Les Néoconservateurs : ces réseaux de l’ombre

Avec l’aimable autorisation de la revue Golias http://golias-news.fr/
Par Juliette Grange.

Auteure du livre « les Néo Conservateurs » paru aux Editions Agora

Agrégée de philosophie, docteur d’État, Professeur à l’Université François Rabelais de Tours (philosophie moderne et contemporaine), spécialiste de la pensée française du XIXe siècle.

Pour aller plus loin sur ce sujet

Le néo conservatisme ! moralement réactionnaire, économiquement néo libéral

Le néo conservatisme est un mouvement politique complexe et puissant. Né aux États-Unis, il est présent en France et en Europe depuis une quinzaine d’années. Longtemps son modus operandi n’a pas été directement politique (parti, expression publique, par voie de presse ou média). Il s’est agi d’abord de convertir à petit bruit certaines élites universitaires, du monde des affaires et de la politique (par le biais de clubs, think tanks, groupes et cercles).

En France, certaines institutions prestigieuses, dans quelques disciplines choisies en sciences humaines et sociales (à l’ENS, à l’École des Hautes Études en Sciences sociales, au CNRS) ont été investies – et dans certains cas conquis tout ou partie. Le but poursuivi néanmoins n’est pas simplement de peser sur certaines décisions, d’inspirer des expertises, de conseiller le Prince, mais plutôt de diffuser des « éléments de langage », d’en faire des lieux communs, des évidences socialement partagées. On a nommé soft power1 cette capacité d’influencer.

Cette forme de pouvoir est précisément celle que visent à conquérir les néoconservateurs. Le concept gramscien de création d’un « nouveau sens commun », d’« hégémonie culturelle », a d’abord été récupéré partiellement par le néo conservatisme américain. Il n’y aurait de prise de pouvoir politique que via la conquête du pouvoir culturel et de l’idéologie2. Il a été une référence ces dernières décennies (sans toujours être nommé ou revendiqué) pour les cercles néoconservateurs en France et en Europe.

« Civitas » choisit ses cibles avec soin. Elles touchent notamment à la création artistique, la culture. Un domaine a priori étonnant pour des mouvements religieux. D’autant que les textes de loi qu’ils combattent concernent des questions de droit et de bioéthique. Que viennent faire l’art contemporain et le théâtre dans ce champ de bataille ?3 » Et Alain Escada de déclarer4 : « À travers le théoricien gauchiste qu’est Gramsci, il y a eu dans les milieux gauchistes révolutionnaires la compréhension de l’importance du culturel dans la manipulation des esprits, ou en tout cas dans la direction de l’opinion. »

Dans ses débuts, le néo conservatisme français ne diffère pas du néo conservatisme américain, il en est le prolongement. D’ailleurs, la Reconquista intellectuelle et religieuse de l’Europe a été l’horizon de la première génération néo conservatrice américaine, où elle a cheminé, on le verra, de manière discrète et souterraine, mais parfaitement orchestrée, depuis plus de quinze ans. Elle a pour but premier de déboucher sur une transformation de l’opinion, de produire la nouvelle forme du « sens commun », l’évidence partagée que nous avons évoquée.

Ses lieux communs sont en Europe : les racines chrétiennes de la culture européenne, la défense de la famille comme fondement naturel de la société, la revendication d’un rôle public pour les religions majoritaires et institutionnalisées (hors islam), la dénonciation de la nature oppressive et liberticide de l’État, du service public, de la fiscalité, le discrédit des valeurs laïques, pour ne citer que les thèmes les plus récurrents. Le droit à l’avortement, le mariage pour tous, l’égalité entre les sexes, le supposé relativisme moral, et la supposée oppressive neutralité de l’État, des lois et des institutions, parfois les erreurs du darwinisme, de la sociologie ou de l’histoire modernes font partie des remises en cause. Par ces voies particulières que nous décrivons, les value voters des États-Unis ont pris pied en Europe.

Il est important d’emblée de délimiter conservatisme et néo conservatisme, libéralisme et néolibéralisme. Le néo conservatisme est étranger au conservatisme au sens classique du terme et également à l’extrémisme de droite de nature populiste. Le conservatisme newlook ou « néo » se présente en effet comme une rupture novatrice et non comme une continuité ou un simple retour. Il se dit dynamique et producteur de transformations à venir. Yves Roucaute, qui est l’un de ses théoriciens en français, le décrit comme « une philosophie joyeuse qui retrouve le sens de l’histoire ».

Le néo conservatisme diffère donc nettement du conservatisme, tout comme la droite extrême diffère de la droite républicaine. Le conservatisme classique propose la pérennisation d’un ordre social, la préservation d’une continuité institutionnelle ou bien celle des usages, des mœurs, des coutumes lentement élaborées dans le passé. Si le conservatisme est l’adversaire des ruptures, par différence, le néo conservatisme impose de faire retour volontairement et brusquement à une forme supposée plénière et supérieure de vie sociale passée.

Ce retour est une forme d’utopie d’un passé imaginé auquel il conviendrait de revenir. Ce passé peut être l’ordre hiérarchique d’une société différenciée, la répartition de la propriété dans une société de classes, la ferveur religieuse de la société médiévale, l’ordre et l’autorité, ou tout cela à la fois. Mais le néo conservatisme n’est pas réactionnaire ou traditionaliste, il marie à un contre révolutionnarisme un hyper technicisme et une doctrine économique néolibérale.

Dans une toute première approche, on peut dire que les deux traits marquants du néo conservatisme français sont les suivants :
  1. d’être la justification théorique de pontages idéologiques entre l’ultralibéralisme économique (le libéralisme économique sans contrôle ou régulation par l’État) et une forme de conservatisme moral et religieux (la « civilisation chrétienne », la « loi naturelle », l’« écologie intégrale »). Cette association entre hyper modernisme économique et antimoderniste social et familial reçoit une caution intellectuelle d’un ensemble de textes divers, voire disparates, mais possédant une indéniable unité d’intention idéologique.
  2. d’être la translation en France d’un ensemble prospère aux États-Unis sous l’ère de George. W. Bush5, translation présentée comme une « rupture ». Les idées et les mots d’ordre sont considérés en Europe comme « nouveaux » (alors qu’aux États-Unis, ils sont présents depuis plusieurs décennies) simplement du fait qu’ils sont étrangers à l’histoire et aux institutions européennes et françaises. La rhétorique du changement est d’autant plus forte que cette transposition est artificielle et ignore les différences historiques des grandes démocraties américaines et européennes.

Le néolibéralisme sera précisément défini comme « art politique d’imposer des normes, comme extension et dissémination des valeurs du marché à la politique sociale et à toutes les institutions6 ». « Il ne s’agit pas seulement de faciliter le libre­ échange, de maximiser les profits des entreprises et de remettre en cause les aides publiques […].

Si la rationalité néolibérale met le marché au premier plan, elle n’est pas seulement – et elle n’est même pas d’abord – centrée sur l’économie ; elle consiste plutôt dans l’extériorité et la dissémination des valeurs du marché à la politique sociale et à toutes les institutions, même si le marché conserve en tant que tel sa singularité.7 » La logique des échanges marchands est supposée également nécessaire en ce qui concerne l’éducation, la culture, la vie politique et institutionnelle, les comportements humains en général. Le néolibéralisme est « […] la source de légitimité des politiques de déréglementation, de privatisation, de désengagement de l’État8 ».

Le néo conservatisme illustre bien la contradiction du néologisme même et, on l’a dit, est très éloigné du conservatisme classique. Sa définition et ses modes d’expression sont par conséquent d’une tout autre nature. L’un de ses théoriciens (Irving Kristol) précise qu’il s’agit moins avec le néo conservatisme d’un mouvement ou d’une doctrine cohérente, que d’une sensibilité dont l’expression s’initie dans un groupe de personnes, « […] un groupe peu nombreux, plus solidaire que structuré, suffisamment bien organisé pour contrôler quelques think tanks, ces groupes de réflexion à cheval entre la fondation et l’Université et pour placer quelques amis des postes stratégiques dans le gouvernement et l’administration9 ».

Le néo conservatisme se rattache néanmoins à la droite radicale par les traits du rejet de la démocratie et de la modernité et par son anti universalisme. Il a pour caractéristique, des deux côtés de l’Atlantique, d’accorder un rôle politique et social important aux religions constituées.

Si ce rôle est conçu de manière assez différente aux États-Unis, ou en général en Amérique du Nord, et en France, l’affirmation de la nécessité de l’intervention de la religion dans les affaires publiques est le point important. La reconnaissance et l’influence politique et sociale des religions sont également revendiquées dans les deux cas, même si en France cela aboutit à la seule reconnaissance de l’Église catholique (les archevêques de Paris successifs l’ont illustré ces dernières décennies).

L’État, par ailleurs, est envisagé comme l’instrument privilégié de la re moralisation, d’une re confessionnalisation post séculière. Plus précisément, l’État néoconservateur est une structure visant à détruire volontairement l’État providence, la justice sociale et l’égalité. Le rôle redistributeur et la solidarité mise en œuvre par l’État moderne sont destinés à être remplacés par la charité, interindividuelle ou via des associations confessionnelles, et des politiques compassionnelles favorisées par l’État lui-même (en direction de victimes ou de publics ciblés). L’État peut aussi intervenir par la censure, la pénalisation de mœurs ou de pratiques désapprouvées non seulement par le droit, mais aussi par la morale (religieuse). Certains groupes néoconservateurs supposent possible par exemple de rétablir dans la loi le délit de blasphème. « L’affirmation publique de la moralisation du pouvoir d’État dans le domaine de la politique intérieure et internationale est ce qui distingue le néo conservatisme de l’ancien conservatisme […]. À la différence de son prédécesseur, il est animé par une volonté de puissance publiquement avouée, par une colère face au déclin et à l’émiettement de la morale dans le monde occidental […].10 »

Une des conséquences en sera la « moralisation » de la production artistique et intellectuelle, des fonds des bibliothèques, de la production artistique en général.

Le néo conservatisme s’est déployé en trois étapes : mainmise intellectuelle, guerre culturelle, conquête du pouvoir politique.

Première étape, une stratégie de conquête des institutions universitaires et de recherche. L’objectif est de prendre en main un certain nombre d’institutions de formation et de recherche dans des domaines clés où il importe de former les futures élites et décideurs. Sont importées des États-Unis une théorie de la connaissance et de la société dans ses rapports à la croyance, une conception des relations entre sciences et religion, de nombreux concepts et doctrines développés dans des think tanks outre-Atlantique dans le but d’une prise d’influence concertée – soft power – en rupture avec la philosophie et les sciences humaines pratiquées en Europe.

Cette importation doit, c’est clair, en partie son succès à l’épuisement, à la non ­réaffirmation, dans le champ intellectuel, des modèles d’émancipation (modernité républicaine, utopies sociales) et à la faiblesse théorique d’un postmodernisme académique aujourd’hui essoufflé. C’est donc à partir d’énormes ressources financières de think tanks et de fondations, de la puissance et de l’activisme d’innombrables blogs et sites Internet, de cercles intellectuels à l’intérieur comme à l’extérieur des institutions universitaires et de recherche, que s’est exprimée d’abord en France la doctrine néoconservatrice.

Le but est non seulement de convertir ces élites (chercheurs, enseignants du supérieur et des classes préparatoires aux grandes écoles, intellectuels, écrivains, journalistes), mais aussi de contrôler le monde de l’édition, l’attribution des crédits et des aides à la publication. Il est même question parfois de censurer les fonds des bibliothèques, universitaires ou non. « Dans les communes d’une certaine importance, la possibilité de nettoyer les bibliothèques municipales de certains ouvrages subversifs, voire amoraux, s’ouvre à ceux qui pourraient se présenter aux élections.11 »

Dans la réalité institutionnelle, dans la structuration des équipes de recherche, l’attribution des crédits, des postes et des bourses ou allocations, les financements des publications et des doctorats, un certain nombre de groupes, agissant discrètement dans les instances publiques les plus prestigieuses ont transformé profondément et façonné idéologiquement quelques champs disciplinaires, dans des disciplines de taille modeste mais à haute valeur symbolique, comme la philosophie. Cette mainmise fait partie d’un plan d’ensemble, dont le cœur concerne les reformes des systèmes d’enseignement et de recherche, et qui s’attaque, parfois avec un plein succès, aux fondements républicains et laïques de notre société.

Le fond de cette stratégie de conquête est une « cultural war », un combat idéologique discret, une lutte pour l’hégémonie intellectuelle et culturelle, front contre front, dont les groupes activistes néoconservateurs trouvent la justification chez Gramsci1. Ceux-ci proclament être en passe de gagner la « guerre des idées » (contre le progressisme, le socialisme, l’antiracisme, l’État providence, le féminisme, la « bien-pensance » ou le « droit-de-l’hommisme », etc.) et se déclarent vainqueurs sur le front de la bataille culturelle2 dans laquelle ils se sont engagés il y a plusieurs décennies aux États-Unis. L’État providence et l’État républicain que refuse le néo conservatisme auraient imposé des valeurs : le progressisme, la repentance, les lois mémorielles. En combattant et surtout en triomphant de cette « bien-pensance », par l’intermédiaire d’une culture, d’une morale en phase avec le « bon sens », l’État néoconservateur, « réformateur », unifiera le peuple et la société.

Deuxième étape, former l’opinion. Par exemple en imposant des thèmes dans la grande presse de vulgarisation (Sciences et vie, Le Monde des religions…) autour de sujets comme Dieu, la quête de sens, les « nouvelles sciences », etc. Il s’agit de diffuser un argumentaire antimoderne sur le Net et de tenter également d’imposer cet argumentaire dans les médias, voire dans des productions grand public. Il s’agit aussi, en s’appuyant rhétoriquement sur l’autorité supposée d’une production savante (par exemple en philosophie morale), d’en répandre une version populaire dans le corps social à partir de blogs, de revues, de groupes militants, et de persuader nos décideurs politiques qu’affirmer publiquement qu’il y a des racines chrétiennes à l’Europe, ou des lois divines supérieures aux lois humaines (et permettant de les contester) peut leur attirer un succès électoral.

Il s’agit encore de provoquer dans un public très élargi une forme de panique morale1, un mouvement d’opinion, en invoquant les travaux des élites et des intellectuels (sur Dieu et la science, la naturalité du couple parental, la loi naturelle).

Les groupes de pression s’expriment dans la grande presse, y diffusent des argumentaires très vagues, qui bien souvent dissimulent des mots d’ordre plus extrémistes ou confessionnels. Ainsi on parle de « retour au sens », d’« écologie humaine », de « déficience du capitalisme », expressions qui renvoient en fait au retour à la foi, à la conception traditionaliste de la famille. Les groupes néoconservateurs, comme d’ailleurs des groupes extrémistes plus classiques, pratiquent par ailleurs le double discours, l’un en interne et l’autre dans les médias. Leurs interventions ainsi que la production permanente d’ « éléments de langage » sont supposées préparer les esprits à une subversion culturelle étendue à l’ensemble de la société. Ici, l’action des groupes issus des mouvements charismatiques, soutenus par une partie de l’épiscopat (Mgr Rey par exemple), a été centrale : on trouve des traces de leur discours dans les grands journaux comme Le Figaro.

Troisième étape, donner une expression politique à ce supposé « mouvement social spontané ». Ceci en popularisant et institutionnalisant les mots d’ordre anti progressistes (au sens moral et politique), à la fois ultraconservateurs et ultralibéraux. Des mouvements comme La Manif pour tous, Sens commun ou le Printemps français témoignent de cette émergence. Sur le mode du Tea Party américain, il s’agit de peser autant sur la vie politique en général que sur la droite républicaine et de la prendre en otage. Il s’agit de faire imposer par l’État des mots d’ordre fondamentalistes, anti laïques et anti étatistes (paradoxal, mais efficace et dans la lignée de certains courants d’extrême droite – voir l’Espagne et le rôle de l’Opus Dei au sein du P.P.).

Après avoir cherché à influencer de l’intérieur les partis de droite (l’UMP devenue Les Républicains), le néo conservatisme, en marche depuis plusieurs décennies dans les cercles intellectuels (étape 1), puis ayant mené une bataille culturelle en direction du grand public (étape 2), pour donner force de loi à son idéologie, se heurte et se marie à d’autres courants extrémistes plus classiquement nationalistes, populistes et politiques en visant l’expression politique directe. Les cadres de La Manif pour tous appartenaient ainsi à l’UDI, à l’UMP, au FN, et le but des néoconservateurs fut longtemps de droitiser les partis de droite, non de fonder eux-mêmes un parti. Du fait de la nécessité d’alliances politiques, le néo conservatisme a dû s’allier avec la droite populiste, alliance délicate car l’extrémisme de droite a une conception plébiscitaire de la démocratie et s’expose bruyamment dans l’espace public a contrario du néo conservatisme.

Ce dernier se cherche actuellement une expression politique adéquate à ses vues. Après avoir cru la trouver en la personne de François Fillon dont il a nettement influencé le programme et soutenu la campagne, c’est dans une recomposition de la droite (Laurent Wauquier/Marion Maréchal-Le Pen) qu’il cherche une issue. Partout en Europe, émergent ainsi des extrémismes bigarrés qui mêlent procédés et thèmes néoconservateurs aux courants fascisants ou populistes des différentes droites radicales (Hongrie, Pologne)

Notes
  • 1 Le concept a été forgé en 1990 (Joseph S. Nye).
  • 2« Il s’agit d’investir massivement ce qui est à notre portée, construit ou à construire. Comme Gramsci l’a théorisé, cela passe par une préparation de l’avènement politique dans le culturel, par un investissement qui ne tient pas compte de la lèpre médiatique et n’aie pas peur d’approcher des groupes dits “radicaux”, par un investissement des syndicats et des partis. » Béatrice Bourges, conférence de 2013 (en présence de Robert Ménard et Renaud Camus), cité par L. Chatel, Civitas et les nouveaux fous de Dieu, Temps présent, 2014, p. 25.
  • L. Chatel, op.cit., p. 24.
  • You Tube, 8 septembre 2011.
  • Cet ensemble est bien décrit et analysé par Susan George (La Pensée enchaînée. Comment les droites laïques et religieuses se sont emparées de l’Amérique, Fayard, 2007).
  • 6 Wendy Brown, Les Habits neufs de la politique mondiale, néo libéralisme et néo conservatisme, Les Prairies ordinaires, trad. fr. 2008, p. 50.
  • 7 Ibid.
  • W. Ossipow, « Le néolibéralisme expression savante de l’imaginaire marchand » in B. Bacot et C. Journès, Les Nouvelles Idéologies, P.U. de Lyon, 1982, p. 16, cité par S. Audier, Le Colloque Lippmann. Aux origines du néolibéralisme, Le Bord de l’Eau, 2008, p. 10.
  • Alain Frachon, Daniel Vernet, L’Amérique messianique, Seuil, p. 9.
  • 10 Wendy Brown, op. cit., p. 104.
  • 11 Alain Escada, président de Civitas, sur le Forum catholique, 28 janvier 2013. Le concept gramscien d’« hégémonie culturelle » est ici la référence (cf. interview d’Alain Escada, You Tube, 8/9/2011).

One Response

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  1. Protis
    Mar 05, 2018 - 12:37

    Très bonne analyse du phénomène hégémonique, le « néo conservatisme », dans nos sociétés occidentales et certainement d’autres non occidentales, alliés des Etats-Unis et de pays européens.
    Je partage totalement l’analyse sur ce que j’appellerais une « stratégie de l’infiltration », de l’université et grandes écoles, des enseignants comme Garello à Aix en furent un exemple au tout début des années 80, puis la sphère média et politique pour arriver depuis les années 2000 dans la société civile et la sphère entreprise.
    Un constat sur la méthode : 1) Gramsci (mais quel outrage de la part de ces manipulateurs néo conservateurs pour le penseur marxiste italien qui fut emprisonné par des proches de leur idéologie), 2) la méthode d’infiltration est calquée sur celle qu’a suivi l’OCI ou mouvement trotskiste en France (infiltration du PS et sa perte) – USA…, dont de nombreux membres ont rejoint d’ailleurs le mouvement néo libéral.
    Je partage aussi l’analyse sur la recomposition de la droite en France qui constitue un réel danger pour nos principes fondamentaux juridiques et républicains.

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