Le terrorisme en chiffres

Colloque « Balancing Counter-Terrorism and Human Rights : Challenges and Opportunities », organisé par Global Network For Rights And Developpment (GNRD) à Genève les 16-17 Février 2015.

Contribution de Loua’y Badeer (Palestine-GNRD) – Adaptation version française René Naba

Rapport de synthèse établi sur la base d’une enquête de terrain menée à travers le monde dans toutes les zones de conflit par des équipes du GNRD

Genève- Depuis le début du XXI ème siècle, 151.618 actes terroristes ont été dénombrés à travers le Monde (dans 151 pays), dont 62.312 au cours des deux dernières années (2013-2014), une période correspondant au surgissement de Da’ech et Jabhat An Nosra sur le théâtre du Moyen-Orient et la montée en puissance de Boko Haram en Afrique.

  • L’accroissement exponentiel du terrorisme constitue désormais une menace pour la paix et la sécurité à l’échelle planétaire. Le premier facteur de violation des droits de l’homme, que cela soit d’une manière directe ou indirecte.
  • En 2013-2014, les médias, -soit au niveau local, soit au niveau régional ou international-, n’ont traité que de 39,5% des actions terroristes, ce qui donne une idée du nombre des victimes occultés corrélativement des statistiques.
1- Bilan humain
  • En 2010, le nombre des victimes du terrorisme était circonscrit à 10 pays. Cinq ans plus tard, le nombre des victimes se déployait sur 151 pays.
  • 1812 organisations figurent sur la liste des pays au titre d’organisations terroristes, lesquels ont réussi à enrôler sous leur bannière 13 millions de personnes, alors que parallèlement, 80 millions de personnes apparaissent sensibles à leur influence.
  • 23% de la jeunesse du Monde, le cœur palpitant de l’humanité, est susceptible de s’embrigader pour des actions terroristes, résultante de la dépression, de la pauvreté ou plus simplement en quête de substance matérielle.
  • 33% de la jeunesse du Monde est exposé à de violentes réactions en rapport avec le terrorisme du fait de considérations raciales, religieuses, ethniques, nationales ou plus simplement d’auto-défense.

Les pertes économiques résultant du terrorisme se sont chiffrées, depuis le début du XXI me siècle, à 5 trillions de dollars. (Un trillion équivaut à mille milliards de dollars). Un chiffre suffisant à lui seul pour résoudre le problème du chômage dans la totalité des pays à hauteur de 65 pour cent des cas.

En 2005, la superficie sous contrôle du terrorisme à travers le Monde ne dépassait pas 30.000 km2. Dix ans plus tard, les terroristes exercent un contrôle d’une manière totale sur près de 12,5 millions de km2. L’emprise indirecte s’étend, elle, à 66 millions de km2. Ce chiffre englobe les lieux où se nichent des cellules dormantes, ou des camps de recrutement ou de formation. En comparaison, la superficie terrestre du Monde s’élève à 148.939.063 km2 et la surface aquatique (mers, océans) à 510.072.000 km2.

  • Le nombre des tués du fait du terrorisme, en 2013 -2014, s’est élevé à 632.716 personnes et les blessés à 1.763.802 personnes. Le nombre des déplacés et réfugiés a bondi à 18 millions de personnes à travers le Monde du fait du terrorisme.
  • 12,5 millions de femmes subissent la loi directe du terrorisme ainsi que toutes sortes de forme de répression et de sauvagerie.
  • 17 millions d’enfants sont victimes d’abus et de violences, sans la moindre possibilité d’intervention en leur faveur. Des exécutions quotidiennes sont commises dans la plus grande discrétion échappant de ce fait à la connaissance de l’opinion publique ; des enfants victimes d’abus sexuels ; des lois qui n’avaient pas cours même au Moyen-âge sont désormais appliquées avec vigueur sur fond d’une sauvagerie sans pareille, et son cortège de désolation et de malheurs.
2- Le coût économique de la guerre contre le terrorisme : 22 trillions de dollars pour la période 2011-2014

En 2001, 80% des actions terroristes impliquaient l’usage d’armes primaires (basiques) et d’explosifs à faible effet. Depuis lors 72% des assauts mettent en oeuvre des armes sophistiqués et d’explosifs à fort pouvoir détonateur, ainsi que la haute technologie et des procédés d’intelligence inhabituels.

Avant 2011, les offensives terroristes prenaient pour cible, dans 90 % des cas, des groupements hostiles clairement définis, alors que pour la période s’étendant de 2010 à 2014, les assauts terroristes ciblaient l’autre pour son altérité, sans autre motif d’hostilité et cela dans une proportion de 81%.

Au delà des pertes économiques mentionnées de l’ordre de cinq trillions de dollars, le budget global consacré à la lutte contre le terrorisme s’est élevé à 22 trillions de dollars durant les trois dernières années (2011-2014).

3- La connectivité avec les grandes mafias de la drogue et du crime organisé

Cette évolution s’est accompagnée d’une mise en connectivité des organisations terroristes avec les mafias de la drogue et du crime organisé. Cette connectivité a pris une ampleur telle qu’elle représente 50 fois plus que celle qu’elle était auparavant.

  • 20% des recettes mondiales provenant des ressources naturelles (gaz, pétrole) ne parviennent plus à leur débouché du fait du terrorisme.
  • 25% des terroristes agissent de manière organisée. 25% de manière anarchique. 50% agissent dans le but d’attirer l’attention et de faire l’objet de sollicitation.
4- Le bilan de la guerre contre le terrorisme

La communauté internationale a commis une erreur majeure d’engager la guerre contre le terrorisme, sans s’attaquer auparavant à leur matrice formatrice, en ce que 85% des groupements terroristes son issus d’organisations légales porteuses de fausses idées, dont ils se sont par la suite détachés.

L’engagement militaire des états contre le terrorisme a réduit la capacité de nuisance des organisations terroristes dans une proportion de 7% ; les solutions politiques dans une proportion de 13% ; les solutions sécuritaires dans une proportion de 21%.

  • 59% de la nuisance terroriste échappe à tout traitement.

Le danger réside dans la grande aptitude des groupements terroristes à s’adapter aux nouvelles données, leur capacité à renouveler leurs méthodes, leur faciliter à accéder aux moyens légaux pour propager leurs idées et de tirer le meilleur profit de l’effet cumulé de leur expérience en vue de faire face aux méthodes routinières des gouvernements.

  • 75% des pays ont connu des difficultés budgétaires du fait des effets marginaux du terrorisme (réfugiés, sécurité des frontières etc..)

6850 zones à travers le Monde renferment des milliers de désespérés, situés hors de la moindre préoccupation gouvernementale. Ces zones de non droit deviennent de ce fait un lieu privilégie d’implantation des groupements terroristes.

5- La psychologie du terroriste

70% des personnes engagées dans des actions extrémistes n’expriment ni regrets, ni remords à propos des actes de barbarie qu’ils commettent, car ils vivent dans un monde étriqué qui est le leur. Certains cherchent même à les isoler du Monde pour en faire de véritables sauvages, sans rapport avec l’humanité.

L’idéologie terroriste a évolué de façon violente. Les méthodes de lavage de cerveau s’appuie sur des programmes qui ont fait leur preuve et en perfectionnement constant. Du fait de la dépression et du désespoir qui règne sur une large fraction de la planète, les idées terroristes ont été promues au rang de valeurs fédératives

6- Les dégâts sur la société
  • Le secteur de la santé a été atteint dans une proportion de 11% du fait du terrorisme. Le secteur de l’éducation dans une proportion de 9% et le secteur économique de 23%.
  • La capacité des états à faire face à des situations de catastrophe naturelle a diminué de 45% du fait des difficultés logistiques en apport avec le terrorisme.
  • 55% des minorités dans le Monde ont été exposées à la violence (persécution, déplacement forcé de population ..etc..) du fait du terrorisme.
  • 71 pays ont été le théâtre de troubles du fait du terrorisme, fragilisant la cohésion sociale et les structures du pouvoir, donnant ainsi naissance à une forme de dépérissement de l’état.

Du fait du terrorisme, les programmes de prévention sociale et de prophylaxie sanitaire ont diminué de 33% dans le Monde. Pour le même motif, la sécurité alimentaire mondiale a connu de violentes secousses entraînant de fortes majoration des prix des denrées de l’ordre de 23%, débouchant sur les grandes émeutes de la faim du début du XXI me siècle. Le renchérissement du coût du transport, l’accentuation des difficultés de ravitaillement, la mainmise de larges superficies agricoles sous le contrôle des groupes terroristes en ont accentué les effets.

  • 42 pays ont vu leur plan économique s’effondrer du fait du terrorisme. 13 % du budget de sécurité sociale de ces pays a été transféré à la lutte contre le terrorisme.
  • 83 pays on enregistré une chute drastique de leur capacité à assumer les prestations humanitaires relevant normalement du gouvernement.

De nombreuses Organisations Gouvernementales (OG) et Organisations Non Gouvernementales (ONG) ont cessé de recenser le nombre des victimes, faute de budget, en raison des difficultés d’accès au zone de conflits, du fait du terrorisme et de l’accroissement du nombre des victimes.

  • Les actes criminels ont augmenté de 12% au plan mondial du fait du terrorisme et de l’absence corrélative de l’emprise gouvernementale sur l’intégralité des territoires.
  • 24% des zones de déploiement des groupements terroristes dans le Monde sont désormais hors du système mondial et de sa capacité à porter secours.
7- La justice

Le système judiciaire international a été ébranlé sur le plan mondial, enregistrant une perte d’efficacité de l’ordre de 18% en ce que de nombreux extrémistes conçoivent désormais la justice, non plus sur la base de leur adhésion aux valeurs commune, mais sous leur propre optique radicale, se forgeant une justice hideuse sous prétexte de la loi et la justice.

  • La croissance humaine a baissé de 9% du fait du terrorisme.
  • 33% des femmes (réfugiées ou déplacées) ont été forcées à la prostitution ou des actions illégales en rapport avec les réseaux du crime organisé.
  • 150.000 enfants à travers le Monde ont été embrigadés de force pour des meurtres et assassinats et 3,5 millions pâtissent de traumatisme qui ont conduit 21 pour cent d’entre eux à se livrer à des actes comparables au terrorisme. 700.000 enfants sont hors du système familial traditionnel.
  • La sphère de pauvreté a augmenté de 26% et la capacité à exploiter les ressources naturelles a chuté dans une proportion de 37%.
  • L’émigration clandestine a augmenté de 31%, entraînant la constitution de nouvelles minorités ethniques. 270 millions de personnes vivent loin de leur pays d’origine, dont 46 millions du fait du terrorisme.

Le combat contre le « fléau » du terrorisme doit constituer un mode de vie quotidien.

Le rapport préconise en conclusion la constitution d’un « Conseil Mondial de la Lutte contre le Terrorisme » et l’aménagement en son sein d’une « Situation Room » pour l’observation en temps réels des évolutions sur le terrain, synchroniser et synthétiser les informations et coordonner les activités, en vue de mettre un terme à la cacophonie ambiante.

Le rapport met l’accent enfin sur le travail préalable à la mise sur pied de cette infrastructure, gage de son succès : l’élaboration d’une définition claire du terme « TERRORISME », de même qu’un claire IDENTIFICATION DES GROUPEMENTS TERRORISTES.

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