La République Démocratique du Congo : Un cas emblématique d’un gâchis monumental

La République Démocratique du Congo : Un cas emblématique d’un gâchis monumental 1450 962 René Naba

Texte de l’intervention de l’auteur au colloque organisé le 10 septembre 2025 à Genève par la RADDHO (Rencontre Africaine pour la défense des Droits de l’Homme), intitulé “L’Afrique à la croisée des chemins dans la géopolitique internationale. L’auteur, consultant auprès de la RADDHO, a traité du cas de la République Démocratique du Congo.

La fonction d’un journaliste n’est pas de faire office de « passeur de plats », encore moins de passer la pommade, mais de mettre le doigt là où cela blesse.


La République Démocratique du Congo: Un cas emblématique d’un gâchis monumental

La République Démocratique du Congo, c’est l’histoire d’un immense gâchis. De sorte que le Congo ex belge a justifié tous les stéréotypes nourris par les colonialistes occidentaux à l’égard de leurs anciens colonisés africains, de même que leurs présupposés idéologiques. Et mériter pleinement tous les tourments qu’il a subis depuis son accession à l’Indépendance en 1960, soit il y a 65 ans.

Un gâchis monumental dont voici la narration:

Unique pays de l’Afrique francophone à avoir mené un combat pour son indépendance, quand les autres ont eu une indépendance octroyée, ce pays était destiné à jouer un rôle privilégié. Mais cet espoir a été tué dans l’œuf.

D’abord du fait de ses propres citoyens, en tête desquels Moïse Tshombé, l’affairiste allié de l’Union Minière, le trust colonial qui avait exploité sans vergogne les richesses du pays, ordonnateur de la sécession du Katanga;

Puis le caporal Joseph Mobutu, ensuite, l’assassin du père de l’indépendance du Congo ex belge, le charismatique Patrice Lumumba. Enfin Laurent Désiré Kabila, qui s’associera avec le Rwanda et l’Ouganda pour évincer Mobutu avant de se retourner contre ses anciens alliés et périr assassiné. (1)

Ce pays le plus peuplé, le plus riche et le plus grand par la superficie de l’Afrique francophone avait vocation à devenir le pays pilote de la frange francophone du continent noir. Il est est devenu la proie idéale de ses voisins, objet de la convoitise de bon nombre de pays limitrophes. Du fait de la cupidité de ses dirigeants, de leur nanisme, de leur veulerie, de leur cécité politique, de leur incompétence et de leur irresponsabilité.

L’accord de paix négocié, vendredi 27 juin 2025 entre le Rwanda et la République démocratique du Congo par les États-Unis a plus à voir avec l’intérêt de Washington pour les minerais critiques et sa rivalité avec la Chine qu’avec la paix en Afrique. Cette guerre a duré trente ans et fait plusieurs millions de morts.

Cerise sur le gâteau: L’entrée en scène des Islamistes a constitué un élément de complication complémentaire à l’imbroglio congolais. Un mois après la conclusion de cet accord, le groupe armé formé à l’origine d’anciens rebelles ougandais et qui a fait allégeance au groupe Etat islamique, a attaqué la paroisse Bienheureuse-Anuarite de Komanda dans la province de l’Ituri, selon des responsables locaux.

Plus de 43 personnes ont été tuées dans une attaque des rebelles Forces démocratiques alliées (ADF, pour son sigle anglais), contre une église catholique dans le nord-est de la République démocratique du Congo (RDC), selon un nouveau bilan de l’ONU publié dans la nuit de dimanche 27 à lundi 28 juillet 2025.

Pour aller plus loin sur ce thème, cf ce lien : https://www.les-crises.fr/un-enfer-passe-sous-silence-l-infame-guerre-sans-fin-au-congo/

1960: L’indépendance de 16 pays africains et leur admission à l’ONU fait basculer le vote majoritaire des anciennes puissances coloniales et plonge dans une grande nervosité les puissances occidentales qui vont s’appliquer méthodiquement à vider sa substance cette indépendance, Et pour cause les nouveaux venus sur la scène internationale ont pour nom Patrice Lumumba (Congo Léopoldville), Kwameh Nkrumah (Ghana), Modibo Keita (Mali). Mais cette belle brochette de dirigeants charismatiques connaîtra rapidement un sort funeste, remplacé par des dirigeants d’opérette, caricaturaux à l’extrême.

Rétrospectivement se pose la question de savoir à quel besoin impérieux répond le souci mégalomaniaque de ces sous fifres coloniaux de se propulser au firmament de la hiérarchie, le caporal Mobutu au rang de Maréchal, le sergent John Okello, auto proclamé Maréchal de Tanzanie avant de basculer dans les ténèbres de l’histoire et son pays fusionnant avec Tanganyika pour devenir la Tanzanie. Ou de l’ancien sergent de l’armée française de la guerre d’Indochine, Jean Bedel Bokassa, auto-proclamé Empereur avant d’être déchu par des anciens protecteurs.

L’Afrique indépendante après six siècles d’esclavage, d’exploitation intensive, de dé-personnalisation a trahi les espoirs nourris par des pères fondateurs.

Pour garder le contrôle de l’industrie minière de l’ex-Congo belge, le Roi Baudouin fait alliance avec le président américain Dwight Eisenhower afin de maintenir sous la coupe occidentale l’une des plus grandes réserves connues d’uranium, indispensable à la fabrication de bombes atomiques.

Le Congo cristallisait alors les tensions de la guerre froide et le contrôle des richesses stratégiques du sous sol africain.

C’est alors que le département d’État engage sa soft power pour appâter le chaland et détourner l’attention sur les véritables intentions des Occidentaux:

l’«ambassadeur du jazz» Louis Armstrong est envoyé pour gagner les cœurs et les esprits de l’Afrique. Sans le vouloir, celui-ci devient un écran de fumée pour détourner l’attention du premier coup d’État postcolonial en Afrique, conduisant à l’assassinat du premier dirigeant démocratiquement élu du Congo.

Voir à ce propos le documentaire « Bande son pour un coup d’état » de Johan Grimonprez (2024)

Malcolm X relèvera à ce propos, non sans pertinence, que les États Unis qui se présentent comme le «chef du Monde Libre», privent de leur libertés essentielles 20 pour cent de la population américaine, les afro américains.

L’indépendance africaine constituera un des éléments déclencheurs de la lutte pour les droits civiques aux États Unis, qui prend de l’ampleur à cette date.

Pays d’Afrique centrale, la République Démocratique du Congo est grande comme quatre fois la France, quatre vingt fois la Belgique.

Il est le 11 e état du Monde par sa taille avec ses 2.345.410 km2. Pour une population de 105 millions d’habitants, contre 14 millions pour le Rwanda voisin.

En comparaison, le Rwanda, ou le «pays de mille collines», est un pays d’Afrique de l’EST, dans la région des grands lacs, qui s’étend sur 26.335 km 2 , soit dix fois moins que la RDC. Il partage des frontières avec, au nord, l’Ouganda, à l’est, la Tanzanie, au sud, le Burundi, et à l’ouest, la Républiquedémocratique du Congo.

Quatrième pays le plus peuplé d’Afrique derrière le Nigéria, l’Éthiopie, et l’Égypte, La RDC est le pays francophone le plus peuplé. La RDC est le deuxième plus vaste d’Afrique après l’Algérie.

L’Algérie partage des frontières terrestres avec ses 6 pays voisins et 1 territoire non autonome (Sahara occidental). La Libye, le Mali, la Mauritanie, le Maroc, le Niger, et la Tunisie pour un total de 6.734 km. La RDC est, elle, limitrophe de dix pays. Elle s’étend de l’Océan Atlantique au plateau de l’Est et correspond à la majeure partie du bassin du fleuve Congo, qui constitue la véritable colonne vertébrale du pays.

La RDC partage ses frontières avec dix pays: l’enclave de Cabinda (Angola), le Congo Brazzaville, la République Centrafricaine, Le Soudan du Sud, l’Ouganda, le Rwanda et le Burundi, la Tanzanie et la Zambie, enfin l’Angola.

Ex colonie belge, La RDC est membre de l’Organisation internationale de la francophonie depuis 1977.

La spécificité africaine Une indépendance tardive et formelle

L’Afrique est le continent qui a le plus tardivement accédé à l’indépendance, particulièrement la zone subsaharienne.

Le Ghana, ancienne Gold Coast, l’a été en 1957 et la décolonisation de l’Afrique noire francophone dans la décennie 1960, sans la moindre guerre de libération nationale. Les seules guerres de libération menées ont été les guerres de libération des places, les guerres d’accaparement des palaces et des limousines.

Nullement le fait de la générosité française, l’indépendance octroyée d’un trait aux 13 colonies de l’Afrique occidentale et centrale française (Sénégal, Mauritanie, Guinée, Mali, Côte d’Ivoire, Niger, Gabon, Tchad, Cameroun, Congo Brazzaville, Haute Volta, Dahomey, République Centrafricaine) répondait à des nécessités de survie démographique.

Contrairement à l’Afrique portugaise où Samora Machel (Mozambique), Holden Roberto et Agostinho Neto (Angola) et Amilcar Cabral (Guinée Bissau) ont durement croisé le fer contre leur colonisateur pour accéder à l’indépendance.

Le lestage de l’empire français s’est opéré sous couvert d’une Grande Communauté Franco Africaine, permettant à la France de concéder une indépendance formelle à ses anciennes colonies, tout en maintenant sous contrôle ses anciennes possessions. Du beau travail d’équilibriste.

Les figures emblématiques

« Il existe quelqu’un de pire que le bourreau, c’est son valet » Mirabeau.

Toutes les figures emblématiques du combat pour l’indépendance ont été limogées par leurs compatriotes, sous traitants des anciens colonisateurs, quand ce n’est par le colonisateur lui-même qui s’en est chargé…

Comme ce fut le cas avec Félix Moumié, le dirigeant nationaliste du Cameroun (UPC) empoisonné par l’homme en charge du dossier Afrique sous la présidence du Général Charles de Gaulle (1959-1969) Jacques Foccart en personne.

Il en a été été ainsi de Modibo Keita (Mali) par le lieutenant Moussa Traoré, de Thomas Sankara (Burkina Faso) par son frère d’armes Blaise Compaoré, de Patrice Lumumba par le caporal Joseph Désiré Mobutu, agent de la CIA, d’Amadou Aya Sanogo contre l’ordre républicain de son pays, le Mali.

Aucun putschiste n’a payé son forfait et Dakar et Abidjan ont tendu à devenir le lieu d’échouage des anciens éléphants de la Françafrique :

Hissène Habré (Tchad), Amadou Toumany Touré (Mali), Blaise Compaoré (Abidjan).

Tous les potentats se sont assurés une police de survie en alimentant la classe politique française de djembés et de mallettes de Félix Houphouët Boigny (Côte d’Ivoire), à Omar Bongo (Gabon), à Mobutu (Congo Kinshasa) à Denis Sassou Nguesso (Congo Brazzaville); une pratique qui perdure près de 60 ans après l’indépendance, alors que l’Afrique a fait l’objet de la plus forte dépossession de l’histoire, de la plus forte spoliation de l’Histoire.*

Un interminable cauchemar

L’indépendance des pays africains dans la décennie 1960 avait été saluée comme la fin d’une longue nuit d’oppression, fondatrice d’un comportement d’exemplarité, la sanction de l’échec du système des valeurs occidentales et de l’humanisme blanc.

Quel interminable cauchemar. 79 coups d’états en Afrique entre 1960 à 1990, les trente premières années de son indépendance, 79 coups de force au cours desquels 82 dirigeants ont été tués ou renversés, selon le recensement établi par Antoine Glaser et Stephen Smith dans leur ouvrage « Comment la France a perdu l’Afrique » Éditions Calmann-Lévy 2005.

Des dirigeants caricaturaux ancrant dans l’imaginaire du Monde les pires poncifs négrophobes.

Un caporal de police, John Gideon Okello, autopropulsé Maréchal de son pays, sabrant au passage près de 20.000 arabes de son royaume du Zanzibar avant de se faire phagocyter par le Tanganyika pour constituer la Tanzanie ;

Un ancien sergent de l’armée britannique, Idi Amine Dada, autoproclamé Maréchal de l’Ouganda, avant de sombrer dans le ridicule de ses frasques ; un sous-officier de l’armée française, Jean Bedel Bokassa, s’intronisant Empereur dans une cérémonie aux fastes désuètement coûteux ;

Un caporal, Joseph Désiré Mobutu, sous-traitant de la CIA, fossoyeur de Patrice Lumumba, amassant une fortune de près de 40 milliards de dollars,équivalente à la dette publique de son pays, la République Démocratique du Congo, interdit de séjour, en fin de vie, suprême infamie, en France, par une classe politique, qu’il a nourrie pendant ses 40 ans de règne.

Un « indic patenté » Charles Taylor, espionnant ses pairs africains pour le compte des services américains, instrumentalisant des enfants combattants pour le pillage des diamants de son sous-sol ;

Un présumé «sage de l’Afrique», Félix Houphouët Boigny, ancien compagnon de routes des communistes, entretenant à grand frais ses anciens colonisateurs, ruinant son pays dans de pharaoniques projets, édifiant sur place la copie conforme de la basilique Saint Pierre de Rome, le siège du Souverain Pontife, plutôt que de valoriser l’architecture africaine dans son génie créateur ;

Le lieutenant Moussa Traoré, écumant d’ambition au point de déboulonner de sa haute stature morale le père de l’indépendance malienne, Modibo Keita. Un ancien économiste marxisant, le sénégalais Abdoulaye Wade, transformé en chantre de l’ultra libéralisme prédateur;

Un président offshore, Paul Biya, gouvernant son pays à distance, neuf mois par an, préférant à la chaleur de son Cameroun natal, le froid glacial des cimes enneigés de la Suisse, confiant la sécurité du palais présidentiel aux services israéliens;

Des dynasties républicaines maintenues au forceps par la France; au Gabon, où Ali Bongo succède à Omar, malgré le verdict des urnes, au Congo Kinshasa, où Joseph Kabila succède à Laurent, sans autre forme de procès.

Une foire de cocagne : des châteaux en Espagne, des parcs de limousines rutilantes en France. Une foire d’empoigne : des guerres interethniques et des assassinats inter-tribaux. 18 coups d’état en 30 ans sur fond d’évaporation de recettes, de fonds vautour et de profond mépris du peuple.

Entrer dans l’Histoire, selon le schéma français ? Trop peu pour l’Afrique qui mérite mieux et plus. Quelle abomination et quelle honte à l’Afrique de nourrir ses anciens bourreaux !

Six siècles d’esclavage pour un tel résultat. Pour continuer à entretenir à grands frais l’un de ses colonisateurs les plus implacables, la France.

Sans la moindre pudeur pour les victimes de la traité négrière, de l’esclavage, des zoos ethnologiques… les bougnoules, les dogues noirs de la République ? Gabon, Congo, Côte d’Ivoire, Sénégal, Guinée équatoriale.

Drôle de riposte que de cracher au bassinet lorsqu’on vous crache sur la gueule. Qu’il est loin le temps béni des Mau Mau du Kenya. À vomir ces rois fainéants, dictateurs de pacotille de pays de cocagne.

La honte ! Vénalité française et corruption africaine, combinaison corrosive, dégradante pour le donateur, avilissante pour le bénéficiaire.

400 milliards évaporés en 35 ans du continent africain vers des lieux paradisiaques, de 1970 à 2005, en superposition aux 50 milliards de dollars au titre des intérêts de la dette, des Djembés et des mallettes, selon les estimations de la CNUCED.

Jamais la Françafrique, le plus extraordinaire pacte de corruption des élites françaises et africaines à l’échelle continentale, n’a autant mérité son nom de « France à fric », une structure ad hoc pour pomper le fric par la vampirisation des Africains pour la satisfaction de la veulerie française. Aberrant et odieux.

Qu’attendent donc les Africains pour dégager leurs dirigeants fantoches, pourris parmi les plus pourris. Pas plus difficiles à dégommer que Moubarak l’égyptien et Ben Ali, le tunisien. Surtout pas à l’aide de l’Otan, la coalition de leurs anciens bourreaux, mais à la sueur de leur front, avec les larmes des patriotes et leur sang, pour sceller définitivement la reconquête de la dignité de l’Afrique.

Strate parasitaire et obséquieuse. Ventouses et vampires plus vrais que nature, plus conformes à la réalité. En toute impunité. Sans aucune pudeur, sur fond de quadrillage en douceur de l’Afrique à coups de sigle abscons Recamp, Eurofor, Serval, Turquoise, G5 du Sahel.

Seul échappe au discrédit général, Pretoria, le nouveau pôle de référence morale de l’Afrique du fait de l’imposante stature de Madiba Invictus, «maître de son destin, capitaine de son âme », Nelson Mandela, le tombeur de l’apartheid, le fondateur de la nation arc en ciel, le vainqueur moral de l’Occident par KO technique, l’exemple impératif à suivre pour la génération de la relève africaine.

En 2003, le nombre des millionnaires en dollars, tous pays confondus, s’est élevé à 7,7 millions de personnes, soit une progression de 6 % par rapport à 2002, ce qui signifie que 500.000 nouveaux millionnaires en dollars avaient émergé en l’espace d’un an.

En Afrique, durant cette même période, le nombre des millionnaires en dollars avait doublé par rapport à la moyenne mondiale, alors qu’il est de notoriété publique que sur le continent africain l’accumulation des capitaux est faible, les investissements publics quasi-déficients et le produit de l’impôt quasi-inexistant.

L’Afrique comptait en 2003, cent mille millionnaires en dollars, en augmentation de 15 pour cent par rapport à 2002 et détiennent, en cumul, des avoirs privés de l’ordre de 600 milliards de dollars.

En 2025, en Afrique, quatre milliardaires sont plus riches que la moitié du continent, selon Oxfam. Les inégalités extrêmes sur le continent sapent la démocratie et entravent la croissance, souligne l’ONG dans un rapport publié le 10 juillet 2025. Plus d’un tiers de sa population vit en dessous du seuil d’extrême pauvreté, soit 460 millions de personnes.

«Quatre des milliardaires les plus riches d’Afrique détiennent aujourd’hui une fortune de 57,4 milliards de dollars, soit plus que la richesse combinée de 750 millions de personnes, c’est-à-dire la moitié de la population du continent», explique l’organisation britannique.

Selon le classement établi par le magazine Forbes, les quatre premiers milliardaires du continent sont le Nigérian Aliko Dangote (ciment, sucre, engrais, etc.), les Sud-Africains Johann Rupert (luxe) et Nicky Oppenheimer (diamants), ainsi que l’Egyptien Nassef Sawiris (industrie et construction).

https://www.lemonde.fr/afrique/article/2025/07/10/en-afrique-quatre-milliardaires-sont-plus-riches-que-la-moitie-du-continent-selon-oxfam_6620418_3212.html

Conclusion

Une politique de courte de vue engendre des résultats de courte portée….avec de lourdes conséquences sur le long terme.

Au regard de sa propre histoire, le continent ayant fait l’objet de la plus forte dépossession avec l’Amérique latine et l’Océanie, l’Afrique se doit de forger ses propres repères, de faire prévaloir son authenticité et sa spécificité, de s’immuniser des dérives mortifères, en guise d’antidote à six siècles d’esclavage, de traite négrière, d’exploitation.

Les repentances répétitives sont de peu de valeurs face à une thérapie qui fasse œuvre de prophylaxie sociale. Les blessures de l’Afrique doivent être pansées par elle-même. Le constat de ses troubles de comportement par ses propres fils, de même que ses remugles.

Dans ce contexte, la condamnation de Joseph Kabila est dans la bonne voie, encore que la peine capitale va le dispenser de méditer sur ses méfaits, de se livrer à un douloureux excercice d’intropsection qu’une peine d’emprionnement longue durée lui aurait donner la possibilité de faire.

Il conviendrait toutefois de remonter à l’origine du mal, au péché originel.

Les procès de Moïse Tschombé et de Joseph Mobutu s’imposent comme un impératif catégorique absolu car avant d’exiger d’autrui des réparations, il importe d’exiger de soi sa propre réparation

Corrélativement, le combat contre l’extrémisme religieux en Afrique passe par un combat pour la réhabilitation de soi, par la réhabilitation par soi-même de l’homme africain.

Références

Moïse Tshombé, né le 10 novembre 1919 et mort le 29 juin 1969, à 60 ans, a été président de l’État sécessionniste du Katanga de 1960 à 1963, puis Premier ministre de la RDC  de 1964 à 1965.

Joseph-Désiré Mobutu le 14 octobre 1930 à Lisala et mort le 7 septembre 1997 à Rabat, est un homme d’État, militaire et dictateur zaïrois, ayant gouverné la république démocratique du Congo de 1965 à 1997, soit 32 ans de pouvoir.

Laurent-Désiré Kabila, né le 27 novembre 1939 à Jadotville (aujourd’hui Likasi est mort le 16 janvier 2001 à Kinshasa à 62 ans. Il a été Président de la République Démocratique du Congo de mai 1997 jusqu’à son assassinat en janvier 2001, soit 4 ans.

Pour aller plus loin sur l’Afrique :

Illustration

Le Premier Ministre Patrice Emery Lumumba, prononçant son allocution lors des cérémonies de la proclamation de l’Indépendance du Congo le 30 juin 1960 (Photo : tv5monde.com)

René Naba

Journaliste-écrivain, ancien responsable du Monde arabo musulman au service diplomatique de l'AFP, puis conseiller du directeur général de RMC Moyen-Orient, responsable de l'information, membre du groupe consultatif de l'Institut Scandinave des Droits de l'Homme et de l'Association d'amitié euro-arabe. De 1969 à 1979, il est correspondant tournant au bureau régional de l’Agence France-Presse (AFP) à Beyrouth, où il a notamment couvert la guerre civile jordano-palestinienne, le « septembre noir » de 1970, la nationalisation des installations pétrolières d’Irak et de Libye (1972), une dizaine de coups d’État et de détournements d’avion, ainsi que la guerre du Liban (1975-1990), la 3e guerre israélo-arabe d'octobre 1973, les premières négociations de paix égypto-israéliennes de Mena House Le Caire (1979). De 1979 à 1989, il est responsable du monde arabo-musulman au service diplomatique de l'AFP[réf. nécessaire], puis conseiller du directeur général de RMC Moyen-Orient, chargé de l'information, de 1989 à 1995. Auteur de "L'Arabie saoudite, un royaume des ténèbres" (Golias), "Du Bougnoule au sauvageon, voyage dans l'imaginaire français" (Harmattan), "Hariri, de père en fils, hommes d'affaires, premiers ministres (Harmattan), "Les révolutions arabes et la malédiction de Camp David" (Bachari), "Média et Démocratie, la captation de l'imaginaire un enjeu du XXIme siècle (Golias). Depuis 2013, il est membre du groupe consultatif de l'Institut Scandinave des Droits de l'Homme (SIHR), dont le siège est à Genève. Il en est en outre vice-président de l'International Center Against Terrorism (ICALT), Genève; Président de l'association caritative LINA, opérant dans les quartiers Nord de Marseille, et Président d'honneur de 'Car tu y es libre", (Quartier libre), œuvrant pour la promotion sociale et politique des zones péri-urbaines du département des Bouches du Rhône, dans le sud de la France. Depuis 2014, il est consultant à l'Institut international pour la Paix, la Justice et les Droits de l'Homme (IIPJDH) dont le siège est à Genève. Depuis le 1er septembre 2014, il est chargé de la coordination éditoriale du site https://www.madaniya.info et animateur d'une chronique hebdomadaire sur Radio Galère (Marseille), jeudi de 16H-18H.

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