« Marseille : Les arrière-plans d’une visite »

« Marseille : Les arrière-plans d’une visite » 1618 809 La Rédaction

Avec l’aimable autorisation de la revue golias https://www.golias-editions.fr/
par Gilles Herlédan

Retour sur cet événement par une lecture critique.

Le président de la République, Emmanuel Macron, qui, récemment, a réitéré son souci de voir la laïcité s’appliquer sans faille à l’École publique, a assisté à la messe lors de la venue de François à Marseille.

Était-ce une décision opportune dans le contexte actuel ? On peut craindre que non. Il sera aisé pour beaucoup- de bonne ou de mauvaise foi- d’opposer la proscription de l’abaya et l’ostentation présidentielle à la messe. Ils auront beau jeu de dire que l’État est laïque contre les religions qu’il opprime tandis qu’il favorise celle de son chef. Parfois, on en vient à se demander si favoriser la confusion n’est pas le propre d’une politique qui vise à priver les citoyens de repères clairs pour interdire le débat public propre à la démocratie.

Puisque l’Église- en acceptant le deal mussolinien des accords du Latran- a choisi de ne pas renoncer au pouvoir temporel, le pape est le chef d’un État théocratique dont le gouvernement ne répond, ipso facto, à aucun des critères de la démocratie. Il n’est pas le seul dans ce cas. C’est donc en chef d’État qu’il peut être invité par d’autres chefs d’État et les recevoir en fonction de nécessités du pouvoir et de la diplomatie. En dehors de tout partage de philosophie ou de foi des uns et des autres, ce sont les formes traditionnelles de courtoisie qui sont respectées lors de ces rencontres. En ce sens, le Vatican (1) et son chef se montrent très «laïques»! Mais ce n’est pas toujours le cas.

Le Vatican est membre ou observateur de différentes institutions internationales, conférences et actions organisées par celles-ci. Par exemple, il est «observateur permanent» à l’ONU dont il n’est pas membre. Lors des conférences mondiales consacrées à la promotion des droits des femmes, le Vatican a souvent fait alliance avec des Etats totalitaires et des théocraties pour s’opposer à ce que les droits des femmes à la santé et à la maîtrise de la fécondité soient établis comme des normes internationales.

En 2020, Francesca Di Giovanni, sous-secrétaire aux affaires multilatérales au Secrétariat d’État du Vatican, lors de la réunion de haut niveau des Nations unies à l’occasion du 25e anniversaire de la conférence de Pékin sur les femmes, déclarait: «Plutôt que d’investir des ressources pour remédier à ces carences [nutrition, assainissement] et améliorer la santé et le bien-être général des femmes, certains ont trop insisté sur certains aspects de la santé sexuelle et reproductive des femmes, notamment la suppression de leur capacité à devenir mères.» Vraiment ?

Dans le monde, 45 % des interruptions volontaires de grossesses s’effectuent dans des conditions dangereuses pour les femmes. Cependant, à la Commission de la condition des femmes aux Nations unies, une coalition de pays, menée notamment par la Russie, le Brésil, l’Arabie Saoudite, le Vatican refuse que cette question soit seulement abordée (2). Le Vatican ne répugne pas à agir comme une puissance politique qui tend- en très mauvaise compagnie- à imposer sa morale religieuse comme norme pour faire obstacle aux droits des femmes du monde entier.

Lorsque le pape, invité par l’État, vient en France, il s’agit d’une visite officielle. En conséquence, toutes les mesures nécessaires à son accueil et sa sécurité sont prises en charge par la République. Si, à l’occasion d’une telle visite, l’Église de France organise une cérémonie religieuse (en général messe de masse), c’est à elle qu’incombe les frais inhérents à l’événement. Dans ce cas, c’est le chef d’un groupe religieux qui est à l’œuvre dans le cadre d’un événement privé et non pas le chef d’un Etat.

Les Rencontres méditerranéennes, organisées par le diocèse local, se sont définies elles-mêmes comme «un festival culturel méditerranéen ouvert à tous et un grand “village” de communautés méditerranéennes, d’associations solidaires ou culturelles et de mouvements engagés dans l’écologie et le dialogue».

Le pape avait clairement précisé: «Je ne viens pas en France.» Cependant, la venue d’une personne mondialement connue, pouvant être l’objet d’un attentat et occasionnant le déplacement d’une foule importante, nécessite des moyens de protection de sa personne et des participants aux événements dont elle est le centre d’intérêt et la cause.

Les frais engagés sont considérables puisque 5 000 policiers (y compris des démineurs et des dronistes) et 1.000 agents privés ont été à pied d’œuvre (cf. Golias Hebdo n° 784), sans parler du matériel, barrières, systèmes divers de barrages routiers, etc. L’Armée de l’air a aussi été mobilisée pour assurer- ça ne s’invente pas- une «bulle» de sécurité aérienne. Sans doute Croix-Rouge et Protection civile ont aussi été activées. La présence du président de la République aura au moins eu le mérite de ne pas avoir à se demander qui paie une partie de la note. Le diocèse de Marseille doit encore financer une somme impressionnante.

 1- Les exigences mondaines

Pour financer les frais engagés, l’Église de France supporte des frais dont on aura toujours à se demander si les montants n’auraient pas été mieux utilisés, par exemple, au profit des plus démunis. La contribution des fidèles devrait avoir été généreuse puisqu’ils auront contribué deux fois. Une contribution financière était demandée pour assister à la messe au cours de laquelle, de plus, la quête habituelle a été faite.

Certains qui s’en étonnent ont trouvé cette information sur le site des paroisses d’Aix et Arles: «La participation à une messe a toujours été gratuite mais l’organisation de cet événement unique représente une charge conséquente pour le diocèse de Marseille. C’est pourquoi, le diocèse nous demande une participation de 12 euros/personne inscrite. (…) Vos billets nominatifs d’accès au vélodrome, lors de la journée du 23 septembre, vous seront remis au presbytère début septembre. (…) Attention avec les jeunes enfants ! Les cars seront garés au Port Autonome de Marseille. La suite du trajet se fera en métro. L’accès au rassemblement ne pourra pas se faire avec une voiture.»(3). C’est un peu vertigineux et on n’a guère laissé venir les petits enfants.

La messe a coûté 800 000 euros d’après le diocèse de Marseille (4) : «L’OM a des exigences pour protéger la pelouse qu’il faudra recouvrir pour ne pas l’abîmer. Il faudra également installer un autel et aménager un accès pour que le pape puisse y accéder.» Nous ne savons pas encore si la quête a rapporté les 500.000 euros attendus, mais le diocèse avait prévu d’emblée un déficit autour de 300 000 euros, ce qui n’est guère prudent.

Un millier de choristes, 1.000 prêtres et 150 cardinaux étaient présents. Cette démesure matérielle nous semble contrevenir par plusieurs aspects au message de Celui qui disait que le Temple n’est pas fait de pierres. Et pourquoi choisir encore, comme trop souvent, un stade? Ces enceintes ne vibrent-elles pas tellement de cris de chauvinisme, de haine assez souvent raciste qu’on ne peut en entendre l’écho?

En ce cinquantième anniversaire du coup d’État de Pinochet, il est vraiment difficile de ne pas se souvenir et de constater, aujourd’hui encore, que les juntes sanglantes y enferment avec prédilection leurs victimes avant de s’y auto-célébrer. Placer 1 000 choristes dans le virage nord du stade de l’OM n’a pas fait oublier que l’UEFA (Union européenne des associations de football), que pas grand-chose n’émeut en général, avait tout même sanctionné l’OM en fermant son virage nord (plus 98 000 euros d’amende) en mai 2022, suite aux incidents survenus entre supporters également abrutis du Paok de Salonique et de l’OM, à l’occasion d’un quart de finale d’une coupe européenne (5).

Outre cette malheureuse symbolique, très concrètement certaines décisions sont apparues contestables. Le pape avait souhaité «réunir des religieux de chacun des pays de la Méditerranée, qui sont tous confrontés aux mêmes problématiques, qu’elles soient migratoires, à propos de la faim ou du pouvoir d’achat et de la transition énergétique» (6) . Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il y a eu peu de congruence entre les moyens utilisés et les buts recherchés. Le «bilan carbone» des festivités marseillaises devra être examiné d’un peu près! Déplacer tant de monde, juste pour se voir, et prétendre ensuite qu’il faut être sobre en matière de dépenses d’énergie n’est pas très convaincant.

On nous dira sans doute que la participation à cette messe, bien que dans de telles conditions spectaculaires, ne consistait pas seulement à se voir, mais participait d’une communion.

C’est en effet souhaitable et sans doute un peu vrai. Mais alors, ne suffisait-il pas qu’aux entours de la Méditerranée et autres lieux, des cathédrales au plus minuscules chapelles et oratoires, des fidèles soient réunis en intention et prières avec le pape et une assemblée bien plus modeste en ses dimensions et son coût? N’aurait-il pas été plus pertinent de maintenir au long des semaines prières et témoignages. Nous devons, malheureusement, croire que la part du spectaculaire a été ici prépondérante et sera néanmoins très  fugace dans les suites données.

2- «On ne saurait mordre la main qui nourrit»

Cela n’est pas, non plus, sans prix, dont celui de la liberté. Pour boucler le budget de la venue du pape et de la messe, l’Église a dû recourir à l’aide de sponsors (cf. Golias Hebdo n° 784). Sans surprise, il s’agit de sociétés disposant de fonds importants. Parmi ceux-ci TotalEnergies et l’armateur CMA-CGM. Il n’était pas rare, en d’autres temps, que plus ses crimes étaient grands, plus le prince peu assuré de son salut élevait une chapelle somptueuse pour abriter son tombeau et dotait richement les clercs dévoués à prière perpétuelle pour arriver, bien propre, devant saint Pierre. Les temps changent, mais pas tant que cela!

Total, acteur majeur de la crise climatique par l’usage sans limite des carburants fossiles, CMA-CGM, pollueur impénitent par le carrousel effréné de ses navires au service du commerce mondialisé qui épuise les travailleurs du «Sud» et détruit économies et sociétés locales, vont se fendre de quelques milliers d’euros pour un petit greenwashing. On verra mal l’Église trouver, dès lors qu’elle dépend de ces maîtres d’occasion, s’opposer à leur puissance pour dénoncer leurs actions délétères si caractéristiques de l’économie à laquelle le pape a maintes fois exprimé sa plus vive opposition. D’ailleurs, la démonstration a déjà été faite il y a peu, quand plusieurs centaines de jeunes catholiques avaient interpellé les évêques français à propos des projets de Total en Ouganda. Ceux-ci avaient répondu en mettant plus en garde contre le fait «d’attaquer nommément les personnes ou les entreprises» que sur l’objet des questions posées (7). On ne saurait mordre la main qui nourrit!

3- Le spectacle imaginaire

Tout spectacle suppose un public. À Marseille, il y en avait deux. L’un visait à renforcer la cohésion du groupe par l’effet de masse qui écrase les différences d’analyse et d’implication des participants, fait une unanimité d’artifice. On ne saurait penser que tous les assistants à la messe partageaient les mêmes préoccupations à l’endroit de l’environnement ou de l’accueil des migrants. C’est bien plutôt pour oublier l’importance de ces différences que la puissance du nombre provoque l’illusion de l’unité. Cet aspect a été conceptualisé- entre autres- par Sigmund. Freud dans sa Psychologie des foules. Chaque individu se trouve relié à un autre et finalement tous entre eux, non pas du fait d’un choix interpersonnel raisonné, mais de l’identification commune à une figure d’autorité. Celle-ci ne saurait défaillir sans entraîner la dissolution du groupe.

De ce fait, les groupes religieux sont plus solides que beaucoup d’autres (comme les partis politiques, les groupes militants), car la figure d’identification primordiale n’est pas de ce monde. Elle est ainsi protégée des défaillances individuelles toujours possibles. Peu importe les errements de tel ou tel de ses membres, même les plus puissants, l’Église demeure intangible- dit-elle- puisqu’elle est le seul médium qui permet à chacun de s’identifier à  la Figure du Christ.

L’autre public que les réunions de masse organisées par l’Église vise à atteindre est «l’opinion» telle que les politiciens et les médias la constituent. Les médias n’ont pas manqué de rendre compte, à leur manière, de la venue du pape, en montrant des images de l’assemblée dans le stade plein à ras bord, etc. Pour l’Église de France qui peine à pourvoir ses paroisses de prêtres et voit l’assistance à ses messes se raréfier de manière continue et assez inexorable, la monstration dans les médias d’une foule importante a incontestablement un effet capable de dissimuler une part de la réalité. C’est l’effet bien connu du slogan publicitaire « vu à la télévision ». Il s’agissait donc d’agir, en plus de conforter le groupe des fidèles, d’avoir un rôle politique.

4- La politique donc…

François est venu à Marseille pour donner une conclusion solennelle aux travaux de ces Rencontres, consacrées notamment aux problèmes environnementaux et humains qui affectent particulièrement la Méditerranée. Les derniers cataclysmes naturels (8) et les déplacements de populations désespérées, qui la transforment en cimetière, en illustrent l’intense gravité et le besoin de solutions urgentes et au long cours.

Plus que les gouvernants des pays riverains de la Méditerranée et de la planète entière, le pape y a réfléchi en considérant non seulement les besoins matériels mais- par delà les ressources techniques palliatives- la possibilité pour l’humanité de continuer à vivre «humainement» sur Terre.

Comment s’étonner que, pour le pape, cette sauvegarde, si ce n’est cette restauration d’une «humanité» plénière se trouve fondée sur la base du dogme catholique? Elle en porte nécessairement les valeurs et les défauts. Notamment le concept hasardeux «d’écologie intégrale» qui, par la référence à une supposée loi de la nature, supérieure aux institutions humaines démocratiques, ouvre la voie à des interprétations parfois extrémistes (par exemple à propos des femmes ou de la bioéthique) et qui n’ont de sens que pour les seuls catholiques romains plutôt fondamentalistes.

Laudato si’ est cependant une contribution notable parmi d’autres- elles aussi objet de discussions- au discernement de quelques-unes des tâches les plus essentielles et urgentes qui échoient aujourd’hui aux peuples et à leurs dirigeants.

À quel titre le président de la République française a-t-il assisté à la messe de Marseille ?

Le moins que l’on puisse dire, c’est que la confusion est à son maximum, surtout après la prohibition de l’abaya au titre de la laïcité. Quand l’Élysée croit trouver la réponse, les «communicants» en remettent une couche en matière d’ambiguïté! «Emmanuel Macron sera présent à la messe en tant que chef de l’État, mais n’y participera pas.» Le pape a bien affirmé qu’il ne venait pas en France, c’est-à-dire pas en chef d’État. Quant à la différence entre assister et participer… Doit-on en déduire que le corps était là et l’esprit ailleurs? Il est certain que le président de la République ne saurait être présent corps et âme, pour entendre sans quelque agacement les ardentes exigences du pape en matière d’environnement et d’accueil des migrants. Elles sont totalement opposées à ses options. Ce que montre l’inaction de ses gouvernements successifs à propos de l’environnement, voire leur appui aux projets qui l’endommagent (méga-bassines, autoroutes), la construction d’un fictif «éco-terrorisme», la complaisance envers les multinationales de la pollution, etc.

De même, à propos des migrants, la recherche frénétique d’une majorité à l’Assemblée nationale conduit le gouvernement à surenchérir avec LR (et ipso facto avec le RN) en matière d’hostilité à l’égard de «ceux qui n’ont pas vocation à rester chez nous». Ils n’ont traversé le Sahara, subi les pires abus en Libye ou en Tunisie et finalement risqué la mort en Méditerranée-  assez souvent avec femmes et enfants-, que pour venir manger notre pain!

Pour ce qui concerne la laïcité, le moment était des plus mal choisis par le président, qui semble accorder à la religion catholique un sort particulier. Le 15 septembre, il répondait aux critiques de la gauche. Un premier élément de son argumentation était peu pertinent, puisqu’il évoquait encore le «rang de chef d’Etat du pape». L’autre partie de son argumentation est formellement plus exacte: «L’État est neutre. Les services publics sont neutres, nous préservons l’école aussi et nous l’avons rappelé en cette rentrée», faisant allusion à la querelle sur l’abaya. Le problème, c’est que depuis des années bien des faits et des déclarations ont créé une ambiance qui rend aux yeux de beaucoup de personnes ces paroles peu crédibles. En déniant constamment, obstinément, déraisonnablement qu’il existe des contrôles au faciès, des manifestations de racisme dans la police ou diverses autres institutions de la République, le pouvoir peine à faire entendre clairement ce qui est devrait être clair: l’État est neutre. Il serait bon qu’au moins il paraisse vouloir l’être et en donne quelques témoignages.

Il est exact que la laïcité ne s’oppose pas à l’expression publique d’une conviction religieuse ou philosophique qui ne contrevient pas aux lois de la République (négationnisme, racisme, discrimination liée à l’orientation sexuelle, etc.).

Le président n’est pas tenu de taire ou dissimuler ses croyances ou ses convictions s’il en a. Ce qui est certain, c’est qu’en sa qualité de premier magistrat du pays, il ne doit pas les exprimer et les manifester de telle sorte que le public pourrait y voir l’expression de quelque accréditation officielle des unes et de discrédit des autres.

En ce sens, il serait assez cohérent que ce qui est exigé de tout agent des services publics dans sa relation avec les usagers- une absolue neutralité- inspire les comportements du président. C’est quelque peu exigeant, puisque toute manifestation publique du président se doit alors d’être neutre, mais cela fait partie des obligations de la fonction (que nul n’est contraint d’exercer, même s’il déplore que ce soit seulement pour deux mandats).

Pour témoigner de sa neutralité, le président a célébré la rupture du jeûne du ramadan en 2017. À cette occasion, il a évoqué la nécessité de combattre «l’islam qui organise une ségrégation au sein de la République : il faut être vigilant contre tout ce qui façonne des formes de repli identitaire» (9).

Il s’est rendu en 2019 au traditionnel dîner du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF) pour affirmer sa volonté de s’opposer à toute forme d’antisémitisme. Discours bien différent! Traiter de manière vraiment neutre et sans préjugés les différentes religions, est un exercice périlleux et finalement plus ambigu que nécessaire.

5- Une étrange insistance

Macron semble avoir fait une affaire toute personnelle de côtoyer le pape «quoi qu’il en coûte» à Marseille. Pourquoi s’engager dans de telles complications? L’amour propre n’y était certes pas étranger. Le président avait très mal pris la petite malice du pape: «Je ne viens pas en France.»

C’est donc seulement, Mme Elisabeth Borne, premier ministre,  qui a accueilli le pape à son arrivée. M. Macron aurait aimé un dîner avec le pape, mais cela n’a pas été agréé. Seul, un entretien bilatéral après la messe du vélodrome a été accordé. Finalement, le pape et le président de la République ne sont pas d’accord sur grand-chose. Sur l’environnement et les migrants, rien en commun. Le texte sur la fin de vie (qui semble d’ailleurs mériter mieux que le veto romain inconditionnel) n’a pas été examiné dans les délais prévus pour, précisément, ne pas froisser le pape. Cela n’a pas été suffisant semble-t-il pour que celui-ci accepte de paraître cautionner les options du président dont il est beaucoup plus éloigné que celui-ci voudrait le faire croire.

Références
  1. Saint-Siège ou Vatican? Le Saint-Siège est une entité morale, le Vatican une réalité étatique. Par commodité dans notre texte, nous utiliserons «Vatican» comme on dit «France» pour signifier aussi «République française» et l’ensemble des valeurs que cet intitulé devrait impliquer.
  2. D’après https://www.jean-jaures.org/publication/droit-a-lavortement-la-guerre-froide-contre-les-femmes-na-jamais-cesse/
  3. https://paroisses-aixarles.fr/chateaurenard-noves-eyragues/actualites/agenda/38400-preinscription-messe-du-pape-francois-a-marseille/
  4. https://france3-regions.francetvinfo.fr/provence-alpes-cote-d-azur/bouches-du-rhone/marseille/visite-du-pape-a-marseille-5-chiffres-sur-la-messe-un-peu-folle-qui-va-se-tenir-au-velodrome-2839694.html
  5. https://www.francebleu.fr/sports/football/sanctions-uefa-le-virage-nord-du-stade-velodrome-sera-ferme-en-demi-finale-retour-contre-rotterdam-1650383067
  6. Voir note 4.
  7. https://www.la-croix.com/Debats/TotalEnergies-Ouganda-lappel-deux-eveques-dialogue-militants-ecologiques-chretiens-2023-04-12-1201263052
  8. Les incendies en Grèce, le manque d’eau généralisé comme les inondations en Libye sont pour une part des faits «naturels»  accidentels survenant dans un contexte dégradé par les hommes. Cependant, c’est l’inadéquation des comportements humains qui aggrave immensément leurs conséquences. L’incurie de dizaines d’années de gouvernement en Grèce l’a laissée sans aucun moyen de secours efficace au moment du déclenchement des premiers incendies. En Libye, ce n’est pas la pluie qui a tué, mais la rupture de deux barrages laissés sans entretien, tandis que des généraux-bandits et marionnettes de luttes de puissances voisines croulent sous assez d’argent pour se livrer à une guerre civile impénitente. Les catastrophes ne sont jamais seulement naturelles.
  9. https://www.rtl.fr/actu/politique/emmanuel-macron-affirme-la-compatibilite-de-l-islam-et-de-la-republique-7789051414
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© HANDOUT / VATICAN MEDIA / AFP

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