Radio Orient, l’ultime fleuron de l’empire médiatique du clan Hariri, passe sous contrôle d’un holding des Émirats Arabes Unis.

Radio Orient, l’ultime fleuron de l’empire médiatique du clan Hariri, passe sous contrôle d’un holding des Émirats Arabes Unis. 1024 709 René Naba

La fin d’une parenthèse enchantée

Radio Orient, l’ultime fleuron de ce qui fut jadis l’empire médiatique Hariri, du nom du premier ministre et milliardaire libano saoudien Rafic Hariri, a été cédé en 2025 à un holding des Emirats Arabes Unis, mettant un point final à une parenthèse enchantée de 32 ans, durant laquelle la dynastie Hariri a dominé la vie politique libanaise, et largement influencé la diplomatie française en direction du Monde arabe, notamment du temps du duo Jacques Chirac-Rafic Hariri.

Le nouveau propriétaire et désormais actionnaire unique de Radio Orient est « RO Holding Limited (Emirats Arabes Unis) située dans l’émirat de Ras al Khaimah et enregistrée sous le nom d’ « International Corporate Center ICC 202 40 500.

Radio Orient agissait en sa qualité d’actionnaire unique de la société REGROUPEMENT DES RADIOS MUSULMANES DE FRANCE. Radio-Orient est une société par actions simplifiée au capital de 175.000 euros, dont le siège social est situé 98 avenue Victor Hugo, à Clichy (92110), immatriculée au registre du commerce et des sociétés de Nanterre sous le numéro 339 765 786;

Il n’a pas été possible de savoir si la cession est intervenue en comblement d’une dette de l’héritier du clan ou bien en reconnaissance de l’hospitalité que les Emirats Arabes Unis ont offerte à Saad Hariri, afin de l’aider à se renflouer de sa déconfiture politique et financière.

Mais le fait est que la cession de Radio Orient à un holding des Emirats pourrait infléchir sensiblement la ligne éditoriale de cette station auparavant de sensibilité libano-saoudienne, compte tenu de la sourde rivalité qui oppose l’Arabie saoudite aux Emirats Arabes Unis et de l‘animosité qui règne entre les dirigeants des deux pétromonarchies, le saoudien Mohamad Ben Salman, et celui d’Abou Dhabi, Mohamad Ben Zayed, l’allié privilégié d’Israël dans la zone et de la droite radicale européenne, en raison de son hostilité farouche aux islamistes.

Pour aller plus loin sur ce thème, cf ces liens:

Sur les liens entre Abou Dhabi et l’extrême droite européenne, cf ce lien

Et l’article de Médiapart en date du 19 janvier 2026, “le plan secret des Emirats arabes Unis pour influencer le débat public interne en France”.

L’empire médiatique du clan Hariri

Institution de légende consubstantielle à l’histoire du Liban, Rafic Hariri, qui dirigera le gouvernement libanais pendant dix ans (1992-1998/2000-2003), a commencé par vouloir amadouer la presse libanaise en débloquant de sa cassette personnelle la somme de 250.000 dollars à titre de contribution à l’édification du nouvel immeuble du syndicat de la presse. A l’automne 1991, moins d’un an avant son accession au pouvoir, il s’est attiré ainsi les bonnes grâces du président du syndicat des journalistes, M. Melhem Karam, un homme à l’abri du besoin, propriétaire d’un important groupe de presse comprenant une publication francophone réputée «La Revue du Liban» et par ailleurs inamovible patron du syndicat depuis quarante ans.

Dans une opération de relations publiques visant directement les journalistes libanais, il n’hésitera pas, non plus, à affréter un avion spécial pour la couverture de la première visite de l’après-guerre du président libanais en France, M. Elias Hraoui, à l’automne 1991, régalant à ses frais la soixantaine de correspondants accourus pour la circonstance à Paris. Homme de pouvoir et surtout de pleins pouvoirs, Hariri ne souffrait pas la moindre contestation. La discordance l’insupportait au plus haut point, de même que le propos dubitatif ou plus simplement interrogatif.

De gré ou de force, par la séduction ou la contrainte, l’argent ou la violence, Hariri s’est ainsi constitué en 15 ans un véritable empire médiatique secondé par un aréopage de scribes laudatifs pour sa plus grande gloire et celle de ses projets. Bon nombre de journalistes ont succombé aux séductions matérielles par nécessité de survie dans un pays exsangue, ou plus simplement pour la satisfaction d’une vaniteuse soif de reconnaissance sociale que les fastes du pouvoir engendrent.

Se rendre en pèlerinage quotidien au City Café de Beyrouth au pied de la résidence du premier ministre et s’afficher en compagnie du porte-parole et distributeur de la manne haririenne, Nihad Machnouk, constituait alors un rituel du meilleur chic, le summum de la consécration professionnelle et de la considération sociale durant le passage de M. Hariri au pouvoir.

A sa mort, Rafic Hariri se trouvait ainsi, au terme de vingt-cinq ans de vie politique, à la tête d’un dispositif multimédia comprenant six vecteurs, dont une chaîne de télévision et une radio et des connexions dans six publications libanaises majeures. Signe d’oecuménisme ou d’opportunisme, le recrutement d’une cohorte d’une centaine de journalistes hétéroclites recouvre la gamme des sensibilités politiques libanaises et arabes, allant des anciens militants communistes aux miliciens des forces libanaises.

Au-delà de Radio-Orient, dont il s’emparera à la veille de son arrivée au pouvoir en 1992, Hariri a fondé une chaîne de télévision «Al-Mostaqbal» qui signifie «l’Avenir», titre annonciateur de son projet politique futuriste. Il rachètera la revue du même nom «Al-Mostaqbal», longtemps éditée à Paris par des nationalistes arabes luttant contre le colonialisme, avant de fonder un parti politique du même nom dont il confiera la direction à un ancien dirigeant communiste Mohamad Kichleh.

Radio Orient, un pavillon de complaisance dans une zone de non droit

Première radio communautaire arabophone de l’Europe continentale et de par son implantation la première radio arabophone d’Europe, Radio-Orient, émettant depuis Paris, média off-shore par excellence, a longtemps constitué un pavillon de complaisance dans une zone de non-droit, un condensé de l’histoire de la communication et des relations triangulairement ancillaires entre Paris, les pétromonarchies du golfe et le milliardaire libano-saoudien.

Radio Orient assurait ainsi la retransmission de la prière de vendredi en direct de La Mecque, y compris le sermon du prédicateur de l’islam rigoriste wahahabite, à destination de son auditoire musulman de France; un privilège exorbitant, incompatible  avec le principe de la laïcité qui régit la vie publique de l’unique pays au monde se réclamant de ce principe.

Sans s’embarrasser de considérations morales, les pays occidentaux avaient depuis belle lurette céder aux charmes discrets des pétrodollars et pour une poignée de dollars avaient vendu leur âme.

Sur ce point cf ce lien : https://www.madaniya.info/2018/02/02/europe-islam-djihad-pour-une-poignee-de-petrodollars-l-europe-a-vendu-son-ame-1-2

Toutefois, la bataille dans l’ordre symbolique ne s’arrêtera pas là. Rafic Hariri raflera les principaux titres de journaux libanais qui ont bercé des générations de militants nationalistes du dernier quart du XX me siècle: «Saout Al-Ourouba», la voix de l’arabisme, organe du parti Najjadé d’Adnane Hakim, journal mythique de la jeunesse musulmane de Beyrouth dont le mot d’ordre «le pétrole des Arabes doit revenir aux Arabes» sonnait comme un désaveu de la politique énergétique des amis de M. Hariri, les monarques pétroliers du Golfe pro-américain. Le milliardaire libano-saoudien s’emparera aussi du journal «Al-Hoda»  et d’un quotidien d’expression française «Le Matin».

Ces trois titres ne paraissent pas mais constituent une sorte de réserve stratégique. Leur mise en circulation devant être décidée en fonction des impératifs de sa politique, dans l’hypothèse notamment où s’imposerait la nécessité d’amplifier sa puissance de feu face à ses détracteurs ou encore pour gratifier d’une sinécure un serviteur zélé notabilisé par le titre envié de Directeur de journal. Au-delà de la satisfaction d’un clientélisme de bon aloi, la détention d’une licence d’un journal d’expression française répondait toutefois à un objectif éminemment politique: faire peser le risque d’une concurrence sur l’Orient-Le Jour, dans un marché exigu et le conduire à composition.

Ce journal, à tirage modeste sans rapport avec sa notoriété, se vit comme le grand quotidien francophone du Liban et de tout l’Orient arabe. Il a longtemps bénéficié, à ce titre, d’une subvention déguisée de la France sous forme de fourniture gratuite du papier journal, en guise de soutien à la Francophonie. «Le Matin», botte secrète de Rafic Hariri, ainsi que l’appât que représentait un soutien haririen à la candidature présidentielle du Directeur du journal, Michel Eddé, éternel postulant à la magistrature suprême, sera en fait son principal argument pour contraindre la bourgeoisie d‘affaires chrétienne francophone et francophile à sceller un partenariat politique et électoral avec le milliardaire libano-saoudien et l’introniser dans le sérail politique.

Toujours dans le symbole et sans doute par inclination pour ses amours de jeunesse, le mouvement des nationalistes arabes de Georges Habbache, dont il fut un sympathisant à Saida (Sud-Liban), il contribuera à l’acquisition par un de ses proches, M. Abdel Karim Khalil, de la revue «Al-Hadaf», porte-parole de l’organisation marxisante du Front Populaire pour la Libération de la Palestine (FPLP), longtemps dirigé par l’un des plus médiatiques dirigeants palestiniens, le poète Ghassane Kanafani. Même le prestigieux journal «Al-Nahar», longtemps porte-parole de l’intelligentsia libérale arabe ne résistera pas à l’attraction de M. Hariri.

Artisan de la révolution éditoriale qui a donné naissance au journalisme arabe moderne dans les années 1960, le propriétaire du Nahar, Ghassane Tuéni, ancien conseiller diplomatique du président Amine Gemayel, sera partenaire de M. Hariri, et son beau frère, Marwane Hamadé, l’un des plus actifs membres des gouvernements Hariri.

En 2002, toutefois, M. Hariri cédera ses parts dans «Al-Nahar» au prince libano-saoudien Walid Ben Talal, qui lui disputait le leadership sunnite de Beyrouth en raison de sa filiation avec l’ancien premier ministre et père de l’indépendance libanaise Riad el-Solh.

D’autres titres glorieux de la presse libanaise, qui furent en leur temps des porte-paroles de la coalition palestino-progressiste durant la guerre du Liban, ont paru par la suite réceptif à ses entreprises de séduction et à des subventions plus ou moins directes, notamment «Al-Charq» et «Al-Liwa».

Voulant sans doute désamorcer les oppositions, l’ancien premier ministre a ratissé large comme en témoigne l’organigramme de son empire médiatique.

Les noms des grandes familles musulmanes y côtoyaient ceux d’anciens membres des forces libanaises (milices chrétiennes) telle Rima Torbey, ou d’anciens militants marxistes tel Nassir al-Assaad et Tony Francis. Au sommet de la pyramide figuraient toutefois les représentants de la grande bourgeoisie musulmane notamment Assaad Mokaddem, ancien diplomate à la Ligue arabe et Mohamad Al-Samak, vieux routier du journalisme pro-saoudien, ancien conseiller politique de l’ancien premier ministre Saëb Salam et membre du dialogue islamo-chrétien, ainsi que Nihad Al-Machnouk, neveu d’un ancien dirigeant nationaliste de Beyrouth ou encore Nadim Al-Mounla, P.D.G. de «Future T.V.».

Cette chaîne sert de point de chute pour les anciens militants reconvertis au réalisme politique, tel Paul Chaoul, et pour d’anciens syndicalistes, tel Issam Jurdi, sans parler du poste de porte-parole de SOLIDERE, qui se voulait la vitrine de l’empire immobilier de M. Hariri, qu’il confiera paradoxalement à un journaliste au parcours cahoteux, Rached Fayed, qu’il évincera néanmoins alors que le journal «Le Monde» pointait du doigt, dans un tonitruant article paru en juillet 1998, «les crétinismes forcés des visiteurs de tous bords» consignés dans le bulletin trimestriel du groupe Solidere alors que le Liban faisait face à «une catastrophe patrimoniale sur fond de spéculation et d’argent blanchi».

De Télé Liban à la chaîne «Al-Mostaqbal» : De la rapine en guise de mécénat

Dans un pays frappé d’amnésie des suites de quinze ans de guerre inter factionnelle (1975-1990), dont les archives nationales ont été pillées, que cela soit le Musée National, la Bibliothèque de l’Université Libanaise ou même les archives de la Sûreté générale, les centres de documentation des organes de presse étaient devenus le lieu privilégié de la conservation de la mémoire.

Amputé de sa seconde moitié par quinze ans de guerre, le Libanais a vécu la guerre dans une sorte d’amnésie partielle, amnésique de l’autre moitié du Liban, amnésique du passé du Liban, amputé de ce qui faisait sa conscience nationale.

Promus au rang de mémoire vivante du Liban, les journaux, notamment les plus anciens et les mieux structurés, tels «An-Nahar» de la famille Tuéni et le groupe «As-Sayyad» de Saîd Freyha ont édité, au sortir de la guerre, de luxueux albums photographiques, souvent de qualité, à tonalité nostalgique, à portée pédagogique, à finalité mercantile, dans une opération qui peut se résumer en cette formule: la lacrimalité mémorielle au service du tiroir-caisse de journaux souvent à bord de l’apoplexie financière.

Le stock documentaire de Télé-Liban, le plus important stock d’archives audiovisuel d’un des plus anciens médias du Moyen-Orient, constituait à cet égard un véritable trésor de guerre. Hariri s’emparera de ce butin, mettant du coup la main sur un important patrimoine documentaire (images-sons), historique et affectif de la nostalgie libanaise d’avant guerre.

Le milliardaire fera acquisition de 49 pour cent des actions de Télé-Liban, la télévision officielle libanaise, au prix de cinq millions de dollars.

Il disposera ainsi pendant trois ans d’une tribune doublement officielle en tant que chef du gouvernement et en tant qu’homme d’affaires, actionnaire principal de la télévision publique. Mais au-delà de cette fâcheuse confusion de genre dans ses aspects politique et médiatique, l’affaire s’est révélée être une juteuse opération commerciale. Le chef du gouvernement a en effet gardé sa proie le temps de la duplication des archives, la télévision publique libanaise avant de la restituer, en généreux mécène, à l’État, s’épargnant, sous couvert de bienfaisance, le règlement de substantiels droit d’auteur.

Devant la pression parlementaire, M. Hariri a dû rétrocéder à l’état sa participation au prix de huit millions de dollars, empochant au passage une plus value de trois millions de dollars, avec en prime la totalité du stock documentaire de cette chaîne que ses collaborateurs ont dupliqué pendant les trois ans où leur patron en était le propriétaire.

Du grand art dans la dissimulation, la rapine sous forme de mécénat: Avant son appropriation par M. Hariri, Télé Liban disposait du monopole exclusif de la diffusion jusqu’en l’an 2.012. Après la revente de ses actions, la télévision publique avait perdu sur les deux atouts qui faisaient sa force, le monopole de diffusion et le monopole documentaire, dont elle est désormais privée.

La duplication à titre gracieux pour le compte de sa nouvelle chaîne privée Future TV du précieux stock d’archives du Moyen-Orient constitué par trente ans d’activités télévisuelles a en outre privé Télé-Liban de substantiels revenus au titre des droits de rediffusion.

Quoiqu’il en soit, la protubérance financière et médiatique du milliardaire libano-saoudien, de même que le comportement fugitif de son successeur, son fils cadet Saad, lors de la guerre destructrice israélienne contre le Liban, en 2006, qui lui a valu le sobriquet de “planqué” de Beyrouth, seront, toutefois, de peu de poids face la contestation de ses adversaires, les médias gravitant dans l’orbite du Hezbollah, dont la crédibilité puise sa force de la fiabilité de son chef, Hassan Nasrallah, artisan de deux glorieux faits d’armes contre Israël, le désengagement militaire israélien du sud-Liban, en 2000, et sa victorieuse riposte balistique dans l’hinterland stratégique israélien durant la guerre, de 2006, ainsi qu’ « Al Mayadeen », la chaîne fondée par Ghassane Ben Jeddo, un journaliste libano-tunisien, constituée par des dissidents de la chaîne du Qatar « Al Jazeera ».

René Naba

Journaliste-écrivain, ancien responsable du Monde arabo musulman au service diplomatique de l'AFP, puis conseiller du directeur général de RMC Moyen-Orient, responsable de l'information, membre du groupe consultatif de l'Institut Scandinave des Droits de l'Homme et de l'Association d'amitié euro-arabe. De 1969 à 1979, il est correspondant tournant au bureau régional de l’Agence France-Presse (AFP) à Beyrouth, où il a notamment couvert la guerre civile jordano-palestinienne, le « septembre noir » de 1970, la nationalisation des installations pétrolières d’Irak et de Libye (1972), une dizaine de coups d’État et de détournements d’avion, ainsi que la guerre du Liban (1975-1990), la 3e guerre israélo-arabe d'octobre 1973, les premières négociations de paix égypto-israéliennes de Mena House Le Caire (1979). De 1979 à 1989, il est responsable du monde arabo-musulman au service diplomatique de l'AFP[réf. nécessaire], puis conseiller du directeur général de RMC Moyen-Orient, chargé de l'information, de 1989 à 1995. Auteur de "L'Arabie saoudite, un royaume des ténèbres" (Golias), "Du Bougnoule au sauvageon, voyage dans l'imaginaire français" (Harmattan), "Hariri, de père en fils, hommes d'affaires, premiers ministres (Harmattan), "Les révolutions arabes et la malédiction de Camp David" (Bachari), "Média et Démocratie, la captation de l'imaginaire un enjeu du XXIme siècle (Golias). Depuis 2013, il est membre du groupe consultatif de l'Institut Scandinave des Droits de l'Homme (SIHR), dont le siège est à Genève. Il en est en outre vice-président de l'International Center Against Terrorism (ICALT), Genève; Président de l'association caritative LINA, opérant dans les quartiers Nord de Marseille, et Président d'honneur de 'Car tu y es libre", (Quartier libre), œuvrant pour la promotion sociale et politique des zones péri-urbaines du département des Bouches du Rhône, dans le sud de la France. Depuis 2014, il est consultant à l'Institut international pour la Paix, la Justice et les Droits de l'Homme (IIPJDH) dont le siège est à Genève. Depuis le 1er septembre 2014, il est chargé de la coordination éditoriale du site https://www.madaniya.info et animateur d'une chronique hebdomadaire sur Radio Galère (Marseille), jeudi de 16H-18H.

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