Ziad Majed, un parfait représentant de la gauche mutante libanaise, candidat potentiel sur la liste d’émargement d’Abou Dhabi.

«Avoir l’esprit ouvert n’est pas l’avoir béant à toutes les sottises». Jean Rostand, Biologiste, Académie Française.

La réputation de l’universitaire parisien Ziad Majed pourrait pâtir de la présence de son nom sur la liste d’émargement des intellectuels chiites libanais dressée par le gouvernement d’Abou Dhabi pour neutraliser le Hezbollah libanais, à en juger par les révélations contenues dans la correspondance diplomatique des Emirats Arabes Unis publiées en avril 2018 par le journal libanais «Al Akhbar» sous le dossier «Abou Dhabi Leaks».

Le nom de Ziad Majed a figuré sur la liste des personnalités chiites dont le soutien a été proposé par l’ambassade des Emirats Arabes Unis à Beyrouth à son gouvernement afin de faire pièce à la formation para militaire chiite lors des élections législatives libanaises de Mai 2018, et au-delà.

D’un bellicisme vibrionnaire tant au Yémen qu’en Libye qu’en Syrie, Abou Dhabi nourrit une vive hostilité à l’égard de Saad Hariri, le milliardaire saoudo libanais. Il a d’ailleurs œuvré en coulisses auprès des Saoudiens en vue de provoquer la chute du premier ministre libanais, à qui l’Emirat reproche son alliance de fait avec la formation paramilitaire chiite.

Plus que le Qatar, du temps de la tonitruante alliance de Nicolas Sarkozy avec Cheikh Hamad Ben Khalifa, la principauté d’Abou Dhabi est le véritable bijou joujou de la France qu’elle couve avec des yeux de Chimène, malgré ses nombreuses turpitudes:

Sur le rôle d’Abou Dhabi

1- La signification de la présence du nom de Ziad Majed sur cette liste

Etablie sur requête du ministre adjoint des affaires militaires et sécuritaire du gouvernement des Emirats Arabes Unis, portant N° 184, en date du 19 Décembre 2017, la dépêche énumérant la liste des candidats ayant vocation à bénéficier des prestations financières d’Abou Dhabi porte la signature de M. Hamad Sayyed Al Hachimi, faisant office de Consul des Emirats au Liban.

A la date de la publication du dossier Abou Dhabi Leaks par le quotidien libanais «Al Akhbar», en avril 2018, soit quatre mois après la requête et à un mois des élections législatives libanaises, il n’a pas été possible de savoir quelle suite a été donnée à ce projet, si notamment les «nominés» ont effectivement bénéficié des prestations envisagées ou le fait que le projet de financement ait été éventé par les hackers a incité les corrupteurs d’Abou Dhabi sinon à y renoncer à tout le moins à le mettre en veilleuse.

Le triomphe électoral du Hezbollah Libanais, le 6 Mai 2018, en dépit du gisement électoral représenté par la diaspora chrétienne libanaise d’Europe occidentale, des Etats Unis et d’Amérique Latine, a révélé a contrario l’inanité d’une manoeuvre visant à créer un contre pouvoir au duopole chiite qui monopolise la vie politique libanaise: le mouvement Amal de Nabih Berry et le Hezbollah, dirigé par Hassan Nasrallah.

Le fait que la démarche ait émané du ministère des Affaires militaires et sécuritaires d’Abou Dhabi – et non du ministère des Affaires culturelles ou du ministère de l’enseignement supérieur- donne à penser que ce financement ne répondait pas à des préoccupations philanthropiques -la promotion des Arts et des Belles Lettres dans le prolongement du «Musée du Louvre d’ Abou Dhabi», mais à des considérations stratégiques, d’autant plus impérieuses que l’Emirat est embourbé au Yémen malgré l’engagement dans cette guerre des mercenaires de son hôte encombrant Erik Prince, fondateur de Black Water, de sinistre mémoire en Irak, et que l’opposition syrienne off shore pétromarchique est en pleine déroute militaire, doublée d’une débandade politique.

Le fait que le nom de Ziad Majed ait figuré sur cette liste ne paraît donc pas répondre au désir d’Abou Dhabi de distinguer un universitaire méritant, mais plutôt au souci de l’Emirat de gratifier un intellectuel libanais chiite, auréolé d’une réputation de gauche, viscéralement hostile au Hezbollah, la bête noire des pétromonarchies, d’Israël et de l’Otan, dont les vues se trouvent en parfaite concordance avec les lignes de force de la stratégie islamo-atlantiste à l’endroit de la Syrie.

Une analyse confirmée par un universitaire français spécialiste de la Syrie, Fabrice Balanche :

«Ziad Majed fait partie des chantres de l’opposition syrienne qui affirmaient que Bachar el Assad allait tomber en quelques semaines au début de la révolte syrienne. Il prétendait qu’il n’existait pas de problème communautaire en Syrie et que les djihadistes ne pourraient jamais s’affirmer en Syrie.

Lui et tous ceux qui comparent la situation en Syrie avec la guerre d’Espagne et les jihadistes aux brigades internationales sont assoiffés de notoriété facile. Ils bénéficient de l’engouement d’une partie des médias où l’émotion domine plus que la réflexion. Enfin, je dirais que leur émotion, à géométrie variable, sert aussi à masquer leurs piètres analyses sur le conflit syrien. Il serait temps qu’ils fassent leur mea culpa, car le désastre humanitaire en Syrie est aussi la conséquence de cette irealpolitik».

Sur ce lien, l‘intégralité de la déclaration de Fabrice Balanche

Autre fait d’armes glorieux de Ziad Majed: Veuf inconsolable d’une révolution perdue dont il se voulait le guide lumineux, il traînera son faux look de pâtre grec sur les plateaux de la télévision française multipliant incantations et imprécations.

Activiste par intermittence, il sera le convoyeur médiatique à Paris de Paolo Dall’Oglio, avant l’enlèvement du père jésuite par les alliés objectifs de l’universitaire chiite, le 27 juillet 2013, dans la zone de Raqqa, fief de l’État Islamique, où il s’était rendu pour négocier la libération de journalistes retenus en otage par l’organisation terroriste.

A toute chose malheur est bon. La déconfiture occidentale en Syrie devrait débarrasser la scène médiatique française d’une flopée de fieffés imposteurs. Ziad Majed en est conscient qui laissera percer son dépit dans un pensum d’une grande pathologie: «Syrie, la Révolution orpheline». Point n’est besoin d’être grand clerc pour savoir que si en Syrie, la révolution a été «orpheline», c’est tout bonnement qu’une autre révolution était, au même moment, matée à Bahreïn par les alliés objectifs de l’universitaire franco libanais, les pétromonarchies rétrogrades. Et que le «printemps» ne fleurira en Syrie que lorsque la belle saison rayonnera aussi de tout son éclat dans l’obscurantiste Arabie saoudite, à Bahreïn et à Abou Dhabi, le plus belliqueux des micro émirats de l’ancienne Côte des Pirates.

Si la subvention d’Abou Dhabi était confirmée, Ziad Majed rejoindrait le coureur cycliste Richard Virenque dans l’imaginaire français pour être gratifié du titre de «mercenaire de la plume à l’insu de son plein gré» tant il était au diapason de la stratégie islamo-atlantiste.

Le financement des personnalités chiites anti Hezbollah s’est accompagné de la décision du trésor américain de placer sur la «liste noir du terrorisme» Hassan Nasrallah et le conseil de gouvernance du Hezbollah en vue d’entraver la formation du nouveau gouvernement libanais post élections, à tout le moins de dissuader le rescapé Saad Hariri de toute coopération future avec la formation chiite. La liste a été établie en concertation avec des états réputés pour la grande probité politique: l’Arabie saoudite, Bahrein, Les Emirats Arabes Unis, Qatar et le Sultanat d’Oman. Des états satellites de l’Amérique.

Sur ce lien, la décision du trésor américain pour le lectorat arabophone

2- La liste des candidats potentiels.

Sur cette liste figuraient les personnalités suivantes, principalement d’anciens notables chiites, évincés de la vie politique libanaise par la montée en puissance du Hezbollah, notamment:

  • Ahmad Al-Assad, fils et petit fils d’anciens présidents de la chambre, illustre représentant de la féodalité clanique qui a gouverné le Liban les 30 premières années qui ont suivi l’indépendance du Liban.
  • Ghaleb Yaghi, ancien président du Conseil Municipal de Baalbeck. Ce notable aux besoins financiers considérables à la mesure de ses ambitions démesurées, passe pour être sensible au processus de lubrification des rapports politiques comme en témoigne sa culbute de membre dirigeant de la section libanaise du parti Baas à chef de file de la contestation du tandem Hezbollah-Amal.
  • Lokmane Slim, réalisateur du mémorable film «Massaker», sur les auteurs phalangistes des massacres des camps palestiniens de Sabra Chatila, banlieue sud est de Beyrouth, en septembre 1982. Lokmane est le fils d’un avocat chiite pro saoudien Mohsen Slim, spécialiste de l’arbitrage, qui s’est distingué lors du siège de Beyrouth par l’armée israélienne, en 1982, en faisant des offres de service à Bachir Gemayel, le commandant en chef des milices chrétiennes et candidat des Israéliens à la magistrature suprême. Le nom de Lokmane Slim avait déjà été cité comme figurant sur la liste d’émargement de l’ambassade américaine à Beyrouth. Il appartient au groupe désigné sous le vocable méprisant de «Chii’t Amrika- chiites au service des Américains».

Dans le même lot des «chiites de service» ayant vocation à bénéficier des largesses d’Abou Dhabi pour leur rôle de supplétifs des équipées atlantistes anti Hezbollah, figurent, outre Ziad Majed:

  • Waddah Charara: Fondateur dans la décennie 1960 du groupuscule de la gauche radicale «Loubane Al Ichtiraki- Le Liban Socialiste». Ce théoricien verbeux virera sa cuti à la défaite de l’OLP à Beyrouth, en 1982, pour assurer sa pitance auprès des journaux pétromonarchiques Al Hayat et Al Mostaqbal.
  • Hoda Al Husseini, épouse de Rached Al Fayed, ancien journaliste au quotidien As Safir, qui fut le porte parole de la coalition palestino progressiste durant la guerre du Liban (1975-1990), rallié au clan Hariri.
  • Mouna Fayad, titulaire d’un doctorat en psychologie de l’Université française, enseignante à l’Université Libanaise.
  • Saoud Al Maoulla, universitaire proche de Walid Joumballt, chef féodal du Parti Socialiste Progressiste; Mohamad Abdel Hamid Beydoun, ancien député (mandature de 1992 et de 2005), Imad Qoumeih: Rédacteur en chef du site New Lebanon et Saer Ghandour, journaliste au «New Arab», le journal fondé par le Qatar et dirigé par le transfuge communiste palestinien Azmi Béchara.

Des dignitaires religieux marginalisés:

  • Ibrahim Mehdi Chamseddine, fils de l’Imam Mohamad Mehdi Chamseddine
  • Cheikh Soubhi Toufaily, ancien secrétaire général du Hezbollah (1989-1991), contraint à la démission.
  • Moustapha Fahs, fils d’un dignitaire religieux chiite préconisant un oeucuménisme inter confessionnel, membre de la coalition saoudo américaine du 14 mars.

Enfin Okab Sakr, le factotum chiite du clan Hariri, grand perdant des dernières éléctions libanaises. Au mépris des obligations qui découlent de sa fonction, ce parlementaire a déserté son mandat national, sans pour autant renoncé à ses indemnités de fonction, pour se muer en principal pouvoyeur d’armes à l’opposition syrienne (2011-2017).

Démasqué, il justifiera sa présence prolongée dans la zone frontalière syro-turque par la nécessité de ravitailler les djihadistes en «couverture et en lait en poudres» et non en armes, munitions, et soldes de combattants. Ancien animateur du site «Now Lebanon», un journal en ligne auquel a contribué Ziad Majed, Okab Sakr a été écarté du cercle des collaborateurs rapproché de Saad Hariri pour son rôle confus lors de la séquestration du premier ministre libanais par les Saoudiens, en Novembre 2017. En disgrâce, grand vaicu des dernières élections legislatives libanaises, Okab Sakr compte sur sa relation avec Mohamad Ben Salmane, le prince héritier saoudien, pour réintégrer le cercle intime du dispensateur de sa manne.

3-La séquence de la Gauche Démocratique Libanaise (Yad- Al Yassar Al Dimoukrati)

Autre titre de gloire de Ziad Majed: la création du YAD (Gauche Démocratique Libanaise Yad- Al Yassar Al Dimoukrati). Ce mouvement, à l’existence météorique, se voulait représentatif d’une nouvelle gauche, -une gauche modérée, tolérante et progressiste, teintée de social libéralisme sur le modèle préconisé par deux personnalités françaises pro israéliennes, Dominique Strauss Khan et Manuel Valls-, en ce que cette gauche là se devait surtout -et là est sa principale raison d’être-, être une gauche indépendante de la cause palestinienne qui aurait pu attirer des milliers de partisans.

A l’usage, ce groupuscule se révélera un ramassis d’opportunistes ralliés au Roi dollar dispensé par le flux Hariri. Des mercenaires de la plume en somme. Ils finiront par constituer la nouvelle génération politique de la «gauche mutante», phénomène marquant de l‘époque contemporaine, le plus important vivier de transfuges du militantisme révolutionnaire vers le conservatisme contemporain le plus rigide, dont les figures de proue en France auront été Alexandre Adler, passé de l’ultra communisme à l’ultra sionisme, sans le moindre sas de décompression, ainsi qu’André Glucksmann et Romain Goupil, le commensal d’Emmanuel Macron.

Ci joint une étude non aseptisée de la «Révolution Colorée» au Liban : https://www.madaniya.info/2016/02/26/liban-2005-2015-d-une-revolution-coloree-a-l-autre/

Revue de détails des quatre autres mousquetaires du YAD

A- Samir Frangieh, le «Philippe Egalité» de la Révolution des Cèdres.
En raison de son parcours sinueux, Samir Frangieh était désigné par le cercle des initiés de ses anciens compagnons socialistes du sobriquet de «Philippe Egalité» du nom de ce prince de sang de la lignée d’Orléans, rallié à la révolution française, qui sera cependant guillotiné en 1793.
Fils cadet d’un prestigieux ministre des Affaires étrangères, Hamid Frangieh, Samir vivra comme une meurtrissure la paralysie qui frappa son propre père en pleine gloire, l’écartant définitivement de la vie politique libanaise au profit de la branche cadette du clan représentée par Soleimane Frangieh, futur Président de la République libanaise (1970-1976) durant la première phase de la 2me guerre civile libanaise.
Par compensation, l’héritier frustré s’engagera dans la contestation de l’ordre féodal libanais, dans une posture ultra gauchiste, paré toutefois du prestige de son père et de la protection que son patronyme confère.
En poste à l’AFP Beyrouth, dans la décennie 1970, le signataire de ce texte a pu observer le soin religieux mis par les forces de l’ordre à épargner l’auguste personne, concentrant leurs coups de matraques aux communs des mortels dans la répression des manifestations de solidarité avec les Palestiniens.

Il relèvera en outre le goût prononcé de l‘héritier à la fréquentation de hommes de l’ombre, l’Emir Farouk Abillama, ancien directeur de la Sûreté générale, durant la guerre civile libanaise, puis après son plongeon pro Hariri, le colonel Johnny Abdo, ancien chef du 2me bureau de l’armée libanaise et surtout agent de liaison des Israéliens avec les milices chrétiennes.

Ce trotskyste pur et dur terminera son parcours militant en 1990 par un poste grassement rétribué de conseiller de Rafic Hariri à une époque où le milliardaire libano saoudien se lançait à la conquête du pouvoir à Beyrouth, avec le soutien du Maire de Paris, Jacques Chirac.

Le récit de cette séquence sur ce lien: http://www.renenaba.com/la-france-et-le-liban-le-recit-dune-berezina-diplomatique/

Trônant dans un des luxueux «Hôtels des Maréchaux» de la Rue de Presbourg, à Paris, l’homme se vivait comme un vizir avec les incommensurables avantages matériels que ce poste conférait avec son cortège d’appartements luxueux et de limousine, débauchant, à tour de bras et à prix d’or, ses anciens compagnons de la gauche libanaise, pour une vie inespérée au service de leur nouveau nabab. Une mutation identique à celle de son complice le socialiste Walid Joumblatt, mais néanmoins partenaire en affaires du milliardaire Rafic Hariri et saltimbanque de la vie politique libanaise.

En vue de son adoubement comme héritier de la prestigieuse famille Frangieh, Rafic Hariri fera le déplacement de Damas pour obtenir le feu vert de Hafez Al Assad. Le président syrien, visiblement agacé par le débauchage en règle des principales figures de la gauche libanaise par le milliardaire libanais, assénera ce jour là au factotum des Saoudiens au Liban, un magistral cours non de mercantilisme politique, mais de loyauté politique.

«Pour la Syrie, il n’y a qu’un seul Frangieh, Soleimane Frangieh», a lancé Assad à Hariri par référence au patriarche de la famille, l’ancien Président de la République (1970-1976) et à son petit fils qui porte le même, devenu son successeur depuis la décapitation du clan par les milices chrétiennes, en juin 1978. Hariri retournera bredouille de son voyage de Damas qui aura ainsi barré la voie à toute promotion ministérielle du transfuge trotskyste reconverti aux vertus du capitalisme sauvage.

La lévitation de Samir Frangieh durera quinze ans. A l’assassinat de son bienfaiteur, en 2005, Samir Frangieh deviendra la cheville ouvrière de la coalition saoudo américaine au Liban connue sous le nom du «Parti du 14 Mars», en commémoration de la grande manifestation qui a célébré la disparition du chef du clan saoudo américain au Liban, par ailleurs hébergeur posthume du président français Jacques Chirac.

Pathétique déformation par le prisme tribal et clanique de toute vision nationale, une spécificité libanaise, cet ancien idéologue féodal du trotskisme mondain de la bourgeoisie beyrouthine, un homme au narcissisme exacerbé au point d’incandescence, s’alliera, toute honte bue, au fossoyeur de sa propre famille, Samir Geagea, pour chercher à terrasser politiquement son cousin puîné, Soleimane, représentant de la branche cadette de sa famille entièrement décimée par le sanguinaire chef de guerre milicien, dans un invraisemblable aveuglement d’une quête désespérée du pouvoir.

Sur ce lien, la tuerie d’Ehden, un assassinat ciblé des services israéliens avec leurs complices Bachir Gemayel et Samir Geagea, les dirigeants des milices chrétiennes libanaises http://prochetmoyen-orient.ch/liban-commemoration-de-la-tuerie-dehden/

Samir Frangieh décédera en 2017 des suites d’une longue maladie, alors que ses nouveaux compagnons de lutte, l’opposition off shore syrienne, subissaient une défaite cuisante à Alep Est; Une déroute qui allait changer le cours de la guerre de Syrie et lui faire perdre la face à lui et à ses comparses.
Fait inhabituel, s’agissant d’une personne privée, le Quai d’Orsay rendra hommage officiellement à l’héritier, parfait mutant de la gauche vers un néo atlantisme prédateur du Monde arabe.

Inspecteur gadget de la révolution de Syrie et du Liban, Jean Pierre Perrin, le journaliste de Libération à l’imperméable couleur passe-muraille, twittera rageusement, sans preuves, sur «les salauds de Damas qui rient» la mort de son «pur Samir», oubliant que la Syrie faisait face depuis sept ans à une gigantesque offensive des mercenaires islamistes de l’alliance atlantique, de l’ordre de 200.000 djihadistes, et que par conséquent son «Bey», était devenu depuis longtemps le cadet des soucis de Damas. Ah les ravages du nombrilisme.

Ci joint le tweet de Jean Pierre Perrin

Jean-Pierre Perrin‏@jpperrin21
Suivre. La liberté est en deuil. Le pur Samir Frangié n’est plus. Les salauds à Damas rient Les hypocrites à Beyrouth font semblant d’être tristes. 10:06 – 11 avr. 2017

Sur ce lien, la débandade de l’opposition off-shore syrienne petromonarchique
https://www.madaniya.info/2018/06/01/la-debandade-de-lopposition-off-shore-syrienne-petromonarchique-1-2/

B- Samir Kassir, un parcours curviligne
Samir Kassir empruntera, lui aussi, un parcours tout aussi identiquement curviligne.
Ancien compagnon de route du parti communiste, franco-libanais de connexion familiale syro-palestinienne et sympathisant de la cause palestinienne du temps de son exil parisien où il collabora à la revue de gauche, le mensuel français «Le Monde Diplomatique», Samir Kassir sera, à son retour à Beyrouth, comme grisé par les veloutés de la société beyrouthine, comme frappé par une sorte de transfert amoureux, épousant et les idées et la figure emblématique de l’expression médiatique des milices chrétiennes libanaises, une animatrice vedette d’une chaîne satellitaires saoudienne, Gisèle Khoury, …..à l’opposé du combat de jeunesse de sa famille d’origine. Funeste état de grâce d’un fatal état de disgrâce.

Il périra carbonisé dans un attentat, en Juin 2005, quatre mois après l’implosion de son commanditaire, et six mois avant son employeur Gébrane Tuéni, le directeur du journal An Nahar. Avec trois figures de proue du clan saoudo américain au Liban passées à trépas, l’année 2005 figurera dans les annales de l’histoire comme l’«ANNUS HORRIBILIS» par excellence des supplétifs des menées néocolonialistes contre le Liban.

C – Elias Attalah
Le 3eme larron, Elias Atallah, a depuis belle lurette rejoint les poubelles de l’Histoire, victime tout à la fois de son opportunisme exacerbé, de son incompétence avérée et de son lymphatisme démesuré.

D – Rima Torbey, la «reine de la culbute»
Le quatrième personnage, Rima Torbey, passée sans coup férir avec armes et bagages de porte parole des milices chrétiennes à porte parole du milliardaire saoudo libanais Rafic Hariri, a glané pour cet exploit le titre de «Reine de la Culbute», dans tout l’éclat du terme, tant son triple axel a été sans bavure, et sa dextérité impressionnante. Une pirouette comparable par sa témérité à celle du transfuge baasiste Abdel Halim Khaddam.
Longtemps propulsée par deux transfuges, –Samir Frangieh, le conseiller occulte de Rafic Hariri, et Johnny Abdo, l’homme des Israéliens par excellence au Liban–, Rima Torbey a été proposée, en Mai 2018, pour occuper le poste de Secrétaire générale adjointe auprès de la moribonde «Union Pour la Méditerranée», fondée par le moribond politique Nicolas Sarkozy pour favoriser une normalisation entre Israéliens et Arabes sous couvert de la coopération trans méditerranéenne.

Sur ce lien, les objectifs sous jacents de l’UPM : http://www.renenaba.com/1er-anniversaire-du-lancement-de-lunion-pour-la-mediterranee/

A ce poste, forte de son immunité diplomatique, cette opportuniste haut de gamme aurait pu poursuivre son œuvre de normalisation, sans craindre les poursuites judiciaires, pensant ainsi pouvoir offrir à Israël ce que l’état hébreu n’a pu obtenir par sa puissance de feu. Par malchance pour cette ambitieuse, une fuite dans la presse libanaise a gelé sa nomination d’autant que son affectation à ce poste est intervenue durant la période transitoire post électorale, en l’absence d’un décret pris en conseil des ministres, accréditant l’idée d’une «magouille».

Cf à ce propos sur ce sujet un article en ce sens du journal «Al Akhbar»! «La candidature de Rima Torbey à l’UPM , une faute diplomatique ou poliitique?».

Waddah Charara et Ziad Majed, qui se vivaient à l’avant garde laïque de la pensée moderniste arabe, se retrouvent au terme d’un parcours chaotique dans le rôle de supplétifs chiites des équipées israélo-américaines dans la zone. A l’exemple d’Ahmad Chalabi, le lièvre chiite irakien de l’invasion américaine de l’Irak. A l’exemple des sunnites syriens Bourhane Ghalioune et Basma Kodmani, les supplétifs français pour la Syrie.

Unique survivant de cette aventure calamiteuse de la «gauche démocratique libanaise», Ziad Majed, au vu de ce bilan humain, devra, pour la postérité de son œuvre, se souvenir que les Judas, nombreux, peuplent les cimetières. En une tâche indélébile pour l’éternité. ……. Remember Caïn, Ziad.

Références
  1. Pour le lectorat arabophone, la liste complète des personnalités mentionnées par le câble Abou Dhabi Leaks, sur ce lien
  2. Sur le mercenariat journalistique libanais : http://www.renenaba.com/les-tribulations-de-la-presse-libanaise-1
  3. Al Hayat et An Nahar, les roues dentées de la stratégie atlantiste au Moyen orient http://www.renenaba.com/les-tribulations-de-la-presse-libanaise-2/
Illustration

Capture de l’émission 28 Minutes – Arte

2 Responses

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  1. Afriam
    Oct 01, 2018 - 05:00

    Magistral ton article sur Ziad Majed. Magistral.

    Ariam

    Reply
  2. Pierre Perso
    Oct 01, 2018 - 05:04

    Ha, Ha. Ha. Mille mercis!

    Pathétique le petit révolutionnaire…

    Bientôt… sa marchandise ne trouvera plus preneur!

    Après lecture attentive….Votre article ressemble à une arme de destruction massive…

    Merci encore!

    P

    Reply

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