Pour la première fois en France, l’UFC organise son premier gala de MMA le 3 septembre 2022 à Paris

Pour la première fois en France, l’UFC organise son premier gala de MMA le 3 septembre 2022 à Paris 1920 1139 Serge & Michel Pautot

Par Maître Serge PAUTOT,
Vice-Président de la Fédération Française de Boxe et Délégué fédéral au MMA,
Docteur en droit et avocat au barreau de Marseille
contributeur https://www.madaniya.info/


L’UFC (Ultimate Fighting Championship) est la plus grande organisation d’arts martiaux mixtes (MMA) de sport en cage au monde. Les meilleurs combattants du monde entier s’affrontent dans l’UFC, faisant appel à différents arts martiaux et disciplines de combat.

Titulaire de nombreux contrats télévisuels, elle dispose de branches dans le monde entier et reçoit une couverture médiatique à très forte audience. Elle organise des événements un petit peu partout dans le monde, États-Unis, Canada, Japon, Brésil et dans de nombreux pays européens. Pour la première fois en France, l’UFC organise son premier gala de MMA à Paris le 3 septembre 2022. Depuis la reconnaissance du MMA en France, d’autres organisateurs ont déjà présenté des spectacles dans le pays. MMA désigne en anglais «Mixed Martial Arts» qui peut se traduire en français par Arts martiaux mixtes ou mélangés.

La France à Abou Dhabi aux Championnats du Monde de MMA amateurs

La France, pour la première fois de son histoire, a participé à Abou Dhabi aux championnats du Monde de MMA ou le sport en cage. Ces championnats se sont déroulés du 23 au 29 janvier 2022 dans la capitale des Émirats Arabes Unis. La délégation française de 5 athlètes avaient été sélectionnés lors du championnat de France qui s’est déroulé les 7, 8 et 9 janvier à Evry-Courcouronnes, banlieue parisienne.

Organisé par la Fédération internationale de MMA amateur (IMMAF) présidée par le Britannique Kerrith BROWN, la compétition phare annuel s’est déroulée à l’Arena Jiu-Jitsu de Zayed Sports City, près de l’UFC Fight Island (l’île de Yas).

La capitale des Émirats arabes continue de consolider sa réputation en tant que l’un des principaux lieu de combat au monde.
Avec des médailles d’or, d’argent et de bronze disponibles dans 16 catégories de poids masculines et féminines dans les divisions junior et senior, la compétition des nations de la Fédération internationale d’arts martiaux mixtes s’est disputée dans une enceinte sportive composée de 4 cages sur 6 jours. 421 athlètes de 56 pays étaient présents pour concourir.

Trente neuf (39) pays ont participé à cette compétition: Australie, Autriche, Bahreïn, Bulgarie, République tchèque, Angleterre, Estonie, France, Allemagne, Grèce, Guyane, Inde, Irak, Irlande, Italie, Jordanie, Kazakhstan, Kirghizistan, Liban, Lituanie, Malaisie, Mexique, Norvège, Népal, Pologne, Polynésie, Portugal, Russie, Arabie saoudite, Slovénie, Slovaquie, Afrique du Sud, Espagne, Suède, Tadjikistan, Trinité-et-Tobago, Turquie, Ukraine et États- Unis.

Les pays ayant remporté le plus de médailles sont la Russie, le Kazakhstan, le Tadjikistan. La monarchie du Bahreïn bénéficiant en particulier de combattantes et combattants venus du Brésil ont défendu avec succès ses couleurs. Les athlètes français ont atteint le quart de finale. Un beau résultat pour une discipline qui vient seulement d’être autorisée en France.

Une discipline longtemps interdite en Europe

Implantée depuis une vingtaine d’années en France, la discipline demeurait toutefois interdite à la compétition et n’avait pas d’existence légale. Le Conseil de l’Europe avait pris le 22 avril 1999 une recommandation (R.99-11) interdisant les combats libres comme la lutte en cage, ajoutant «les combats tels que la lutte en cage ne peuvent être considérés comme un sport ou comme un art martial, mais en réalité un danger pour les spectateurs, compromettent la santé des combattants et ont des liens avec des activités illégales, notamment les jeux d’argent».

Le Comité ministériel avait recommandé aux gouvernements des États membres d’entreprendre toutes les mesures nécessaires pour «interdire et empêcher les combats libres tels que la lutte en cage».

Mais, en 2021, le Conseil de l’Europe a officiellement remplacé sa Recommandation d’interdire le MMA. L’instance européenne considère désormais cet avis comme obsolète et a lancé un appel aux États afin qu’ils reconnaissant et régulent la discipline.

La recommandation justifie cette volte-face par divers arguments dont celui comme suit:«Notant les récentes recherches sur le diagnostic, le traitement et les conséquences des commotions cérébrales sur la santé, tenant compte de l’évolution importante des arts martiaux et des activités de combat extrêmes depuis le début de la décennie 2000, par exemple en ce qui concerne la lutte en cage et les événements de combats libres, tant en termes de nombre de pratiquants, d’intérêt pour cette activité physique que d’enjeux économiques au niveau mondial, de visibilité croissante et de promotion des combats à travers les vecteurs médiatiques traditionnels, le e-sport et les jeux vidéo»….

Des dirigeants français pour le MMA

La France avait précédé cette recommandation puisque la délégation des Arts Martiaux Mixtes (MMA) venait d’être accordée à la Fédération française de boxe par Arrêté du Ministère des sports en date du 31 janvier 2020, paru au journal officiel du 7 février 2020.

La Fédération, présidée par Dominique NATO donnait par l’intermédiaire de son comité directeur à Me Serge PAUTOT, Vice-Président de la fédération, délégation à ce dernier pour œuvrer avec un cadre Technique de la Fédération, Mr Lionel BREZEPHIN et un agent extérieur, Mr Johnny FRACHEY, à la structuration et gestion de cette nouvelle discipline avec pour objectif de forger un code sportif jeunes et amateurs ainsi qu’un cahier des charges pour le déroulement des compétitions offrant là un environnement sécurisé pour la pratique compétitive.

De même un code sportif professionnel, cahier des charges des manifestations professionnelles présente des règles sur les conditions de prise de licence, de l’encadrement sportif, de l’obligation de qualification de l’entraîneur, des règles de déroulement des combats, de la liste des examens médicaux pour la pratique professionnelle en compétition. Et pour couronner l’édifice la formation des arbitres, garants en premier lieu, du bon déroulement du combat et de l’application du règlement approprié.

Une nouvelle mission de service public pour la Fédération Française de boxe

En confiant aux fédérations sportives la mission d’organiser les compétitions nationales ou régionales, le législateur les a chargées, bien qu’elles soient des associations régies par la loi du 1erjuillet 1901, de l’exécution d’un service public administratif.

Cette disposition législative permet de décerner les titres nationaux.

Cette reconnaissance légale est importante. Elle permet d’organiser des compétitions, décerner des titres et délivrer des diplômes pour les entraîneurs, et aux pratiquants de s’entraîner dans des salles à Paris comme ailleurs. Précédemment, ils allaient combattre à l’étranger. Cette situation hypocrite ne pouvait plus durer et la Ministre, Mme Roxana MARACEANU, a donc légalisé la discipline à la plus grande satisfaction des pratiquants. On peut d’ailleurs indiquer que des combattants avaient participé précédemment à des compétitions internationales sous l’égide d’associations et d’organisateur étranger.

L’engouement pour la discipline est grand. La cellule sports de combat du Centre national des sports de la défense (CNSD) souhaite organiser le premier championnat de France militaire qui devrait déboucher ensuite sur le premier Championnat d’Europe militaire en 2023.

Aujourd’hui, plus d’une centaine de clubs sont affiliés à la Fédération, plus d’un millier de pratiquants ont souscrit une licence pour pratiquants, entraîneurs et une trentaine d’officiels répartis sur tout le territoire avec une équipe médicale. Des constructeurs sont aussi sur le marché pour la construction des «cages» ainsi que les équipementiers pour les accessoires, mitaines, protèges tibias…pour permettre l’épanouissement de l’athlète en garantissant une sécurité optimale….

Le premier championnat de France de MMA

La Fédération Française de Boxe qui, à priori, n’avait pas une vocation spécifique à gérer cette discipline a été désignée pour plusieurs raisons. Elle a été créée en 1904, elle est olympique, elle possède un savoir-faire des sports de combat important, et les autres fédérations, celles de lutte ou de kick-boxing, bien que plus proches de la discipline, ne répondaient peut-être alors à tous les critères requis par le ministère des sports. Une fois notre Fédération désignée suite à l’appel d’offre du Ministère
Plus de cent clubs sont affiliés et nous totalisons plus de 1.500 licenciés. Il y a beaucoup plus de pratiquants mais la crise covid et l’interdiction durant cette période des sports de contact a beaucoup freiné les adhésions et affiliations. Mais il y a un engouement certain de cette discipline et le déroulement du premier championnat de France, il y a quelques semaines en région parisienne, en est une belle illustration.

Le premier championnat de France s’est déroulé les 7-8-et 9 janvier 2022 au sein du gymnase François-Mauriac à Evry-Courcouronnes. Cette manifestation de grande ampleur, grande première pour le MMA français, a réuni plus de 3OO participants.

Cet événement avait également pour ambitions de sélectionner les athlètes qui représenteraient nos couleurs pour les championnats du monde IMMAF du 23 au 29 janvier Abu Dhabi. Une première d’une équipe de France aux championnats du Monde, s’inscrit dans l’histoire du sport français. Et nous n’avons pas été ridicules. Bien au contraire, nos représentants accédant jusqu’aux quart de finale face à des combattants parfaitement aguerris.
La reconnaissance du M.M.A en France est chose faite, il ne reste plus qu’à le développer, le structurer.

Un sport de combat issu de divers arts martiaux

L’acronyme MMA désigne en anglais le Mixed Martial Arts qui peut se traduire en français par Arts Martiaux Mixtes ou Mélangés. Pour des historiens du sport, l’origine d’un combat sans règles viendrait du Brésil en 1930 et le début de l’essor du MMA date de 1993 avec un tournoi à élimination directe réunissant huit combattants, le ring étant un octogone fermé par deux grillages. Il s’agissait d’un tournoi permettant de confronter différents styles d’arts martiaux et sports de combats dans des règles libres. Ce que l’on appelait le «free fight» va devenir MMA, «mixed martial arts».

Le MMA est implanté dans de nombreux pays depuis un certain nombre d’années. C’est un sport de combat tridimensionnel qui regroupe des techniques issues de nombreux Arts Martiaux et sports de combat (judo, jiu jitsu brésilien, boxe, karaté) pour former une discipline singulière avec ses propres spécificités.
Sport complet, le MMA intègre donc des techniques de percussion (pied, poing, genoux et coude en professionnel) debout mais également au sol (on parle de ground and pound). Nous retrouvons également des techniques de projection et balayages ainsi que des soumissions (clé articulaires, étranglement sanguin).

  • L’aire de combat au MMA: Je n’aime pas beaucoup le terme de «cage». Je préfère le terme qui est retenu dans notre code sportif de «zone de combat», on parle aussi d’aire de combat, voire d’octogone. De même, il ne s’agit pas d’un grillage de métal mais d’un alliage souple recouvert d’une gaine élastique, fils plastifiés, et le sol de l’aire de combat doit être rembourré avec une couche de 4 cm à 5 cm de mousse. Comme on peut le constater tout est sécurisé outre la protection du combattant.
    Les deux combattants s’affrontent sur un ring ou dans un espace clos qui offre des possibilités techniques propres à la discipline (cage control). Mais, cet espace constitue avant tout un sas de protection pour les athlètes : pas d’éviction possible en dehors de l’aire de combat.
  • La tenue: Les athlètes professionnels sont équipés de gants en forme de mitaines, ainsi que d’un protège-dents et d’une coquille protégeant les parties intimes. Pour la tenue, ces derniers sont libres de porter un short de combat confectionné dans une matière souple et légère. Chez les amateurs, les mitaines de combat sont plus épaisses et les athlètes revêtent des protège-tibias.
  • Gagner un combat: Une rencontre de MMA peut se gagner par K.O ou TKO (Technical KO), soumission (étranglement, clés articulaires) ou par décision (partagée ou unanime) selon la décision des trois juges présents. Les matchs nuls sont également possibles.
Le CSA et la retransmission TV des combats MMA

L’assouplissement de la réglementation audiovisuelle sur les retransmissions de compétitions de MMA a constitué un événement clé pour le développement de la discipline dans notre pays.  Le CSA a autorisé en effet  les éditeurs de services de télévision et de services de médias audiovisuels à retransmettre des combats amateurs et professionnels de MMA se déroulant en France et régis par la Fédération Française de Boxe, et diffuser des images de tels combats.

Les paris sportifs autorisés sur les combats

L’activité des paris sportifs (en ligne exclusivement, la partie off-line étant assurée monopolistiquement par la Française de jeux en tant que délégation de pouvoir public) sur le territoire français est un marché régulé depuis 2010, ce qui signifie qu’un organe de régulation (l’Autorité de Régulation des Jeux en Ligne – ARJEL de 2010 à fin 2019, puis l’Autorité Nationale des Jeux – ANJ depuis début 2020) délivre des licences, octroyées à des opérateurs, pour une durée de 5 ans, en contrepartie d’un cahier des charges techniques strict (transmission de l’ensemble des transactions, lutte contre les activités frauduleuses, protection des joueurs) et d’une taxe financière de 54,9% sur le Produit Brut des Jeux réalisé par les opérateurs.

Depuis 2020, il existe 14 opérateurs agréé ANJ, et les compétitions sportives autorisées comme support de paris sportifs en ligne fonctionnent sur un principe de WHITELIST. Cela signifie que l’ANJ doit approuver, en collège (réuni tous les mois environ), l’ensemble des sports, compétitions, et type de paris qui pourront être proposés par les opérateurs. Tant que l’ANJ n’a pas fait la validation explicite d’un sport, d’une compétition ou d’un type de pari, aucun opérateur ne peut les proposer à ses clients. Par ailleurs, l’exclusivité ne peut pas exister, c’est-à-dire que le droit d’offrir un sport, une compétition ou un type de pari est possible ou impossible pour l’ensemble des opérateurs obligatoirement.

L’univers des fédérations et organisateurs

Le MMA amateur est régi à l’échelle mondiale par l’IMMAF (International MMA Federation) qui a été fondée le 29 février 2012. A ce jour, nous précise Vincent Pedemonte, l’IMMAF compte plus d’une centaine de fédérations nationales membres dont la FF Boxe. Des compétitions sont organisées chaque année avec des athlètes représentant les fédérations, championnats du monde, opens continentaux, Europe, Pan-Am, Afrique, Asie, Océanie… nous indique Nicolas Davies, chief strategy officer.

Ce sont les fédérations nationales qui rassemblent l’ensemble des associations sportives affiliées ainsi que les structures sportives associées qui pratiquent en leur sein cette discipline dans le respect des règles édictées par leurs statuts et réglementation.

Au-delà des fédérations et clubs, coexistent des structures privées qui organisent le MMA. Ces organisateurs professionnels sont nombreux. On peut citer tout d’abord le plus important au niveau mondial, l’UFC, crée en 1993, dont le siège est à Toronto (Canada), titulaire de nombreux contrats télévisuels et dispose de branches dans le monde entier (USA, Europe et Australie). L’UFC est de plus en plus populaire et reçoit une couverture médiatique à forte audience. Elle organise des événements un peu partout dans le monde (États unis, Canada, Japon, Brésil, Suède, Allemagne, Irlande, Australie, Chine, Mexique … mais aussi dans de nombreux pays européens (Allemagne, Royaume – Unis, Italie, Espagne, Suisse, Belgique, Pologne, Luxembourg …).

Il existe également Bellator, fondée en 2008, dont le siège est en Californie, qui est considérée comme la deuxième plus grande organisation de MMA. Il a organisé le deuxième gala de MMA en France en date du 9 octobre 2020. Mais il existe d’autres organisateurs, Cage Warriors, PFL, ACA, Oktagon, UAE Arabia.

En France, on peut citer d’abord comme organisateur historique 100% Fight, Cependant, la première organisation de spectacles de MMA légalement autorisée est celle qui s’est déroulée le 8 octobre 2020 par l’association Obyfight team pro, en présence de la ministre des Sports Roxana Maracineanu.

Il y a également Ares qui a organisé le 27 janvier 2022 sa troisième réunion et aussi, Hexagone MMA, MMA Grand Prix et soirées organisées par des clubs: MMA Factory, FFC Miramas, Goliath Mma, SMHE Team, ATCH Academy, Duca Fight Time, Team Sorel, Full contact Académy, American boxing…
Le MMA, comme la boxe, aime évoquer les «combats du siècle». Celui du 22 janvier 2022 est dans toutes les têtes, opposant en Californie deux poids lourds Ciryl Gane à Francis Ngannou, ce dernier vainqueur et déjà considéré comme l’homme le plus fort du monde avec ses 113 kg de muscle et de puissance. La France a été placée au premier rang de ce combat du siècle, les deux combattants ayant été formés au club parisien MMA Factory…. Décidément, le MMA est bien présent dans l’Hexagone.

Serge & Michel Pautot

Avocats au barreau de Marseille, spécialistes du Droit du Sport, Rédacteurs en chef de LEGISPORT

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