François Hollande : Le supplice de tantale

François Hollande : Le supplice de tantale

François Hollande : Le supplice de tantale 938 440 René Naba

« Ce texte est le récit d’une dystopie, un rêve qui a viré au cauchemar, qui explique la renonciation de François Hollande à siéger en sa qualité de membre de droit du Conseil Constitutionnel »

«À un moment donné, il faut bien que quelqu’un paye le quinquennat», balance le député du Val-d’Oise Philippe Doucet en attendant l’ultime meeting de Manuel Valls, le 26 janvier à Alfortville, avant de soupirer : «Hollande a laissé la place du mort à Valls, qui la laisse à Hamon.»

François Hollande a transmis ses pouvoirs à son successeur, terme ultime d’une démarche qui le propulse au rang de «sage» du Conseil Constitutionnel, pour une retraité dorée, mais pas nécessairement méritée.

Premier président socialiste à renoncer à livrer bataille pour la reconduction de son mandat, François Hollande, quinze ans après le choc du 22 Avril 2002, améliore en l’aggravant le record de son prédécesseur, Lionel Jospin, premier ministre socialiste de l’ère post-Mitterrand, éliminé lui au premier tour, mais en sa qualité de premier ministre.

Les deux recordmen vont d’ailleurs se retrouver sous le même toit, en cohabitation courtoise mais contrainte avec leur ennemi commun : Laurent Fabius.

Chaque jeudi, les deux successeurs de François Mitterrand à la tête du Parti Socialiste vont en effet se retrouver sous l’autorité du président du Conseil Constitutionnel, Laurent Fabius, nommé par François Hollande pour le dégager du Quai d’Orsay et mettre fin à sa politique chaotique. Un poste en compensation de sa tentative de décrocher le Prix Nobel de La Paix, qu’il a durement convoité mais qu’il n’a pu obtenir.

Les deux ex ont complètement dénaturé la constitution par appât du pouvoir: Lionel Jospin, piégé par Jacques Chirac, a réduit la durée de mandat présidentiel de 7 à 5 ans, provoquant un inversement du calendrier électoral. Hollande en souscrivant au principe d’une primaire socialiste en sa qualité de Président de la République, a réduit sa fonction présidentielle à celui d’un chef de courant et non du symbole de la nation toute entière, au delà de ses clivages partisans.

Ah le spectacle jouissif: Jospin et Hollande subissant la fausse amabilité de Fabius et ses prévenances qui masquent mal sa suffisance. Un véritable supplice de tantale.

Sans omettre la cohabitation entre François Hollande et Nicolas Sarkozy, les deux derniers présidents de la République «à mandat unique non renouvelable». Ah la belle poilade en perspective.

Le Conseil Constitutionnel sous la présidence de Laurent Fabius… un cimetière des éléphants socialistes échoués.

Le supplice de Tantale

Dans la mythologie grecque Tantale est un mortel, ami des dieux. Fils de Zeus et de la nymphe Ploutô, il est roi de Phrygie, époux de Dioné, fille d’Atlas. Pour avoir offensé les dieux, ceux-ci le châtient en le condamnant au supplice.

Par antonomase, un tantale est une personne qui désire ardemment quelque chose qui lui est inaccessible.

Lionel Jospin a ardemment souhaité la présidence de la République, au prix de dénaturer la constitution française; François Hollande, la reconduction de son mandat, au prix d’une grave atteinte à la symbolique du chef de l’état le réduisant à un simple compétiteur partisan pré-électorale, avant de se saborder en direct; Laurent Fabius, un glouton, la Présidence de la République, le Prix Nobel de la Paix en sus d’un partenariat stratégique avec la branche syrienne d’Al Qaida, «Jabhat an Nosra» qui fait du bon travail en Syrie.

Le Parti Socialiste fondé au Congrès d’Epinay en 1977 est à bout de souffle, en fin de course. La relève hypothétique.

Beau cadeau d’anniversaire pour le 80 e anniversaire de la nomination de Léon Blum à la tête du premier gouvernement socialiste de l’époque contemporaine, en 1936.

Pour aller plus loin

René Naba

Journaliste-écrivain, ancien responsable du Monde arabo musulman au service diplomatique de l'AFP, puis conseiller du directeur général de RMC Moyen-Orient, responsable de l'information, membre du groupe consultatif de l'Institut Scandinave des Droits de l'Homme et de l'Association d'amitié euro-arabe. Auteur de "L'Arabie saoudite, un royaume des ténèbres" (Golias), "Du Bougnoule au sauvageon, voyage dans l'imaginaire français" (Harmattan), "Hariri, de père en fils, hommes d'affaires, premiers ministres (Harmattan), "Les révolutions arabes et la malédiction de Camp David" (Bachari), "Média et Démocratie, la captation de l'imaginaire un enjeu du XXIme siècle (Golias). Depuis 2013, il est membre du groupe consultatif de l'Institut Scandinave des Droits de l'Homme (SIHR), dont le siège est à Genève et de l'Association d'amitié euro-arabe. Depuis 2014, il est consultant à l'Institut International pour la Paix, la Justice et les Droits de l'Homme (IIPJDH) dont le siège est à Genève. Depuis le 1er septembre 2014, il est Directeur du site Madaniya.

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