Ouïghour : Le Parti islamiste du Turkestan, en route vers la mondialisation de son combat, avec un ciblage prioritaire, la Chine et les bouddhistes.

1 – La Turquie et les Etats Unis, parrains occultes du PIT

Au terme de huit ans de présence en Syrie, particulièrement dans le nord du pays, dans le secteur d’Alep-Idlib, le mouvement djihadiste du Turkestan s’apprête à donner une impulsion trans-régionale à son combat, au delà de la Syrie, avec un ciblage prioritaire: la Chine.
Telle est du moins la substance du discours mobilisateur du prédicateur Abou Zir Azzam diffusé à l’occasion de la fête du Fitr, en juin 2018, mettant en relief «l’injustice» subie par le Turkestan dans ses deux versants, le versant occidental (Russie) et le versant oriental (Chine).

Toutefois le projet du PIT pourrait être contrarié d’une part par l’implication plus grande de la Chine dans la guerre de Syrie, et d’autre part, la possible modification de l’ancienne relation stratégique entre la Turquie et les Etats Unies, deux anciens partenaires de la guerre froide, désormais en guerre larvée.
Depuis le discours du prédicateur d’Abou Zir Azzam, la mobilisation vers la Syrie a été gelée. Le Parti islamiste du Turkestan (PIT) s’apprête à lancer le Djihad contre les bouddhistes. Les djihadistes Ouïghours en Syrie vont demeurer sur place jusqu’à achèvement de leur mission, mais les nouvelles recrues seront dirigées vers d’autres fronts.

En juin 2017, la Turquie et les Etats Unis, les parrains occultes du PIT, ont encouragé cette orientation au prétexte de préserver les combattants de cette formation afin de les affecter à d’autres théâtres d’opération, contre les adversaires des Etats Unis regroupés au sein du BRICS (La Chine et la Russie), le pôle contestataire à l’hégémonie américaine à travers le Monde.

2- La duplicité de la Turquie: Vers une zone turque en Syrie sur le modèle du Nord de Chypre ?

Soucieux de préserver ses pupilles, «Hayat Tahrir Al Cham», anciennement Jabhat An Nosra, sous filiale d’Al Qaida, et surtout les Ouïghours du Parti Islamiste du Turkestan, tiraillé par ailleurs entre des alliances contradictoires, le néo islamiste Tayeb Recep Erdogan, -membre du groupe d’Astana (Russie, Iran, Turquie) en même temps que membre de l’OTAN-, a proposé l’aménagement d’un vaste périmètre pour y abriter les djihadistes dans une zone sous l’autorité de la Turquie afin de procéder au tri entre groupements islamistes inscrits sur la liste noire du terrorisme et les djihadistes regroupés sous le label VSO «The Vetted Syrian Opposition» (Opposition syrienne validée par les Occidentaux). Une opération destinée en principe à permettre à l’armée turque de séparer le bon grain de l’ivraie, selon le schéma de l’Otan.

Autrement dit de libérer les Syriens repentis et de garder sous le coude les combattants étrangers (Tchétchènes, Ouïghours) en vue de les exfiltrer clandestinement vers d’autres théâtres d’opérations.

A la faveur du déploiement des forces américaines dans le nord de la Syrie, dans le périmètre de la base aérienne de Manbij, ainsi que dans le secteur d’Idlib, la Turquie a mis à profit cette phase préparatoire de l’offensive pour exfiltrer ses sympathisants, principalement les Ouïghours et Al Moharjirine (les migrants), relevant de «Hayat Tahrir As Cham» de tendance djihadiste salafiste, dont le groupement a été inscrit sur la liste noire du terrorisme par l’ONU en 2013.
Le président russe Vladimir Poutine a donné son accord à la proposition turque au sommet de Sotchi, le 17 septembre, soucieux de préserver sa nouvelle alliance avec la Turquie en butte à une guerre hybride de la part des Etats Unis.

Le débauchage de la Turquie constitue la carte maitresse de la Russie dans ses négociations avec la coalition occidentale au point que Moscou paraît si soucieuse d’encourager cette déconnection stratégique de l’axe Turquie Etats Unis, qu’elle a été jusqu’à promettre la livraison du système balistique SSS 400 pour 2019.
Ankara espère, de son côté, préserver l’essentiel de sa force de nuisance dans la zone, avec un objectif sous jacent d’aménager dans le secteur d’Idlib une enclave turque sur la modèle de la République turque de Chypre. Pour ce faire, elle envisage de procéder à une modification démographique de la zone pour constituer une sorte de barrière humaine avec des ressortissants syriens relevant la mouvance des Frères Musulmans qu’elle considère comme relevant de fait de son autorité. Dans cette zone, elle caresse le projet de concentrer un vivier djihadiste qu’elle gérera en fonction des besoins de sa stratégie.
La zone démilitarisée concédée provisoirement à la Turquie s’étend sur 15 km de large le long de la frontière syro-turque dans le secteur d’Idlib, englobant la zone de déploiement des forces kurdes soutenues par les Etats Unis.

Avec l’arrangement de Sotchi, la Russie a voulu se donner le temps de tester les intentions réelles de la Turquie notamment sur le modus operandi auquel elle a recours pour sinon éradiquer à tout le moins neutraliser «Hayat Tahrir Al Cham», en conformité avec les préconisations de l’ONU qui considère comme «terroriste» la franchise d’Al Qaida en Syrie.

Aubaine pour la Turquie, la décapitation du journaliste saoudien Jamal Khashoggi au consulat saoudien d’Istanbul, le 2 octobre 2018, a permis à Ankara, par une campagne médiatique méthodique contre l’Arabie saoudite, d’obtenir le retrait de Riyad de la gestion du dossier syrien et de réclamer, parallèlement, l’inclusion de ses protégés djihadistes au sein de la commission de la rédaction de la future constitution syrienne dont ils étaient auparavant exclus.

Le président Erdogan a fait de la guerre de Syrie une affaire personnelle, qui le contraint à une certaine rigidité sous peine de se désavouer, faute d’atteindre un double objectif: la garantie des intérêts turcs dans les projets de reconstruction de la Syrie et surtout la neutralisation politique et militaire des kurdes de Syrie, les protégés de ces alliés américains. Une quadrature d’un cercle si vicieuse qui conduit la Turquie à un exercice de grand écart au point de rupture….. au point d’écartèlement.

Sur la duplicité de la Turquie dans la guerre de Syrie, cf ces liens:

3- La terminologie marxiste en guise d’habillage juridique au tournant

L’habillage idéologique du tournant du PIT a été puisé dans la terminologie marxiste. Au terme d’un débat interne de plusieurs mois, les légistes de cette formation ont décidé de donner une dimension planétaire à leur combat en privilégiant, L’ENNEMI PROCHE (La Chine) sur L’ENNEMI LOINTAIN (La Syrie).
Une concurrence jurisprudentielle s’est établie entre les prescripteurs rivaux Abdel Rahman Al Chami, proche du Jabhat An Nosra, franchise syrienne d’Al Qaida, et Abdel Halim Al Zarkaoui, proche de Daech.

– Le discours mobilisateur Abou Zir Azzam
Ce prédicateur a fait une irruption politique remarquée par un discours mobilisateur diffusé à l’occasion de la fête du Fitr, en juin 2018, mettant en relief «l’injustice» subie par le Turkestan dans ses deux versants, le versant occidental (Russie) et le versant oriental (Chine). Lançant un appel au boycottage commercial de la Chine, il a énuméré les sévices historiques infligés par les Chinois aux Ouïghours, mentionnant «le viol des musulmanes» et «l’obligation de manger du porc».

«Le Parti Islamique du Turkestan s’apprête au Djihad contre les boudhistes», ce lien pour les locuteurs arabophones

3- La guerre de Syrie, le révélateur du PIT

Si la guerre de Syrie a consacré le Hezbollah au rang de stratège et propulsé la formation chiite comme interlocuteur direct du commandement militaire russe, mais elle a, dans le même temps, révélé le Parti Islamiste du Turkestan, en tant que composante du camp djihadiste sur le champ de bataille du Nord de la Syrie, frontalier de la Turquie.

La bataille pour la reconquête d’Alep, en décembre 2016, a ainsi conféré au Hezbollah un statut de stratège et non plus de simple exécutant de la stratégie iranienne, un acteur, majeur sur le plan militaire face à Israël et en Syrie. Anticipant les ripostes djihadistes, n’hésitant à mener des batailles de rue, nettoyant immeuble après immeuble, le Hezbollah a connu la consécration en ce que ses plans de bataille menés depuis huit ans en Syrie font désormais objet d’un enseignement dans les académies militaires russes. Un succès obtenu au prix de lourds sacrifices.

Revers de la médaille, plusieurs dirigeants du premier rang de la formation, notamment Moustapha Badredddine, le chef de la branche militaire du Hezbollah, Jihad Moughniyeh, le fils du fondateur de la branche militaire du Hezbollah, Imad Moughniyeh, Samir Kintar, l’ancien doyen des prisonniers politiques arabes en Israël ont perdu la vie en Syrie. En contre champ, le commandant Abou Omar Saraqeb qui dirigeait la plus importante coalition de rebelles et djihadistes en Syrie, à l’origine de la conquête de Jisr Al Choughour, a lui aussi, trouvé la mort sur le théâtre des opérations, de même qu’Omar Al Shishani, le commandant djihadiste du Front Nord.

4- Renforcement de la présence militaire russe et percée stratégique majeure de la Chine en Méditerranée

Depuis son intervention militaire directe en appui au président syrien Bachar Al Assad, la Russie a considérablement renforcé sa présence en Syrie, où elle y dispose désormais de deux bases, la base aérienne à Hemeimine, au sud-est de la ville de Lattaquieh et l’importante base navale de Tartous.

Brisant le monopole des airs détenus par l’OTAN dans la zone depuis la fin de la II ème Guerre Mondiale, le dispositif de défense russe comporte des missiles de croisière, des batteries de missiles S.400 TRIUMPH, basées à Hemeimine dont le rayon d’action couvre l’ensemble de la Méditerranée orientale (Syrie, Turquie, Chypre, Liban Israël), assurant la protection de fait non seulement de l’espace aérien de la Syrie, mais également la zone de déploiement du Hezbollah dans le sud Liban.

Parallèlement, la Chine s’est aménagée deux points d’ancrage en Méditerranée, à Tartous (Syrie) et à Cherchell (Algérie); une percée stratégique majeure de l’Empire du Milieu dans cette zone depuis la nuit des temps.

5 – Chine: La Syrie, un réceptacle au terrorisme mondial

La fermentation djihadiste ouïghour en Syrie, et dans pays de la lointaine périphérie de la Chine ont conduit Pékin, en mars 2018, a déployé discrètement des troupes en Syrie au motif officiel d’encadrer des détachements de l’armée syrienne et de leur fournir un soutien logistique et médical.
Pékin a justifié cette attitude de pro activité par sa connexion idéologique avec le pouvoir baasiste en raison de sa nature laïque, ainsi que par la présence dans le nord de la Syrie d’un important contingent de combattants ouïghours.

Ce faisant, la Chine vise à faire pièce aux djihadistes ouïghours, dont elle veut neutraliser leur éventuel retour en Chine, alors que se confirment les liens entre les séparatistes islamistes des Philippines et au Mayanmar et les groupes islamistes opérant en Syrie, comme en témoignent l’arrestation d’agents de l’Etat Islamique (Daech) en Malaisie en mars 2018, à Singapour en juin 2018.

L’entrée en scène progressive de la Chine sur le théâtre syrien, où elle a déjà obtenu des facilités navales dans le périmètre de la base navale russe de Tartous est de consolider son positionnement d’un des trois grands investisseurs du financement de la reconstruction de la Syrie, au même titre que la Russie et l’Iran.

En complément à Tartous, la Chine a aménagé sa première base navale à l’étranger à Djibouti, en 2017. Jouxtant le port de Doraleh et la zone franche de Djibouti –tous deux construits par la Chine– cette base ne devrait abriter dans un premier temps «que» 400 hommes. Mais, selon plusieurs sources, ce sont près de 10 000 hommes qui pourraient s’y installer d’ici à 2026, date à laquelle les militaires chinois auront transformé cette enclave en avant-poste militaire de la Chine en Afrique.

Dans le prolongement de l’inauguration de la base navale chinoise de Djibouti, un porte conteneur géant a déchargé, le 17 Août au port de Tripoli (Nord Liban) du matériel destiné aux projets de reconstruction de la Syrie.

D’une longueur de 300 mètres, pour une largeur de 40 mètres, le porte conteneur «Nerval», appartenant à la compagnie française CGM-CMA, a déchargé mille conteneurs de matériels en provenance de Chine et d’Indonésie, pour y être acheminé par la routé vers la Syrie.

En superposition, la Chine a participé aux manœuvres navales russes au large de la Méditerranée, début septembre, les plus importantes manœuvres de la flotte russe de l’histoire navale mondiale. Elle a dépêche des troupes vers la Syrie, pour la première fois de son histoire, en mars 2018, pour convoyer les forces gouvernementales syriennes lors de la prise d’Idbib, notamment décrypter les communications entre les djihadistes ouïghours en vue de les neutraliser.

Au regard de la Chine, la Syrie sert de réceptacle au terrorisme mondial, y compris pour l’intérieur chinois. Soucieuse de soulager la trésorerie russe et de soutenir l’effort de guerre syrien, la Chine a octroyé une aide militaire de 7 milliards de dollars à la Syrie dont les forces combattent dans la bataille d’Alep, les djihadistes Ouïghours, (des musulmans turcophones du Nord Ouest de la Chine), où près de 5.000 familles, soit près de quinze mille personnes, sont implantés à Alep Est.

6- La problématique ouïghoure

L’instrumentalisation des Ouïghours par les Américains répond à leur souci de disposer d’un levier de pression contre Pékin, en ce que «la Chine et les États-Unis sont engagés, à long terme, sur une trajectoire de collision.

Les précédents historiques montrent qu’une puissance ascendante et une puissante déclinante sont vouées le plus souvent à l’affrontement», soutient l’ancien premier ministre français Dominique de Villepin, particulièrement à une époque où la scène diplomatique internationale est en pleine phase de transition vers un monde post occidental. L’objectif sous-jacent est de contrarier la mise en œuvre de la «2me route de la doie».

Musulmans turcophones, les ouïghours djihadistes sont originaires de la province de Xingjiang, à l’extrême-ouest de la Chine, frontalière de huit pays (Mongolie, Russie, Kazakhstan, Kirghizistan, Tadjikistan, Afghanistan, Tadjikistan, Pakistan et Inde). Bon nombre d’Ouïghours ont combattu en Syrie sous la bannière du Mouvement islamique du Turkestan oriental (Sharqi Turkestan) alias Xinjiang, une organisation séparatiste de lutte armée dont l’objectif est l’établissement d’un «État Ouïghour Islamique» au Xinjiang.

Les combattants ouïghours ont reçu l’aide des services de renseignements turcs pour leur transfert vers la Syrie, via la Turquie. Ce fait a généré une tension entre les services de renseignements turcs et chinois en ce que la Chine s’inquiète du rôle des Turcs dans le soutien aux combattants ouïghours en Syrie, rôle qui pourrait augurer d’ un soutien turc aux combats au Xinjiang.

La communauté ouïghoure en Turquie compte 20.000 membres, dont certains travaillent pour l’Association de Solidarité et d’Education du Turkestan Oriental, qui fournit une aide humanitaire aux Syriens et qui est pointée du doigt par la Chine. Une vidéo du PIT de janvier 2017 affirme que sa brigade syrienne a combattu avec le front al-Nosra, en 2013, dans les provinces de Raqqa, Hassakeh et Alep.
En juin 2014, le groupe djihadiste a officialisé sa présence en Syrie: Sa brigade sur place, dirigée par Abou Ridha al-Turkestani, un locuteur arabophone, probablement un Syrien, a revendiqué une attaque suicide à Urumqi en mai 2014 et une attaque au VBIED sur la place Tiananmen en octobre 2013.

Le groupe a prêté allégeance au Mollah Omar des Talibans. Vingt deux ouïghours ont été détenus à Guantanamo, puis relâchés faute de preuves. Suivant l’exemple de l’Emirat islamique du Caucase, dont la branche syrienne opérait dans le cadre de Jaysh Muhajirin Wal-Ansar, le PIT a crée sa propre branche en Syrie qui opère de concert avec Jabhat An Nosra entre les provinces d’Idlib et de Lattaquié.

7 – L’environnement djihadiste de l’Inde et son basculement vers Israël.

La destruction des Bouddhas de Bamyan par les Talibans, en Mars 2001, soit six mois avant le raid du 11 septembre contre les symboles de l’hyperpuissance américaine, a constitué un déclic conduisant l’Inde à abandonner sa traditionnelle politique d’amitié avec les pays arabes, notamment l’Egypte, son partenaire majeur au sein du Mouvement des Non Alignés, pour se rapprocher d’Israël.

L’environnement djihadiste de l’Inde a d’ailleurs conduit ses dirigeants à se rapprocher également des Etats Unis dans un contexte marqué par la disparition du partenaire soviétique, parallèlement à une accentuation de la coopération sino-pakistanaise débouchant sur le transfert d’énergie nucléaire de Pékin à Islamabad et le lancement d’un programme nucléaire pakistanais avec des subsides saoudiens.

La nouvelle alliance avec les États Unis et Israël a été scellée sur la base d’une convergence d’intérêts et une approche sensiblement analogue de pays se présentant comme des démocraties partageant une même vision pluraliste du monde, ayant le même ennemi commun, l’«Islam radical».
Le rapprochement avec Israël s’est traduit par une normalisation des relations israélo-indiennes, en 1992, concrétisée par la première visite d’un dirigeant israélien à New Delhi, en 2003, en la personne du premier ministre Ariel Sharon, l’année de l’invasion américaine de l’Irak.

Troisième puissance régionale avec la Chine et le Japon, l’Inde se trouve dans une position ambivalente en ce qu’elle doit maintenir des liens étroits avec les superpuissances pour se maintenir dans le peloton de tête du leadership mondial, sans pour autant distendre ses liens avec le tiers monde, dont elle fut longtemps l’un des chefs de file. Sa présence au sein du BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) répond à cette logique.

Les Ouïghours, de mémoire d’observateur, ne sont jamais morts pour la Palestine pas un. Mais nombreux l’ont été contre la Syrie, dans un dévoiement sectaire de leur idéologie.

Aux yeux des stratèges du Pentagone, l’instrumentalisation de l’irrédentisme Ouïghour devrait avoir sur la Chine le même effet déstabilisateur que le djihadisme tchétchène sur la Russie de Poutine. Mais une éventuelle montée en puissance du Parti islamique du Turkestan pourrait initier une redistribution de cartes, dont les principaux victimes pourraient être les djihadistes ouïghours, à l’instar des islamistes de Syrie.

A trop vouloir servir de «chairs à canon» à des combats mercenaires décidés par des commanditaires dictés exclusivement par leur raison d’état de leur propre puissance, le sort des supplétifs est inéluctablement scellé: Dindon de la farce d’une gigantesque duperie.

8 La défection de trois pays musulmans alliés de l’Occident

Devant une telle configuration, le Pakistan, le pompier pyromane du djihadisme planétaire pendant des décennies a paru amorcer une révision déchirante de ses alliances, renonçant à son ancien rôle de body guard de la dynastie wahhabite pour un rôle plus valorisant de partenaire de la Chine, la puissance planétaire en devenir, via le projet OBOR. Deux autres pays musulmans, jadis alliés de l’Occident, lui ont emboité le pas: la Malaisie, et sans doute la Turquie, à moyen terme, frappée de sanctions économiques par les Etats Unis.

Si l’hypothèse du djihadisme anti bouddhiste se concrétisait, elle initierait une gigantesque tectonique des plaques à l’effet de sceller une alliance de fait entre la Chine et l’Inde, les deux états continents d’Asie, de surcroit non musulmans, en vue de terrasser l’hydre islamiste qui rôde à leur périphérie.

Pour aller plus loin
Illustration

http://ddc.arte.tv/nos-cartes/xinjiang-le-grand-ouest-chinois

One Response

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  1. Anne W
    Déc 03, 2018 - 03:29

    Merci René.
    Super-article qui met mes connaissances à jour. J’avais autrefois beaucoup lu sur le Xin Jiang.
    Je te recommande si tu ne les as pas lus :
    – “Boudhas et rôdeurs sur la route de la soie” de Peter Hopkirk (Ed. Picquier, c’est l’histoire des archéologues occidentaux et japonais vers 1900 dans la région, Paul Pelliot, Le Coq, Stein) ;
    – les nouvelles de l’auteur japonais contemporain Yasuchi Inoue (Dong Huan, etc).

    – “Fantômes d’islam et de Chine” de Hugues Didier (Ed. Chandeigne) ; le livre relate le voyage du jésuite portugais Benito de Goes depuis Agra en inde jusqu’à la Chine en passant par le Xin Jiang au début du XVIIème siècle pour prouver que le “Cathay” et la “Chine” étaient un seul et même pays. Il s’était déguisé en soufi et parlait persan ; il était accompagné d’un Arménien. Il était mort un peu avant d’arriver à Pékin et malheureusement son carnet de notes avait été volé.

    Peter Hopkirk a aussi écrit un livre qui se lit comme un polar sur “The great game” entre la Russie et l’Angleterre, avec des épisodes à Kashgar dans mon souvenir. La suite du même auteur pour la période soviétique s’appelle “Setting the east ablaze”.

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