Du crime, de son instrumentalisation et du chantage exercé à propos de Jamal Khashoggi.

Par «Un collectif de Démocrates Syriens»

Note : La rédaction de www.madaniya.info s’est assurée de l’identité des membres de ce collectif avant d’assurer l’adaptation de ce texte en version française.
Pour le lecteur arabophone, la version arabe se situe dans le prolongement du texte français

Principaux points
  • L’assassinat de la journaliste américaine d’origine libanaise Serena Shim en Turquie et de l’Ambassadeur de Russie à Ankara n’ont pas donné lieu à la constitution d’une commission d’enquête internationale.
  • Sourde lutte d’influence entre la Turquie et l’Arabie saoudite pour le leadership sur le Monde sunnite
  • Jamal Khashoggi, opposant notoire à l’opposition démocratique syrienne, ferme partisan de la guerre de Syrie et du Yémen.
  • Les gains turcs dans cette affaire: Renonciation de l’Arabie Saoudite à tout rôle dans le conflit de Syrie et blanc-seing américain à l’Est de l’Euphrate contre les alliés kurdes des Etats Unis.
  • Jamal Kashoggi, sous-marin des services de renseignements saoudiens auprès des «Arabes afghans» et poisson pilote de la normalisation saoudo-israélienne
  • Jamal Khashoggi, «fiers de ses origines turques », mais les services turcs «réticents» à son égard en raison de son mariage secret avec une égyptienne non affiliée à la Confrérie des Frères Musulmans, peu de temps avec ses fiançailles avec une turque.

Note de la Rédaction www.madaniya.info

Prologue : De la dualité du comportement des pays occidentaux vis-à-vis des crimes commis dans des pays alliés: les cas de Rafic Hariri (Liban) et de Jamal Khashogi (Turquie).

Les tribulations du procès des assassins de Rafic Hariri

L’assassinat de Rafic Hariri, premier ministre libanais, Février 2005 , commensal du président français de l’époque Jacques Chirac dont il sera son pensionnaire posthume, a donné lieu à un forcing diplomatique pour la mise sur pied d’un Tribunal spécial International, alors que le crime s’est produit au Liban contre un citoyen libanais, au point que l’ambassadeur de France à Beyrouth Bernard Emié, actuel directeur de la DGSE, avait théorisé une «responsabilité implicite de la Syrie» dans cet assassinat, induisant une enquête à charge contre la Syrie et son allié libanais le Hezbollah.
Le zèle franco-américain de l’époque tranche avec le mutisme du pouvoir français et des procédés dilatoires du président Donald Trump à propos des responsabilités éventuelles du prince héritier saoudien Mohamad Ben Salmane dans le dépeçage de Jamal Kashoggi, le journaliste saoudien dépecé au consulat saoudien d’Istanbul le 4 octobre 2018. Le libanais a eu droit à un Tribunal international financé partiellement sur les deniers des Libanais, mais pas le chroniqueur du Washington Post, mais néanmoins ancien sous-marin des services saoudiens ancien auprès des « Arabes afghans» et poisson pilote saoudien de la normalisation saoudo israélienne. Fin de la note

Texte du collectif

Un mois avant l’assassinat du premier ministre libanais Rafic Hariri, en Février 2005, Albert Dagher, économiste libanais de renom, publiait une étude sur le système de corruption instauré par le milliardaire libano-saoudien depuis son accession au pouvoir en 1992, soit depuis 13 ans.

Pour aller plus loin sur l’étude d’Albert Dagher, ces liens :

  • La crise de la monnaie libanaise par Albert Dagher https://www.persee.fr/doc/tiers_0040 7356_1992_num_33_131_4721_t1_0706_0000_1
  • La grande détresse de l’économie libanaise https://www.monde-diplomatique.fr/1985/01/DAGHER/38386

L’assassinat de Rafic Hariri a eu pour effet second d’occulter cet aspect hideux de sa gestion au point que le simple fait d’assurer une reproduction par photocopie du rapport de M. Dagher un élément à charge à l’encontre de la personne concernée dans le dossier en voie de constitution par le juge allemand, Detliv Mehlis, premier enquêteur international du procès Hariri.

Pour aller plus loin sur le Tribunal Spécial sur le Liban (TDSL), ce lien :

  • https://www.renenaba.com/le-tribunal-special-sur-le-liban-une-justice-sous-influence/
  • https://www.renenaba.com/liban-tsl-un-proces-politique-sous-habillage-juridique/
  • https://www.renenaba.com/libantsl-un-proces-politique-sous-habillage-juridique-2/

Dans une démarche analogue visant à dégager la scène libanaise de toute interférence dans l’établissement d‘un acte d’accusation à charge que projetaient les pays Occidentaux, à neutraliser des témoins encombrants dans le cours de l’enquête, quatre officiers supérieurs de l’armée libanaise ont été incarcérés arbitrairement pendant 4 ans, avant d’être innocentés et remis en liberté. Entretemps, le lexique judiciaire s’était enrichi de nouvelles expressions telles « Faux témoin», «Témoin Roi».
Treize ans après le lancement du processus visant à la comparution des responsables de l’assassinat de Rafic Hariri devant la juridiction internationale, les noms figurant dans le dossier d’accusation sont radicalement différents de ceux mentionnés dans la première phase de l’enquête.

I – Rappel des précédents cas d’école:

-L’assassinat de la journaliste américaine d’origine libanaise Serena Shim en Turquie et de l’Ambassadeur de Russie à Ankara n’ont pas donné lieu à la constitution d’une commission d’enquête internationale, alors que la Turquie réclame à cor et à cri l’internationalisation de l’affaire Khashoggi.

1 er cas: Serena Shim

Journaliste américaine d’origine libanaise, correspondante de Press Tv dans le secteur de Kobbané -Ain Arab) en Syrie, Serena Shim a été tuée en octobre 2014 dans un accident prémédité en Turquie dans la foulée de ses révélations sur les camions de La FAO, (Organisation Mondiale de l’Alimentation), servant au transport des armes et aux combattants pour le front syrien. Sa mort suspecte n’a suscité la moindre attention ni de la part de la presse turque ni de la presse américaine, en dépit d’une vidéo qu’elle avait mise en ligne faisant état des menaces de mort proférées à son encontre par les services turcs.

2 me cas d’école : Alexandre Karlov, ambassadeur de Russie en Turquie.

Le diplomate a été assassiné à Ankara sous les caméras de chaînes de TV internationales, il y a deux ans. L’enquête a duré deux ans, sans la moindre interférence internationale, alors que l’assassinat concernait un ressortissant étranger commis sur le territoire de la Turquie

Au vu de ce qui précède, la question se pose de savoir si Jamal Khashoggi est plus important que ces personnes précitées pour que le Washington Post se mette totalement au service du défunt, que la chaîne qatarie se transforme en chaîne Khashoggi consacrant quasi exclusivement ses bulletins d’information à la couverture de l’affaire depuis le 2 octobre 2018 ;

Que Yasin Aktay, le conseiller du président turc, se dévoue à faire fuiter quotidiennement des informations concernant le contenu des conversations téléphoniques entre le consulat saoudien à Istanbul et le monde extérieur, enregistrées par les services turcs, nonobstant le fait que la divulgation de la part du pays du siège de tout enregistrement d’un pays hôte constitue une violation de la convention de Vienne sur les immunités diplomatiques (Convention du 18 avril 1961).

Le point d’orgue de ses initiatives post mortem aura été la séance de condoléances organisée à Téhéran à la mémoire de Jamal Khashoggi, un homme qui avait réclamé à cor et à cri le bombardement de l’Iran et non seulement l’abrogation de l’accord international sur le nucléaire iranien.
Un des avocats d’Al Jazeera a été jusqu’à réclamer la convocation d’une réunion du Conseil de sécurité en vue de l’adoption d’une résolution, sous le chapitre VII de la charte, -prévoyant le recours à la force en vue de sa mise en œuvre-, en vue d’ouvrir la voie à une internationalisation de l’affaire.
Quant à M. Chantiki, membre de la confrérie des Frères Musulmans, il n’hésite à pronostiquer publiquement «la fin politique de Mohamad Ben Salmane, le prince héritier saoudien», que la rumeur publique désigne comme le donneur d’ordre de ce massacre épouvantable, et le prix que doivent percevoir la Turquie et le Qatar du fait de l’assassinat du journaliste saoudien.

II- Du crime odieux à un enjeu régional sous tendant la lutte pour le leadership du Monde sunnite.

Comment l’assassinat de Jamal Khashoggi s’est transformé d’un crime odieux, condamnable sans réserve, en un enjeu régional et international, à l’arrière-plan d’une compétition pour le leadership di Monde sunnite entre le président turc Erdogan et l’Arabie saoudite? Un enjeu majeur de la prochaine bataille présidentielle américaine visant à la reconduction du Président Donald Trump pour un second mandat ?
Le Qatar va-t-il réussir à transformer le crime du consulat en une «révolution contre le consulat et le palais royal» saoudien ?
Le journaliste libanais Talal Salmane, ancien directeur du quotidien «As Safir» a qualifié à juste titre la dépouille de Jamal Khashoggi de «cadavre le plus cher au monde», en ce que bon nombre de services xe renseignements à travers le monde cherchent à transformer ce crime en un ouragan dévastateur.

III- Jamal Khashoggi, un opposant résolu à l’opposition démocratique syrienne.

La politisation de l’assassinat du journaliste saoudien dessert la cause de la justice. Loin s’en faut. Elle n‘empêchera de disculper les vrais coupables de leurs responsabilités. Dans un monde où la justice a cessé d’être une valeur prioritaire, les divers protagonistes chercheront à tirer profit du cadavre de Jamal Khahsoggi pour leur marchander en en tirant le meilleur profit.

A- Le cas du docteur Aziz Al Kheir

Comparaison n’est pas raison. Il n’est pas indifférent de noter à ce propos le cas d’un opposant syrien similaire à celui du saoudien, quand bien même leur parcours était radicalement différent: le cas du Docteur Aziz Al Kheir, intercepté sur un barrage de l’armée de l’air syrienne, à la sortie de l’aéroport de Damas, en 2012, ainsi que les ruses et les promesses formulées tant par le pouvoir syrien que par les Iraniens et les Russes à son sujet. En vain.
Contrairement au Saoudien, un grand serviteur des services de renseignements de son pays durant la guerre anti soviétique d’Afghanistan (1979-1989), Aziz Al Kheir a combattu contre la tyrannie dans son pays, pour la liberté, la justice et la dignité humaine.

Sur le parcours de Jamal Khashoggi, ce lien

B- Jamal Khashoggi sur la même longueur d’onde que les Saoudiens

Jamal Khashoggi, membre de la nomenklatura saoudienne, n’a pas hésité à accuser les chefs de l’opposition démocratique syrienne d’être des «suppôts du régime syrien », alors que les dirigeants de cette opposition Aziz Al kheir et Haytham Manna, s’opposaient à la militarisation du conflit de Syrie.
Jamal Khashoggi récidivera lorsque le duo de l’opposition démocratique s’opposera à la participation de groupements extrémistes à la conférence générale de l’opposition syrienne tenue à Riyad sous l’égide saoudienne, en 2015.

Abondant dans le sens des thèses saoudiennes, en parfait exécutant de la politique du pouvoir royal, se félicitera de l’absence de représentants de l’opposition démocratique syrienne à la conférence Riyad: «Par leur absence, Haytham Manna et Saleh Mousleh, chef kurde de Syrie, ont contribué au succès de la conférence. Le premier prétend être un activiste des droits de l’homme; le second, le chef d’un parti kurde séparatiste. Une bonne chose qu‘ils aient été absents. S’ils avaient été présents, la conférence aurait explosé, non à la manière de Daech, mais en soulevant des questions explosives ayant trait à l’identité, aux droits des minorités, aux droits de la femme, la laïcité de l’état et le degré de démocratie en Syrie».

C – Jamal Khashoggi au diapason de la Turquie

Lors de l’occupation par les forces turques de la bourgade kurde d’Afrine (Nord de la Syrie), -opération Rameau d’Olivier 20 janvier 2018- Jamal Khashoggi s’est mis au diapason d’Ankara publiant un éditorial retentissant en anglais sur sa page facebook, dont copie figure dans la version arabe de ce texte: « Its time to divide Syria- L’heure de la partition de la Syrie a sonné».
A dire vrai, le comportement hostile de Jamal Khashoggi à l’égard de l‘opposition démocratique syrienne nous a conduit à nous abstenir de tout commentaire sur cet assassinat et ses connexions.
L’affaire n’est plus une question de crimes et de châtiments. Mais un conflit à projection géostratégique en vue de l’instauration d’une nouvelle hégémonie régionale.

IV – Le contexte de l’assassinat : Les gains turcs.

L’assassinat de Jamal Khashoggi est intervenu alors que le cours de la livre turque était à son plus bas niveau, à la veille des élections américaines du mi-mandat, un mois avant la mise en œuvre de nouvelles sanctions américaines contre l’Iran, le jour même de l’annonce de la fin de la mission de Steffan Di Mistura, l‘émissaire spécial de l’ONU pour la Syrie.

Cet assassinat est survenu en outre à la suite de la révélation de la conclusion d’un accord secret Russie-Arabie saoudite sur le pétrole qui plongea Donald Trump dans une noire colère, conduisant le président américain à tenir les propos les plus désobligeants à l’égard du vieil allié saoudien depuis l’établissement d’un partenariat stratégique entre les deux pays, en 1945 (Pacte de Quincy).

Les gains turcs

Le premier mois qui a suivi l’assassinat de Jamal Khashoggi les autorités turques ont procédé à l’arrestation de 700 militants du parti des peuples de Turquie dans un silence total en Turquie et à l’étranger.

Parallèlement, l’Arabie saoudite s’est vue retirer toute compétence dans la gestion du dossier syrien, alors que la Turquie obtenait le feu vert pour lancer une nouvelle offensive à l’Est de l’Euphrate, sans la moindre réaction des Américains envers leurs alliés Kurdes.

De surcroît, la Turquie a demandé à la Russie l‘inclusion de ses alliés (les groupements islamistes radicaux) au sein du comité chargé de rédiger la future constitution syrienne, dont ils s‘en désintéressaient complètement et dans laquelle ils n’avaient joué aucun rôle auparavant. Ankara a obtenu en outre que Moscou ferme l’œil sur le fait que la Turquie n’ait pas respecté ses engagements concernant le dégagement des groupements extrémistes islamistes de la zone de désengagement, dans le secteur d’Idblib.

Le silence n’est plus possible désormais. Nous avons dénoncé, dans le passé, avec vigueur, l’arrestation d’activistes saoudiens et nous nous flattons de n’avoir jamais foulé le sol saoudien ne serait-ce que dans le cadre du petit pèlerinage (Al Omra), dans le cadre d’un voyage VIP. Nous n’avons jamais, non plus transporté de valises chargées de cadeaux et d’argent. Nous sommes donc libres de toute contrainte et à ce titre nous ne pouvons plus nous taire devant cette tragi-comédie mise en scène par le président turc pour s’autoproclamer «Nouveau Sultan».

V- Jamal Khashoggi, agent des services de renseignements saoudiens, puis collaborateur de la CIA, puis poison pilote de la normalisation saoudo-israélienne.

Jamal Khashoggi a beaucoup écrit sur son expérience dans la guerre anti soviétique d’Afghanistan, en sa qualité d’assistant du Prince Turki Ben Faysal, chef des services de renseignements saoudiens, chargé par son supérieur d’une mission d’infiltration auprès des «arabes afghans».
Les rapports de Jamal Khashoggi avec la CIA: la médiation auprès des opposants chiites saoudiens.

Mais les relations du chroniqueur du Washington Post avec la CIA sont un secret de polichinelle. Les rapports se sont noués dans la décennie 1990, lorsque son supérieur, le Prince Turki Ben Faysal, l’a chargé en compagnie de deux turkmènes saoudiens de négocier avec l’opposition chiite saoudienne refugiée aux Etats Unis le retour de certains de ses membres dirigeants en Arabie saoudite.

Il est de notoriété qu’une telle mission se déroulant sur le territoire américain -et concernant des opposants, surtout Saoudiens, un pays couvé des yeux par les services américains-, ne pouvait se faire sans un minimum de coordination et de collaboration avec la CIA.

La démarche du Prince Turki Ben Faysal lui a d’ailleurs permis d’ouvrir de nouveaux canaux avec ses alliés américains, dans sa mission d’Ambassadeur du royaume saoudien à Washington.

La mission de Jamal Khashoggi a été couronnée de succès avec le retour en Arabie Saoudite des membres de ce qui constituait l’ «Organisation Saoudienne des Droits de l’Homme».

Turki et son frère Khaled ont conservé les meilleurs contacts avec Jamal Khashoggi dont il était le chargé de contact auprès de l‘opposition iranienne, de même que dans ses démarches visant à normaliser les relations entre Israël et le Royaume saoudien.

VI – Jamal Khashoggi et le «printemps arabe»: Le déclin de ses parrains habituels et le début de sa disgrâce.

Au déclenchement du printemps arabe, en 2011, Jamal Khashoggi a misé sur les Frères Musulmans, faisant le pari de leur conquête du pouvoir. Mais son euphorie sera de courte durée avec la succession de revers enregistrée par la confrérie set le reflux de son pouvoir dans la plupart des pays arabes: Perte du pouvoir du parti An Nahda en Tunisie, éviction du président néo-islamiste Mohamad Morsi du pouvoir en Egypte.

Un reflux doublé sur le plan interne par l’élimination de ses protecteurs habituels le Clan Al Faysal: décès de Saoud Al Faysal, frère de Turki et ministre des Affaires étrangères, éviction de Bandar Ben Sultan, beau-frère de Saoud et commandant en chef du djihadisme planétaire pro wahhabite.

Jamal Khashoggi s‘est ainsi subitement retrouvé hors du cercle du pouvoir décisionnaire saoudien, ne bénéficiant pas de la confiance de la nouvelle équipe dirigeante en dépit des innombrables services rendus à la dynastie wahhabite.

En guise de lot de consolation, Jamal Khashoggi a été chargé des projets communs Qatar-Arabie saoudite, notamment le projet vedette du lancement d’une nouvelle chaîne transfrontière saoudienne «Al Arab» émettant depuis Doha. Mais la mission tourna court avec la guerre petro-monarchique contre le Qatar.
(NDLR -Le projet «Al Arab» a été repris par le prince Walid Ben Talal, qui aura la durée la plus courte dans les annales des médias. Un jour. La chaîne Al Arab a été lancée depuis Manama mais a dû fermer au bout de 24 heures à la suite d’une interview d’un opposant saoudien. Fin de la note)).
Hors-jeu Jamal Khashoggi décide alors de s’exiler vers les Etats-Unis. Sa parfaite connaissance de la Péninsule Arabique et des arcanes du pouvoir saoudien l’accréditent comme chroniqueur du Washington Post.

Journaliste opérant depuis les Etats Unis, il fera preuve de sobriété dans ses écrits sur le Royaume, refusant le qualificatif d’ «opposant», critiquant en termes mesurés le boycottage du Qatar.
Ferme partisan de la guerre contre le Yémen et la Syrie, il modérera son enthousiasme avec la prolongation de la guerre s’inquiétant de leurs coûts humains et économiques.

VII – Jamal Khashoggi, fier de ses origines turques.

Au-delà de ses déboires et de sa disgrâce, Jamal Khashoggi demeurera «fier de ses origines turques», de l’aveu même de Yasin Aktay, le conseiller du président Erdogan. Il vouera une «admiration pour l’expérience du Parti de la Justice et du Progrès»
Depuis son lieu d’exil, les Etats-Unis, il multipliera les déplacements vers la Turquie nouant des relations avec les dirigeants du parti au pouvoir.
Mais les services de renseignements turcs nourrissaient une méfiance à l’égard du saoudien, en ce qu‘ils étaient en possession d’informations sur son récent mariage avec une égyptienne répondant au nom de Hanane, mais qui n’était «pas affiliée à la confrérie des Frères Musulmans égyptiens», le parti allié des néo-islamistes de Turquie. Un mariage qui a précédé de peu ses fiançailles avec Hatice Cengiz, la fiancée turque du journaliste saoudien et qui a quelque peu intrigué les services turcs.

De nombreuses questions demeurent en suspens sur cette affaire, d’autant plus intrigante qu’Erdogan y apparait comme un «magicien» tirant chaque jour un pigeon de son chapeau comme pur faire durer le spectacle

Il ressort de toutes ses fuites à la presse que :

  • Les services turcs ont repéré l’équipe saoudienne dès le lancement de l’opération.
  • Les autorités turques ont découvert des produits redoutables dans les valises diplomatiques saoudiennes, à l’arrivée de l’équipe saoudienne à l’aéroport d’Istanbul.
  • Les services de renseignements ont recueilli des enregistrements sur le plan prémédité de l’assassinat bien avant le transfert de l’équipe vers le consulat et avant l‘arrivée du journaliste à la mission saoudienne.
  • La grande question qui se pose est la suivante: Pourquoi la Turquie n’a-t-elle pas avisé la victime de l’existence d’un plan visant à l’assassiner ?
  • Il ne saurait y avoir de connivence dans cette affaire car les services de Haqqan Fida, chef des services turcs, ont été purgés de tous les éléments n’ayant pas fait allégeance au Parti de la Justice et du Progrès.

La Turquie compte-t-elle tirer profit de Jamal Khashoggi mort ou vif ?

2- Des Présidents et Vice-présidents américains ont signé l’ordre à des assassinats extra judiciaires contre des dirigeants d’Amérique Latine et d’Afrique (

Salvador Allende -Chili), Alberto Guzman (Guatemala), Patrice Lumumba (République Démocratique du Congo). Erdogan, lui, s’est lui livré à des massacres répétitifs au Sud-Est de la Turquie. Il a contraint l’armée turque à forcer à l’exil 400.000 ressortissants syriens de la région d‘Afrine, dans une sorte de nettoyage ethnique.

Qu’ont donc fait le Washington Post, le Congrès américain, les journaux appartenant au Parti de la Justice et du Progrès devant de tels agissements? Ont-ils ordonné une enquête internationale?

Les Etats Unis et la Turquie sont-ils doté d’un sens moral si élevé pour s’autoriser à faire partie d’une commission d’enquête internationale?
Le Secrétaire général des Nations Unies peut-il décider de la constitution d’une commission d’enquête internationale sans l’aval du Conseil de Sécurité ou du Conseil des Droits de l’Homme?

Que signifie l’internationalisation de l’Affaire, alors que l’Iran la Turquie et le Qatar réclamant dans le même temps une internationalisation du pèlerinage de La Mecque?.

L’Arabie saoudite serait-elle victime d’un chantage ?

Une fois les réponses fournies, il sera alors temps d’engager un sérieux débat sur la sécurité nationale au niveau régional, sur les questions ayant trait à la Liberté et aux Droits des peuples de la zone.

Collectif des Démocrates Syriens
Le 17 Novembre 2018

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