés.
La définition s’applique en tout temps, en tout lieu, depuis la nuit des temps, sur tous les continents, à toutes les civilisations au point que le mot d’ordre de «Mourir pour la Patrie» relève d’un impératif catégorique.
Partout… sauf au Liban où la problématique de l’armée est d’être une armée problématique.
L’armée à l’indépendance : Le général Fouad Chéhab versus le général Jamil Lahoud
La querelle est ancienne et remonte aux premiers temps de l’indépendance.
Deux officiers supérieurs avaient vocation à postuler au poste de commandant en chef de l’armée libanaise. Le général Fouad Chehab et le général Jamil Lahoud. Le choix était stratégique en ce qu’il devait déterminer largement la mission de l’armée libanaise post indépendance.
La France, puissance mandataire, a opté pour le général Fouad Chéhab pré-conditionnant l’armée libanaise à un rôle d’appendice de la stratégie occidentale.
Le général Fouad Chéhab, était, en effet, un francophile et un francophone ayant, de surcroît, pris pour épouse une Française, Rose Renée Pottier. Autrement dit, un pur produit de la culture militaire française.
Indice prémonitoire, la France a “consenti” et non “reconnu” à l’indépendance du Liban: l’expression de cette générosité va se traduire par des ingérences multiformes dans la vie politique libanaise et peser lourd sur l’Indépendance du pays.
Le premier commandant en chef de l’armée du Liban nouvellement indépendant avait une connaissance rudimentaire de la langue arabe. Sa communication se faisait, paradoxalement, dans la langue de l’ancienne puissance mandataire, la France, qui l’avait choisie à ce poste précisément pour cette qualité, à ses yeux; un gros défaut pour ses adversaires.
Nonobstant ce handicap concernant sa communication directe avec ses troupes, cette proximité avec la France lui a valu d’être préféré par la puissance mandataire au général Jamil Lahoud, un des chefs du mouvement pour l’indépendance du Liban, de surcroît un parfait arabisant, disposant en outre d’une audience certaine dans le Monde arabe.
Par réaction, son fils, le général Émile Lahoud, de culture proprement anglaise, contrairement au cursus de la grande majorité de la bourgeoisie maronite de l’époque, damera le pion à la France à son accession au pouvoir d’abord en tant que commandant en chef de l’armée (1989-1998), puis de Président de la République (1988-2007).
Artisan de la refondation de la nouvelle armée libanaise à la suite de la guerre civile (1975-2000) et théoricien de la «doctrine de la riposte» face aux agressions répétées israéliennes particulièrement contre le sud Liban, il initiera une réplique à double détente contre les empiétements de l’État Hébreu, combinant une action conjuguée de l’armée en soutien à la guérilla du Hezbollah Libanais, concrétisant une triangulation de la riposte sous la formule «Le peuple, l’armée et la résistance».
Aux mépris du Droit International, contrairement à tous les usages internationaux, Émile Lahoud, unique chef d’état chrétien du Monde arabe, sera néanmoins ostracisé par la France et les autres pays occidentaux en raison de son soutien au Hezbollah libanais, dans la guerre de destruction israélienne du Liban, en Juillet 2006. Une quarantaine mise en œuvre à l’instigation de Jacques Chirac à la suite de l’assassinat de Rafic Hariri, l’ancien premier ministre libanais dont le président français en était et le partenaire affairiste et son pensionnaire posthume.
En retour, Hassan Nasrallah, le chef charismatique du Hezbollah, gratifiera Émile Lahoud du glorieux titre de «résistant par excellence», en raison de la couverture diplomatique assurée par le président libanais à la formation paramilitaire chiite, lors de la guerre de destruction israélienne du Liban, en juillet 2006
Sur le président Émile Lahoud :
https://www.renenaba.com/les-paradoxes-de-la-classe-politique-libanaise/
En 1958, au terme de la première guerre civile libanaise, le général Chéhab sera propulsé au poste de Président de la république, à l’instigation des États Unis qui avaient débarqué des forces au Liban pour maintenir le pays dans le giron occidental.
Pendant sa mandature (1958 -1964), il gouvernera à l’aide du 2 ème bureau de l’armée libanaise, les services de renseignement, première intrusion de la bureaucratie militaire dans le fonctionnement de la démocratie anarchiste libanaise.
La guerre israélo-arabe de 1948 et les pourparlers d’armistice libano-israéliens de Naqoura.
La participation du Liban à la 1ère guerre israélo-arabe a relevé de l’ordre anecdotique en ce que le Liban disposait à l’époque d’une armée dont les effectifs s’élevaient à 3.000 membres, soit l’effectif d’une brigade.
Mais les pourparlers d’armistice qui se sont ensuivis à Naqoura ont révélé une lourde tendance du leadership maronite, tant politique et militaire, qui ne s’est jamais démentie depuis lors: la connivence avec Israël, considérée à l’époque comme l’ennemi officiel du Monde arabe et l’usurpateur de la Palestine.
Dans le prolongement du pacte secret conclu entre l’Église maronite et l’Agence juive, bien avant la proclamation de l’indépendance de l’État Hébreu, ces pourparlers se sont révélés un leurre, un «paravent» à une coordination militaire entre les deux pays.
Aménagés par l’accord d’armistice de 1948 signé entre Israël et les pays arabes du champ de bataille, elles se sont poursuivis au-delà du délai raisonnable à ce genre de négociations. Ces pourparlers servaient en fait de «paravent à une coordination politique entre les deux pays», avec les encouragements des États Unis. ’
Cf. l’ouvrage d’un diplomate américain James R. Stocker intitulé: «Spheres of intervention: US foreign policy and the collapse of Lebanon 1967-1976», James R. Stocker, Cornell University Press.
Se tenant au poste frontière libanais de Naqoura (sud-Liban), ils n’ont jamais bridé Israël dans ses agressions répétées contre le Liban, pas plus à empêcher la violation de l’espace aérien libanais par l’aviation israélienne, de même que les tirs de saturation de l’artillerie israélienne contre les villages du Sud Liban, en vue de forcer à l’exode la population de cette zone à majorité chiite et la refouler vers Beyrouth. Un exode forcé destiné à constituer à Chyah (sud Beyrouth), -la fameuse Dayeh des journalistes occidentaux-, une ceinture de misère autour de la capitale libanaise, à proximité des camps palestiniens de Sabra Chatila, sur la route de l’aéroport.
Le palmarès de la forfaiture: Émile Boustany, Iskandar Ghanem, and co
Le comportement singulier des deux anciens commandants en chef de l’armée, le général Émile Boustany et son successeur, le général Iskandar Ghanem.
L’autonomie du commandement de l’armée à l’égard du pouvoir politique était telle que lors de la guerre de juin 1967, le commandant en chef (chrétien) de l’armée, le général Émile Boustany, refusera d’obtempérer aux ordres du premier ministre sunnite Rachid Karamé d’engager les hostilités contre Israël par solidarité avec les pays arabes du champ de bataille (Égypte, Syrie).
Le général Émile Boustany passera à la postérité pour sa passivité lors du raid israélien contre la flotte aérienne civile libanaise et l’aéroport international de Beyrouth-Khaldé, en décembre 1968, ainsi que dans son implication dans une affaire de rétrocommissions consécutive à l’achat de missiles CROTALE à l’armée française. En toute impunité.
Terme ultime d’une carrière affairiste, le général Boustany boira néanmoins la coupe jusqu’à la lie de ses forfaitures, en représentant le Liban à la signature de l’accord palestino libanais du Caire, en novembre 1969, légalisant la présence armée palestinienne au Liban, sous l’égide de Nasser, signant par là même sa défaite symbolique face à ses adversaires.
Son successeur, le général Iskandar Ghanem, auparavant commandant militaire de la place de Beyrouth, s’est distingué, lui, par sa désinvolture lors du raid israélien contre le centre de la capitale libanaise, en avril 1973, décapitant certains des principaux dirigeants de l’OLP, Abou Youssef An Najjar, ministre de l’intérieur de l’OLP, Kamal Nasser, porte parole de la centrale, ainsi que Kamal Adouane, responsable de la jeune garde palestinienne.
Le comportement de la hiérarchie militaire lors de la 2me guerre civile libanaise 1975-2000. Saad Haddad, Antoine Lahad, Antoine Barakat, Johnny Abdo and co
Dans le prolongement de la connivence nouée à l’occasion des pourparlers d’armistice, Israël n’hésitera pas à instrumentaliser les officiers félons de l’armée libanaise (Saad Haddad et Antoine Lahad) pour constituer une armée de supplétifs faisant office de garde frontières de l’État Hébreu, sous le vocable d’«Armée du Sud Liban» (ASL), au plus fort de la guerre civile libanaise (1975-1990)
Le général Antoine Barakat
Le Liban n’a jamais bombardé Israël, ne serait-ce qu’en riposte aux agressions israéliennes. Mais le général Antoine Barakat en fera un usage abondant contre une fraction de la population libanaise durant la 2me guerre civile libanaise (1975-2000), par solidarité clanique avec le Président de la république Soleimane Frangieh.
En poste à Baabda, la colline qui surplombe la capitale libanaise, siège de la présidence de la République libanaise, le général Barkat, maronite du Nord Liban tout comme le président Frangieh, va tout bonnement diriger ses canons vers Beyrouth-Ouest, à majorité musulmane et fief de la coalition palestino progressiste, pour mater ses adversaires. Pendant des semaines, à partir de Mars 1976, le général Barakat inondera la partie ouest de Beyrouth de ses obus. Sans discernement.
En Juillet-Août 1976, lors du terrible siège du camp palestinien de Tall El Zaatar, dans la banlieue est de Beyrouth, le général Barakat prendra la tête d’une colonne blindée lors de l’assaut des milices phalangistes chrétiennes contre le camp palestinien, qui sera entièrement détruit.
En guise de gratifications de ses nombreux et multiples forfaits, le général Barakat sera nommé attaché militaire à Washington, en 1982, sous la présidence du tandem Ronald Reagan Amine Gémayel, une période marquée par l’invasion israélienne du Liban, l’assassinat du président élu Bachir Gemayel et les massacres consécutifs des camps palestiniens de Sabra Chatila.
La partialité du haut commandement de l’armée durant la 2me guerre civile libanaise était telle qu’elle a conduit une fraction de l’armée à faire acte de dissidence et à se proclamer «Armée du Liban arabe», sous le commandement du lieutenant Ahmad Al Khatib. Le général Barakat n’a jamais tiré un obus contre Israël. Il a tout bonnement privilégié la solidarité clanique (inter chrétienne) à la solidarité nationale. Mais son cas n’est pas unique.
Johnny Abdo, le mentor maronite
Durant la 2eme guerre civile libanaise, le commandement de l’armée libanaise disposait de sa propre organisation crypto-terroriste «At tanzim», qu’elle activait en sous main durant les période de trêve pour relancer les hostilités.
La symbiose entre le haut commandement de l’armée et les milices chrétiennes était telle qu’un des responsables du 2 ème bureau libanais (le service des renseignements), le commandant Johnny Abdo, siégeait au Conseil de guerre du Front Libanais, coalition des milices chrétiennes.
Homme de l’ombre par excellence, Johnny Abdo avait été désigné par les Israéliens pour succéder à Bachir Gemayel, à la suite de l’assassinat du chef phalangiste à la veille de sa prise de fonction comme Président de la République, en septembre 1982.
Les légendes ont la vie dure, quand bien même l’état de service ne le justifie pas. Bachir Gemayel, président du Liban en 1982, et Rafic Hariri, chef du gouvernement en 1992, auront eu le même mentor: Johnny Abdo, ancien chef du service des renseignements de l’armée libanaise, dont son parrainage leur sera fatal en même temps qu’il le discréditait. Mais cet homme énigmatique, au rôle occulte, interface des services occidentaux pendant trente ans, continue de bénéficier d’un halo de mystère. … Du fait de son appartenance à l’armée.
Johnny Abdo le candidat des Israéliens à la succession du chef phalangiste Bachir Gemayel
http://www.al-akhbar.com/node/273130
Johnny Abdo l’homme de l’ombre par excellence
http://www.renenaba.com/wissam-al-hassan-la-dague-du-dispositif-securitaire-saoudien-au-proche-orient
Michel Sleimane, un Président faussaire, le nec plus ultra de la forfaiture.
Michel Sleimane, ancien président de la république et ancien commandant en chef de l’armée, s’est révélé être un faussaire. Le commandant en chef d’une armée d’un pays en guerre se doit de se porter à l’avant-garde de la ligne de front et non de prendre la poudre d’escampette, particulièrement lorsque le commandement suprême est exercé au double titre de Président de la République et chef suprême d’une armée. Certes le plus petit pays arabe, mais au palmarès glorieux, revendique fièrement l’honneur de constituer l’ultime pays du champ de la confrontation, en guerre ouverte avec Israël.
Un honneur insigne qui commande une posture digne. Un pays artisan de glorieux faits d’armes face à l’ennemi officiel du Monde arabe ne saurait tolérer des généraux de pacotille. Une posture de franc-tireur et non de tir au flanc. De voltigeur de pointe sur les lignes de feu et non de planqué, à l’instar de son alter ego sunnite l’ancien premier ministre Saad Hariri, exfiltré à des milliers de km du Front chez ses parrains saoudiens, grand absent de cet événement, comme d’ailleurs de toutes les échéances majeures qu’a connues son pays depuis trois ans.
Et pourtant, incroyable mais vrai. Le président libanais Michel Sleimane s’est révélé être un faussaire, passible de poursuites judiciaires en France pour avoir falsifié un passeport français.
Pitoyable spectacle. Bénéficiant d’une promotion à la suite de l’assassinat dson supérieur hiérarchique, le Général François Hajj, qui lui a grandement ouvert les voies du pouvoir, Michel Sleimane avait été saisi, du temps de son commandement de l’armée libanaise, par une soudaine tentation de Venise, pitoyable remake de la fuite de Varenne.
Toute honte bue, il avait présenté des documents falsifiés à l’ambassade de France à Beyrouth, pour obtenir un passeport français à lui et à sa famille, de même qu’à deux de ses plus collaborateurs au sein de l’armée, son directeur de cabinet, le général Toufik Jizzini et Reda Moussawi. A l’expiration de son mandat présidentiel, Michel Sleimane a caressé le projet de prendre la tête de l’Organisation de la Francophonie, avec le soutien de la «Patrie des Droits de l’homme» qui avait assuré son impunité. Sans doute à titre de gratitude pour sa contribution à la moralisation de la vie publique libanaise.
Un pays atteint d’espionnite aiguë
Le Liban est affligé d’une espionnite aiguë, un pays qui compte par rapport à sa densité démographique et à sa superficie le plus grand nombre d’espions à la solde de l’étranger, faisant du «pays des cèdres», une passoire et de Beyrouth un nid d’espion.
La corruption gangrène toutes les strates de la société libanaise. Même l’armée ne résistera pas à la tentation de l’enrichissement facile. Beyrouth est un vaste cimetière de traîtres, mais ce bilan macabre n’a apparemment pas découragé les vocations tant cette activité périlleuse s’est révélée lucrative, à en juger par le coup de filet anti israélien réalisé par les services de sécurité libanais.
Du gros gibier: Un général, deux colonels, trois cadres supérieurs occupant des fonctions névralgiques au sein d‘une entreprise stratégique de communications, un président sunnite d’un conseil municipal, proche du premier ministre Saad Hariri, le frère d’un garde de corps d’un dirigeant du mouvement chiite Amal. Tous à des postes sensibles.
Soixante-dix arrestations, 25 inculpations pour espionnage au profit d’Israël, un chiffre sans précédent, infligeant au renseignement israélien l’un des plus importants revers de son histoire.
L’élément déclencheur de cette contre-offensive libanaise aura été l’assassinat en février 2008 à Damas d’Imad Moughniyeh, le cauchemar de l’Occident pendant un quart de siècle, qui conduisit cette organisation clandestine et opaque à opérer un travail de contre-espionnage en profondeur pour finir par démasquer les pisteurs: deux frères sunnites, originaires de la bourgade d’al-Marj, dans la vallée de la Bekaa, Ali et Youssouf Jarrah, en possession du matériel photographique et vidéo, d’un système GPS dissimulé dans leur véhicule fréquemment garé au poste frontière de Masnaa, sur la route entre Beyrouth et Damas, en vue de pointer les responsables du Hezbollah empruntant le passage vers la Syrie. Opérant depuis vingt ans pour le compte des Israéliens, Ali Jarrah était même muni d’un passeport israélien, pour ses déplacements, via Chypre, en Israël.
Au niveau chrétien, six acteurs majeurs ont été arrêtés : Le général Adib Semaan al Alam, un ancien de la sûreté nationale, un poste où il avait aussi accès au département des passeports, source d’information capitale. Recruté par les services israéliens en 1994, il aurait loué pour le compte des Israéliens des abonnements à des lignes de téléphonie cellulaire. Ses employeurs l’auraient convaincu de prendre sa retraite pour monter une agence de recrutement de domestiques asiatiques «Douglas office», qu’il utilisait comme taupes auprès de leurs employeurs, membres de la bourgeoisie libanaise.
Grâce à cette couverture, Adib Alam aurait fourni des informations sur le Hezbollah et sur les mouvements internes de l’armée libanaise. Un deuxième officier chrétien inculpé est un beau-frère d’un officier de l’armée dissidente libanaise du général Antoine Lahad, les supplétifs de l’armée israélienne au sud Liban.
Convaincu de collaboration avec Israël, le colonel Mansour Diab, était directeur de l’École des forces spéciales des commandos de marine, un poste qui lui a permis de superviser les opérations d’exfiltration d’agents et de transbordement de matériels d’espionnage. Celui qui passe pour être l’un des héros de la prise d’assaut du camp de réfugiés palestiniens de Nahr el-Bared, l’été 2007, blessé à l’épaule lors de l’attaque, il aurait été recruté par le Mossad pendant ses stages aux États-Unis.
Le 6eme chrétien est une prise surprenante par son ascendance familiale et son appartenance politique. Membre du Courant Patriotique Libanais (CPL), la formation du Général Michel Aoun, le général Fayez Karam, est issu d’une famille de patriotes libanais du Nord Liban, dont le nom est indissociablement lié à l’indépendance du Liban.
Au niveau sunnite, un officier supérieur a été inculpé, originaire du Akkar, région nord du Liban, le colonel chahid Toumiyeh, frère de cinq officiers en service dans l’armée et la gendarmerie libanaise. Il a été arrêté en possession de plusieurs centaines de documents ultra secrets de l’armée libanaise. Toujours au niveau sunnite, un proche de Saad Hariri, Ziyad Ahmad Hosni, président du Conseil municipal d’une localité de la Bekaa, était chargé de pister les déplacements des dignitaires du Hezbollah dans la zone frontalière libano-syrienne.
Mieux, sur fond de querelles byzantines dont ils sont friands, de guerres picrocholines engagées par des clans factieux aux mœurs florentines, l’armée à propulsé à la tête de l’état 5 commandants en chef (Fouad Chéhab, Émile Lahoud, Michel Sleimane, Michel Aoun et Joseph Aoun), sur les onze présidents qui se sont succédé depuis l’indépendance du pays en 1943; signe évident du grippage de la vie démocratique…. Et du Tabou qui frappe tout ce qui a trait à l’armée, en dépôt de son palmarès peu glorieux.
Illustration
Photo X/Présidence libanaise.