Interview : René Naba à La Patrie News

Interview : René Naba à La Patrie News

Interview : René Naba à La Patrie News 1920 1280 René Naba
René Naba à La Patrie News : Entretien mené par Mohamed Abdoun
  • Le pétainisme zemmourien impacte le débat idéologique français vers la démagogie et la logomachie.
  • Le prochain sommet arabe ne peut se tenir qu’à Alger et aux conditions de l’Algérie et devra immanquablement consacrer le retour par la grande porte de la Syrie au sein de la Ligue arabe, sinon le sommet ne se tiendra tout simplement pas en Algérie.
  • Maroc-Israël: Les Islamistes marocains ont apporté la preuve qu’ils étaient des cocus absolus et des crétins inégalés en cautionnant la normalisation. Ah le magistral toboggan saponifié que le souverain leur a aménagé pour la sortie de piste du PJD.

France-Algérie : L’attaque du président d’Emmanuel Macron contre l’Algérie est une attaque démagogique à connotation électoraliste, sous tendue par trois objectifs:

  1. S’assurer un regain de popularité auprès de la frange des nostalgiques de l’Empire français, –les Harkis réhabilités solennellement et le lobby Pied Noir, deux importants gisements électoraux.
  2. Détourner l’attention sur l’espionnage marocain des communications du pouvoir français via le système Pegasus.
  3. Se venger de l’inertie volontaire de l’Algérie dans la guerre menée par la France au Sahel, «son Afghanistan de proximité».

Version audio
Eric Zemmour: un pied noir revanchard

1 – La Patrie News : Commençons par l’actualité brûlante du moment. A votre avis, à quelle logique répond la récente provocation-attaque contre l’Algérie du président français Emmanuel Macron? Pensez-vous que l’Algérie, dernier bastion de la résistance et du «Front du refus» soit visée, comme l’avait été la Syrie auparavant ?

Réponse RN: Cette vaste question que vous me posez mérite de procéder d’une manière pédagogique à une «contextualisation», à une mise en contexte des propos du président français.

• De la France : La France est à un tournant de son histoire et opère ce virage de manière erratique, naviguant à vue en parant au plus pressé.

Au terme d’une double décennie calamiteuse, le pays de la laïcité et de la loi sur le séparatisme apparaît ainsi comme le grand perdant de la mondialisation, le grand perdant de l’européanisation du continent sous l’égide de l’Allemagne, le grand perdant de la bataille de Syrie, de Libye et de Crimée, le grand perdant de la pandémie du Covid et de l’Afrique. Un bilan d’autant plus consternant que la France est ainsi le seul pays membre permanent du Conseil de sécurité à n’avoir pas réussi à produire un vaccin contre le Covid, alors qu’un petit pays de l’importance de Cuba a pu réaliser cet exploit. C’est dire l’ampleur de la déconfiture.

De surcroît, sur le plan international: Ses alliés historiques, -les États Unis et le Royaume Uni-, lui ont administré une gifle magistrale dans la transaction des sous marins australiens et la conclusion de l’alliance Aukus, l’excluant du Pacifique, la ravalant au rang de puissance moyenne, alors que la France, déjà reléguée au rang de pays affinitaire en Syrie, est en phase du retrait du Mali, signe indiscutable de son essoufflement.

Sur le plan interne, la condamnation de Nicolas Sarkozy à une peine de prison ferme dans l’affaire Bygmalion, à l’automne 2021, point d’orgue de condamnations d’éminentes figures se réclamant du gaullisme –Jacques Chirac, Alain Juppé, François Fillon–, a signé dans l’ordre symbolique la faillite du Gaullisme et son dévoiement dans l’affairisme et sa dégénérescence politique corrélative. De même que les affaires Jérôme Cahuzac (Budget) et Dominique Strauss Khan (FMI) en signant la déliquescence du socialisme et non sa quintessence- ont déblayé la voie à la constitution d’un terreau populiste sur lequel a prospéré le pétainisme zemmorien, signant par là même l’entrée de France dans une phase de démagogie exacerbée et de logomachie ravageuse.

Que peut faire dans un tel contexte un président au maigre bilan en phase de pré campagne pour sa réélection. Très simplement flatter sa troupe, l’amour propre français meurtri par tant de camouflets. L’Algérie apparaît dans cette perspective une cible idéale.

D’abord, elle fait, comme la Syrie, figure de brebis galeuses au sein de l’opinion française et les attaquer ne provoquerait pas de remous puisque ces deux pays, deux survivants du «Front de Refus arabe», ne pratiquent pas la corruption à grande échelle de la classe politico-médiatique française, comme c’est le cas de la «diplomatie marocaine de la Mammouniya» et des djembés et des mallettes africaines.

Ensuite, la sortie macronienne anti algérienne permet au candidat potentiel à sa réélection de s’assurer un regain de popularité auprès de la frange des nostalgiques de l’Empire français, –les Harkis réhabilités solennellement et le lobby Pied Noir, deux importants gisements électoraux.

Encore, détourner l’attention sur l’espionnage marocain des communications du pouvoir français via le système Pegasus.

Enfin, une raison souterraine jamais avouée, se venger de l’inertie volontaire de l’Algérie dans la guerre menée par la France au Sahel, «son Afghanistan de proximité».

Et puis ma foi, dernier et non le moindre des arguments, si le disciple du philosophe Paul Ricœur a estimé que «la nation algérienne n’existait pas avant la colonisation française du fait qu’elle appartenait à l’Empire ottoman», le même raisonnement pourrait être appliqué aux pays européens, devenus souverains après leur refus de la double tutelle politique et spirituelle du Saint Empire romain germanique et du Vatican.

Les monarchies européennes, dont la France, ne sont devenues des entités souveraines qu’après les traités de Westphalie de 1648. A l’analyse, ce pur produit de la méritocratie française s’est révélé être un balnéaire du Touquet hors sol.

• Du Phénomène Zemmour : La France est périodiquement secouée d’un phénomène cyclique: le syndrome du sujet médiatique unique (SMU).

Une seule personne occupe le devant de la scène médiatique dans sa totalité pour une longue période, reléguant dans l’ombre toute autre personne, même la plus respectable, tout autre sujet, même le plus digne, paré de toutes les qualités, sans le moindre défaut, suscitant l’admiration éperdue de la presse et des foules jusqu’à l’infini. …….Jusqu’à sa chute, qui déclenche alors une curée d’une férocité à la mesure de la complaisance antérieure.

Dans la décennie 1980, la France a eu droit au phénomène Bernard Tapie, du nom de cet industriel charmeur qui ensorcela journalistes et politiques au point de devenir ministre de la république française, jusqu’à ce que ses déboires judiciaires le rejettent dans la pénombre.

Dans la décennie 1990, ce fut au tour du phénomène Jean Marie Messier. Le génie de la finance internationale déchaîna des élans d’admiration jusqu’au collapsus final, qui déclencha une risée universelle en même temps que le démantèlement du deuxième groupe mondial de communications «Vivendi-Universal» et l’exil vers les États-Unis de cet ancien jeune prodige de l’élite intellectuelle française.

Dans la décennie 2000, nous avons eu droit au phénomène Nicolas Sarkozy, seul homme sans doute à devoir restaurer la sécurité de la France, à redresser ses finances publiques en état de faillite, le principal barrage à l’extrême droite française, le tombeur de la gauche et le redresseur de la France, le champion de la lutte contre l’antisémitisme et de la discrimination positive. En somme le nouvel homme providentiel de la décennie, le sauveur suprême……jusqu’à sa condamnation par la justice de son pays pour des faits avec l’argent illicite.

En 2021, la caste médiatique vit le phénomène Zemmour avec une délectation narcissique comparable au phénomène sarkozyste dix ans plus tôt. Les Français aiment à jouer à la roulette russe à l’élection présidentielle. En Mai 2007, Nicolas Sarkozy a gagné, la France a perdu. En 2022, il en sera certainement de même avec Eric Zemmour.

2 – La Patrie News : S’agissant de la normalisation israélo-arabe, jusqu’où, selon vous, peuvent aller les dirigeants arabes dans leurs compromis ou compromission, et, subsidiairement, comment appréhendez-vous le sommet de la Ligue arabe prévu à Alger.

Réponse RN: La récente normalisation collective israélo-arabe est principalement le fait des monarchies, plus précisément des pétromonarchies (Bahreïn, Émirats Arabes Unis), dont la caractéristique principale est de se trouver en état de vassalité permanente, passant sans coup férir du protectorat britannique, à la tutelle américaine pour finalement aboutir au pilotage israélien. Ce qui leur importe plus que tout est la survie de leur trône décrié et surtout la rente générée par ce trône.

Pour aller plus loin sur ce thème, cf ce lien:

3 – A propos du Sommet arabe d’Alger.

Le prochain sommet arabe ne peut se tenir qu’à Alger et aux conditions de l’Algérie et devra immanquablement consacrer le retour par la grande porte de la Syrie au sein de la Ligue arabe, sinon le sommet ne se tiendra tout simplement pas en Algérie.

Il ne s’agit pas d’une fanfaronnade, mais d’une rigoureuse analyse de la réalité pour la simple raison que si la diplomatie algérienne est active, l’Algérie est la moins interventionniste des pays arabes dans les affaires intérieures des autres pays.

Ce jour là, il conviendra de scruter attentivement la délégation du Qatar, dont le ministre des Affaires étrangères de l’époque, (2011), Hamad Ben Jassem (HBJ), avait menacé d’expulser l’Algérie de l’organisation pan arabe si elle s’opposait à l’expulsion de la Syrie. La séance inaugurale de ce sommet infligera, dans l’ordre subliminal, un camouflet magistral à tous ceux qui auront trempé dans cette conjuration de cloportes de la guerre de Syrie, aussi bien les pétromonarchies que les «grandes démocraties occidentales» que les paumés de l’Islam takfiristes, djihadistes.

L’Algérie bénéficie d’une aura particulière sur la scène internationale. Non pas tant pour sa politique intérieure, loin s’en faut. Mais pour sa politique étrangère, sa vitrine. L’Algérie, tout comme la Syrie, sont les deux pays arabes dont la politique étrangère est celle qui préserve le mieux les intérêts à long terme du Monde arabe.

C’est aussi un pays réputé pour sa fidélité à ses alliances, soucieux de doter le Monde arabe d’un seuil critique à l’effet de peser sur les relations internationales, de consolider la sécurité de l’espace national arabe et qui ne brade donc à peu de frais les intérêts généraux du Monde arabe

4 – La Patrie News: Les relations secrètes entre le Maroc relèvent du secret de Polichinelle. Comment est-ce que celui qui se définit lui-même comme «commandeur des croyants» peut collaborer aussi étroitement avec une entité qui assassine le peuple palestinien, le prive de ses terres ancestrales et garde aussi des visées sur le troisième lieu sacré de l’islam, Al Qods en l’occurrence ?

Réponse RN: Ce thème a déjà été développé dans une de mes précédentes contributions, dont le lien se trouve ci-joint.

Mais je voudrai aller plus loin sur cette affaire: Les Islamistes marocains, comme auparavant leurs homologues égyptiens, ont apporté la preuve qu’il étaient des cocus absolus et des crétins inégalés en matière politique, une force qui porte comme une souillure indélébile sa caution à la normalisation israélo-marocaine.

Troquer la Palestine contre le Sahara occidental revient à troquer sa fille pour son garçon ou inversement son garçon pour sa fille, qui sont tous deux issus de la chair de la propre chair du géniteur. Cela relève d’une politique de courte vue en ce que le Sahara occidental relève de la sphère géopolitique du Monde arabe, alors que la Palestine est en voie d’évanescence.

Une décision d’autant plus lourde de conséquences pour l’avenir que le Roi du Maroc, Commandeur des Croyants, est le président du Comité Al Qods, chargé théoriquement de la protection de ce 3ème Haut Lieu de l’Islam.

Machiavélique, conscient de la dangerosité de sa démarche, le monarque marocain a assigné «la sale besogne» à son premier ministre Saad Eddine Al Othmani d’apposer sa signature sur le document de normalisation entre le Maroc et Israël, maintenant les mains souveraines dans une blancheur immaculée de cette souillure dont l’opprobre rejaillira immanquablement sur son féal islamiste, au-delà, sur la mouvance confrériste dans son ensemble.

L’accueil réservé par le Maroc au Hamas, l’été 2021, auréolé d’un prestige renouvelé après sa riposte douloureuse à l’offensive israélienne contre Gaza, était juste destinée à exercer un effet soporifique sur le leadership islamique marocain en prévision de son éviction de la scène publique.

La déroute du Parti de la Justice et du développement aux dernières élections législatives, en septembre 2021, (passé de 125 sièges en 2016 à 13 en 2021), n’a pas été surprenante. Le parti islamiste qui pestait contre tout rapprochement avec «l’ennemi sioniste» a fini par signer, séance tenante, les accords d’Abraham, sans mot dire, ce qui a fini par anéantir le peu de crédibilité qui lui restait.

La sale besogne faite, le palais l’a dégagé du jeu politique… renvoyé comme un vulgaire serviteur. Ah le magistral toboggan saponifié que le souverain lui a aménagé pour sa sortie de piste.

5 – La Partie News : Quel regard portez-vous sur les printemps arabes? Représentent-ils une forme de continuum avec le fameux Grand Moyen Orient de Georges Bush jr, visant à redessiner cette partie du monde au profit exclusif de l’entité sioniste.

Réponse RN: Le printemps arabe a été une guerre de prédation économique des pays arabes sans endettement (Libye, Syrie) par des pays occidentaux en crise systémique d’endettement. Son objectif sous-jacent avait un rapport avec le règlement du conflit israélo-arabe. Le projet prévoyait l’affectation d’une portion du désert du Sinaï à l’installation de Palestiniens de la diaspora dans le sud de la péninsule. Ce projet devait être complété par la création d’une zone franche à l’est de Suez et des investissements considérables pour en faire de cette zone de démarcation entre Israël et l’Égypte: Le Hong Kong des Arabes».

La stratégie américaine, depuis 2007, a visé à confier la gestion de l’Islam politique aux Frères Musulmans afin que la confrérie assume le rôle de chef de file du courant se réclamant de l’Islam modéré. Elle s’est inspirée d’un rapport de la Rand corporation, qui avait pour nom de code «C-C» pour «From Confrontation to Containement». Al Qaida, les takfiristes, les djihadistes ont été instrumentalisés par certains cercles occidentaux dans le but de les canaliser et de les diriger vers des lieux précis, non pour les affronter, mais pour les contenir. Le courant islamiste devrait veiller à éviter de servir de prétexte à une intervention militaire étrangère.

Si l’implosion de l’Union soviétique a été le plus grand exploit des États Unis de l’après guerre, les déboires militaires américains dans le tiers-monde dans la décennie 1980-1990 au Liban, en Somalie, en Irak, en ont quelque peu atténué les effets. Bien avant le «printemps arabe», le prestige américain a été ainsi bafoué à Beyrouth avec le retrait précipité de la Force Multinationale Occidentale, en Mars 1984, contrainte au départ du Liban par un double attentat contre les PC américains et français qui ont fait au total 299 morts; En Somalie, où l’armée américaine a opéré un retrait précipité, en Octobre 1993, à la suite d’une bataille rangée avec les milices somaliennes qui a fait 17 morts dans les rangs américains. Enfin, en Irak où le président Barack Obama a ordonné le retrait de ses troupes, le 1er septembre 2010, sept ans après l’invasion de l’Irak, qui a coûté la vie à 4.400 soldats américains. Sans compter l’assassinat des pivots de l’influence occidentale en Asie, Anouar El Sadate, en 1981, en Égypte, Rafic Hariri en 2005, au Liban et Benazir Bhutto, en 2007 au Pakistan.

6 – La Patrie News : Les guerres de cinquième génération peuvent causer des ravages aussi désastreux que les puissantes des bombes nucléaires. Est-ce que les futures guerres ne seront menées qu’à l’aide de mouches électroniques et d’armées virtuelles? un mot sur le scandale lié l’usage du logiciel espion Pegasus ?

Réponse RN: Ce que l’on appelle improprement La guerre de Syrie (2011-2021), –en fait la guerre internationale contre la Syrie–, a constitué la première guerre de cinquième génération la «guerre G5». Elle a été marquée certes par l’intervention massive des armes conventionnelles traditionnelles, mais aussi par une guerre d’intoxication psychologique sans pareille dans l’histoire avec la multiplication des supports médiatiques (mel, facebook, tweet) et les autres applications dérivées d’une coalition de plus d’une centaine de pays, sans que cet assourdissant arsenal parvienne à imploser la Syrie, ultime pays du champ de bataille avec Israël et voie du ravitaillement stratégique du Hezbollah libanais.

La guerre G5 ou G6 du futur sera sans nulle doute dévastatrice, mais ne sera pas unilatérale. Ses initiateurs en paieront certainement le prix par effet mécanique, l’effet«Feed Back», par un retour de flamme en quelque sorte, en ce qu’aucun des belligérants ne demeurera inerte. La Syrie, et aussi et surtout les Talibans à Kaboul, ont fait la claire démonstration qu’une technologique sophistiquée n’est pas gage absolu de supériorité, encore moins de victoire. Dans ce contexte, le scandale Pegasus, l’espionnage à grande échelle de divers pays, –par Israël en concertation avec les Émirats Arabes Unis, Bahreïn et le Maroc–, y compris des pays supposés alliés, apparaîtra rétrospectivement comme une alliance toxique entre des dirigeants belliqueux et présomptueux qui pensaient compenser leur nanisme politique par leur suffisance.

7 – La Patrie News : Le Liban se débat dans une crise dont la gravité n’a jamais été atteinte de toute son histoire. Son existence est carrément menacée. Selon votre vision propre, qu’elles en sont l’origine et la finalité ?

Réponse RN: Malgré la médiocrité d’une large fraction de sa caste politique, le Liban peut se targuer d’avoir propulsé des «hommes debout», solide comme des rocs, à l’instar de Sayyed Hassan Nasrallah, chef du Hezbollah libanais, et Georges Ibrahim Abdallah, le doyen des prisonniers politiques en Europe.

Le Liban demeure ainsi le seul pays au monde à avoir abrogé un traité international (le traité de paix avec Israël en 1983) sous la pression populaire; le seul à avoir obtenu le retrait militaire israélien sans négociations, ni traité de paix, glanant au passage le titre envié de «Vietnam d’Israël» pour la fonction traumatique de sa capitale, Beyrouth. Hezbollah inspire la crainte à Israël et a débarrassé le Liban du chancre aérien représenté par les raids massifs de l’aviation israélienne contre le sud Liban. Beaucoup au Liban, pas uniquement des chiites, lui en savent gré de cet exploit.

Le fait de constituer l’ultime digue de retenue face au grand naufrage arabe explique l’acharnement des États Unis à vouloir affamer le peuple libanais pour l’inciter à se soulever contre la formation chiite et de bloquer toute ouverture du Liban vers l’Est, -une «apertura a sinistra»-, en direction de la Chine et de la Russie, en vue de s’affranchir de l’emprise occidentale sur la vie politique nationale, dont l’objectif ultime est de briser la volonté de résistance de ce pays en vue de le finlandiser au profit d’Israël………..Et de forcer le Liban à intégrer les réfugiés palestiniens à la population libanaise, à l’effet de provoquer un bouleversement démographique en faveur des sunnites. Une politique à courte vue.

8 – La Patrie News : Le monde, en pleine reconfiguration, semble aller tout droit vers une confrontation directe entre Washington et Pékin. Sont-ce là les prémisses de la fin du monde ou d’une troisième guerre mondiale ?

Réponse RN: N’excluez pas l’hypothèse d’une cogestion du Monde si la raison l’emportait car une guerre entre les deux géants et leurs alliés entraînerait leur destruction réciproque et le Nouveau Monde tant vanté par les Occidentalistes retournerait à l’âge de pierre. A un monde de pierre.

Quoi qu’il en soit, si la Chine sortait vainqueur de son jeu de go, la France, le maillon faible du dispositif du bloc atlantiste dans le secteur, sera immanquablement vouée au rôle de maillon manquant du directoire mondial de la planète en ce que le Maghreb, longtemps sa zone d’influence privilégiée, représente le principal gisement de la francophonie et la zone de sous-traitance de l’économie française, gage du maintien de sa compétitivité.

Ce n’est pas un hasard si un journal anglais a suggéré que la France cède à l’Union Européenne son siège de membre permanent au Conseil de Sécurité de l’ONU.

Et ceci peut expliquer la nervosité de M. Macron à l’égard de l’Algérie, pivot de la présence chinoise en Afrique et en Méditerranée…………Ce qu’il fallait démontrer (CQFD).

René Naba

Journaliste-écrivain, ancien responsable du Monde arabo musulman au service diplomatique de l'AFP, puis conseiller du directeur général de RMC Moyen-Orient, responsable de l'information, membre du groupe consultatif de l'Institut Scandinave des Droits de l'Homme et de l'Association d'amitié euro-arabe. Auteur de "L'Arabie saoudite, un royaume des ténèbres" (Golias), "Du Bougnoule au sauvageon, voyage dans l'imaginaire français" (Harmattan), "Hariri, de père en fils, hommes d'affaires, premiers ministres (Harmattan), "Les révolutions arabes et la malédiction de Camp David" (Bachari), "Média et Démocratie, la captation de l'imaginaire un enjeu du XXIme siècle (Golias). Depuis 2013, il est membre du groupe consultatif de l'Institut Scandinave des Droits de l'Homme (SIHR), dont le siège est à Genève et de l'Association d'amitié euro-arabe. Depuis 2014, il est consultant à l'Institut International pour la Paix, la Justice et les Droits de l'Homme (IIPJDH) dont le siège est à Genève. Editorialiste Radio Galère 88.4 FM Marseille Emissions Harragas, tous les jeudis 16-16H30, émission briseuse de tabous. Depuis le 1er septembre 2014, il est Directeur du site Madaniya.

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