Déconstruction de la théorie du grand remplacement démographique de la France

Déconstruction de la théorie du grand remplacement démographique de la France 1440 720 René Naba

Déconstruction de la théorie du grand remplacement démographique de la France : Le grand remplacement ne résulte d’une invasion barbare des basanés de la planète, mais du bellicisme occidental.


Cette chronique est un condensé de l’intervention de René Naba au  café associatif « Rallumeur des Étoiles » – Martigues – Dimanche 10 octobre 2026.

Le calendrier de ce cycle de conférence figure sur ce lien :

Condensé réalisé à l’intention des auditeurs de Radio Galère Marseille
Chronique René Naba « revue de presse Halal sur des sujets Haram »
Programme « Harragas », module animé par Kamar Idir et diffusé jeudi 15 octobre : 16H-18H


 

Relayant les thèses de Renaud Camus, initiateur du fallacieux concept du «grand remplacement de la population française»,  Eric Zemmour, l’écrivain d’extrême droite française, a prétendu sur une chaîne de télévision française, sans que ces propos ne soient contestés, que « la généralisation des robots permettrait à la France de se débarrasser des immigrés ».

Certes la généralisation des robots leur permettra de se substituer aux humains dans de nombreuses tâches.

D’une ignorance redoutable, Eric Zemmour ignore non seulement qu’un tiers des Français est d’origine étrangère, mais que la France pâtit en outre d’un déficit démographique, comblé, il est vrai, par l’apport immigré. Au point que le président Emmanuel Macron a lancé un appel au “réarmement de la France” pour combler ce déficit, indice patent de la gravité du problème.

A suivre le raisonnement de cet islamophobe rabique, en poussant ce nostalgique de l’Algérie Française dans ses derniers retranchements, la copulation des robots, sur une projection d’un demi siècle,  peut générer des humanoïdes, en aucun cas des humains.

La France ne serait plus la France mais une entité mécanisée, privée de ses capacités génésiques de reproduction. Elle cesserait d’être une « Res Publica », une chose publique, le bien commun de tous ses concitoyens.

Or, si l’on procède à une analyse des propos de ce racialiste frénétique, par articulation du global sur le local, nous aurons le constat suivant: Le grand remplacement ne résulte d’une invasion barbare des basanés de la planète, mais du bellicisme occidental. Qu’on en juge:

Sur le Plan Global

Lors de la 2me guerre mondiale, le bilan des victimes s’est élevé à 100 millions de morts, principalement des personnes d’origine caucasienne, selon la terminologie américaine, c’est à dire de race blanche (allemands, français, anglais, russes, est- européens, (Pologne, Autriche, Hongrie, Tchécoslovaquie, Baltes, etc..) Canadiens, Australiens, Néo-zélandais. Une saignée sévère.

A la fin de la 2ème Guerre mondiale, en 1945, la race blanche représentait 35 pour cent de la population mondiale, mais contrôlait les 4/5 de la superficie du globe.

En 2026, la race blanche ne représente plus que 21 pour cent de la population mondiale et ne contrôle plus que 30 pour cent de la planète du fait de l’indépendance de la totalité des pays d’Asie (Chine, Inde, Pakistan, Vietnam, Cambodge, Indonésie, etc..), d’Afrique, et du Monde arabe. Autrement dit un rétrécissement de la voilure occidentale.

Sur le plan local

La France a déploré la perte d’1,400 millions de morts durant la 1ère Guerre mondiale et 900.000 invalides, soit 11 pour cent de sa population hors service.

En contrepoint, 4,2 millions d’hectares ravagés, 285.000 maisons détruites, 500.000 endommagés, 4. 800 km de voies ferrées et

800 km de route à restaurer, 22.900 usines à reconstruire, 330 millions de m3 de tranchées à combler.

Pour cette œuvre de reconstruction titanesque, la France a importé 500.0000 Algériens.

Or,  la deuxième guerre mondiale a provoqué une saignée identique, vingt ans après, un délai inférieur au délai normal de reproduction générationnelle. Puis ce fut l’Indochine, l’Algérie, les combats dans le pré carré africain (Kolwezi, Sangaris, Serval, Barkane) etc…

Une hémorragie à jet continu, alors que parallèlement les Etats Unis subissaient une saignée pareille — Vietnam (15 ans), Irak (10 ans), Afghanistan (15 ans) –, avec un endettement accru dans les deux pays, quand la Chine s’abstenait de toute aventure militaire hors de ses frontières, depuis la Guerre de Corée, en 1952, soit depuis 65 ans.

Conséquence  de cette frénésie belliciste, la centralité de l’homme blanc est en voie d’évanescence, de même que  le rôle prescripteur de l’Occident, sanctionnant la fin de six siècles d’hégémonie absolue de l’Occident sur le reste de la planète.

La guerre d’Afghanistan (2001-2015) a signé l’émergence d’un monde post-occidental, la guerre d’Ukraine (2024), l’émergence du « Sud Global».

Au vu de ce qui précède, la généralisation des robots devraient principalement se substituer aux cerveaux dérangés du calibre de ce théoricien de pacotille qu’incarne parfaitement Eric Zemmour

Pour aller plus loin sur ces points cf ces deux liens:

Afghanistan

Ukraine

Illustration

Crédits : AFP Créateur : JOEL SAGET

René Naba

Journaliste-écrivain, ancien responsable du Monde arabo musulman au service diplomatique de l'AFP, puis conseiller du directeur général de RMC Moyen-Orient, responsable de l'information, membre du groupe consultatif de l'Institut Scandinave des Droits de l'Homme et de l'Association d'amitié euro-arabe. De 1969 à 1979, il est correspondant tournant au bureau régional de l’Agence France-Presse (AFP) à Beyrouth, où il a notamment couvert la guerre civile jordano-palestinienne, le « septembre noir » de 1970, la nationalisation des installations pétrolières d’Irak et de Libye (1972), une dizaine de coups d’État et de détournements d’avion, ainsi que la guerre du Liban (1975-1990), la 3e guerre israélo-arabe d'octobre 1973, les premières négociations de paix égypto-israéliennes de Mena House Le Caire (1979). De 1979 à 1989, il est responsable du monde arabo-musulman au service diplomatique de l'AFP[réf. nécessaire], puis conseiller du directeur général de RMC Moyen-Orient, chargé de l'information, de 1989 à 1995. Auteur de "L'Arabie saoudite, un royaume des ténèbres" (Golias), "Du Bougnoule au sauvageon, voyage dans l'imaginaire français" (Harmattan), "Hariri, de père en fils, hommes d'affaires, premiers ministres (Harmattan), "Les révolutions arabes et la malédiction de Camp David" (Bachari), "Média et Démocratie, la captation de l'imaginaire un enjeu du XXIme siècle (Golias). Depuis 2013, il est membre du groupe consultatif de l'Institut Scandinave des Droits de l'Homme (SIHR), dont le siège est à Genève. Il en est en outre vice-président de l'International Center Against Terrorism (ICALT), Genève; Président de l'association caritative LINA, opérant dans les quartiers Nord de Marseille, et Président d'honneur de 'Car tu y es libre", (Quartier libre), œuvrant pour la promotion sociale et politique des zones péri-urbaines du département des Bouches du Rhône, dans le sud de la France. Depuis 2014, il est consultant à l'Institut international pour la Paix, la Justice et les Droits de l'Homme (IIPJDH) dont le siège est à Genève. Depuis le 1er septembre 2014, il est chargé de la coordination éditoriale du site https://www.madaniya.info et animateur d'une chronique hebdomadaire sur Radio Galère (Marseille), jeudi de 16H-18H.

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