"Constantine : La saga des beys", un ouvrage de Chérif Abdedaïm

"Constantine : La saga des beys", un ouvrage de Chérif Abdedaïm

"Constantine : La saga des beys", un ouvrage de Chérif Abdedaïm 938 400 René Naba

Préface de René Naba

Paris – Un salutaire retour vers le passé pour une meilleure appréhension de l’avenir. Pour tirer des erreurs anciennes de meilleures armes pour le futur alors que l’Algérie est à la veille d’un saut générationnel de pouvoir. Tel est l’exercice auquel s’est livré Chérif Abdedaïm dans son ouvrage « Constantine : La saga des beys ».

La description minutieuse, méthodique, de la lutte pour le pouvoir auxquels se sont livrés les divers protagonistes de ce drame, et que l’auteur restitue admirablement, sonnent comme un rappel à l’ordre. A savoir qu’une «lutte pour le pouvoir purement pour le pouvoir, -pour le pouvoir en soi-, au détriment du développement d’un pays sacrifie l’essentiel à l’accessoire, la satisfaction d’intérêts immédiats à des objectifs futurs. Pour le plus grand malheur du pays.

Cela vaut pour le passé comme pour le présent et explique le déclassement de l’Espagne et du Portugal dans la hiérarchie des puissances mondiales et la longue sujétion de l’Algérie. Hors de l’Union, point de salut. Cela vaut pour l’Algérie comme pour le Monde arabe.

L’ouvrage ne relève pas d’un exercice de contemplation sur la gloire passée, forcément négatif, ni d’une nouvelle séquence nostalgique d’une ré-édition de «pleurs sur la colline» (Bouka’a A3ala al Atlal). Il se veut un exercice pédagogique en vue d’impulser une nouvelle dynamique d’action alors que l’Algérie est à la veille de grands bouleversements induits par un saut générationnel. La biologie a ses propres lois que l’on ne peut retarder, ni écarter. Des lois inéluctables. Il importe donc de s’y préparer.

Seizième pays pétrolier par ordre d’importance, avec des ressources en voie de tarissement, mais 8me producteur de Gaz, par ailleurs producteur d’or, de zinc, de de fer voire même lithium et d’uranium, première armée d’Afrique à égalité avec l’Afrique du sud, l’Algérie pâtit toutefois de sérieux déséquilibres structurels, avec une démographie galopante, une jeunesse affligée par le chômage de l’ordre de 35 pour cent d’une population de 38 millions d’habitants dont 50 pour cent ont moins de 20 ans.

La période de cicatrisation consécutive à la «noire décennie» s’est achevée en Algérie qui doit secouer sa léthargie diplomatique et reprendre un rôle pilote dans un monde arabe déboussolé, fracturé, brisé et humilié. Pour la survie du Monde arabe, l’hégémon de la diplomatie arabe ne saurait être, sous aucun prétexte, laissé aux bédouins inciviles du Golfe wahhabite.

L’Algérie ne saurait se contenter de son statut de «pays émergent», qui n’est rien d’autres qu’un strapontin, autrement dit «un piège à cons», mais monter au créneau par une meilleure répartition de ses richesses, la relance de son agriculture, le développement de son énergie solaire en même temps que son tourisme, pour rejoindre les BRICS (Brésil, Russie,  Afrique du sud, Inde). Au BRICS en tant que représentante des pays arabes et musulmans, pour y développer une coopération Sud-Sud, en substitution à une coopération verticale de subordination et de prédation des économies nationales des pays arabes. En un mot, établir un rapport de qualité entre les deux sphères de la Méditerranée et entre les deux hémisphères de la planète.

Sous peine de marginalisation, sous peine de sclérose du pays, sous peine de nécrose, l’Algérie se doit de libérer sa société civile des pesanteurs de l’autoritarisme bureaucratique, de se mettre au diapason des nouvelles exigences de son environnement, en réactivant sa relation jadis stratégique avec l’Egypte du temps du tandem Nasser / Boumediene, en vue de reconstituer un bloc républicain arabe solide à l’effet de veiller à créer les conditions d’un Fukushima politique sur les pétromonarchies, particulièrement l’Arabie saoudite, le cœur nucléaire de l’intégrisme mondial et le foyer absolu de la régression sociale; afin de redonner une plus grande cohérence sociale et économique entre les deux versants du monde arabe, la zone méditerranéenne de pénurie et la zone d’abondance du golfe pétrolier, à l’effet d’établir un rapport de force qui lui soit favorable tant vis-à-vis de l’Union européenne que des autres blocs géostratégiques.

couverture-la-saga-des-beysTel est le vœu que tous les épris de justice formulent à l’égard d’un pays qui fut un phare de la lutte du tiers monde vers sa libération, et, à un auteur pour son abnégation et sa constance, dans ses amitiés, sa rigueur intellectuelle et morale.

Chroniqueur à La Nouvelle République, avec pour base opérationnelle la région de Constantine, l’auteur égrène le récit en connaisseur de la région,  le couplant avec les enseignements de l’Histoire. Et de son expérience multiforme.

Psychopédagogue de formation, proche des grands maîtres de la musique andalouse (Malouf), l’auteur de l’ouvrage n’est pas un multicartes, un de ces cumulards  que l’on rencontre fréquemment dans la profession,  mais un multi talents.

Pour rappel, Chérif Abdedaïm anime une chronique à la Nouvelle République et dispose d‘un blog dont voici le lien. http://cherif.dailybarid.com/?p=738.

René Naba

Journaliste-écrivain, ancien responsable du Monde arabo musulman au service diplomatique de l'AFP, puis conseiller du directeur général de RMC Moyen-Orient, responsable de l'information, membre du groupe consultatif de l'Institut Scandinave des Droits de l'Homme et de l'Association d'amitié euro-arabe. Auteur de "L'Arabie saoudite, un royaume des ténèbres" (Golias), "Du Bougnoule au sauvageon, voyage dans l'imaginaire français" (Harmattan), "Hariri, de père en fils, hommes d'affaires, premiers ministres (Harmattan), "Les révolutions arabes et la malédiction de Camp David" (Bachari), "Média et Démocratie, la captation de l'imaginaire un enjeu du XXIme siècle (Golias). Depuis 2013, il est membre du groupe consultatif de l'Institut Scandinave des Droits de l'Homme (SIHR), dont le siège est à Genève et de l'Association d'amitié euro-arabe. Depuis 2014, il est consultant à l'Institut International pour la Paix, la Justice et les Droits de l'Homme (IIPJDH) dont le siège est à Genève. Depuis le 1er septembre 2014, il est Directeur du site Madaniya.

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