La Franc-maçonnerie serait-elle malade de ses «Frères» ?

Par Jean Marc Aractingi
Grand Maître Mondial du Grand Orient Arabe Œcuménique

1- La Franc-maçonnerie européenne, une difficile adaptation à la mondialisation

Sur fond de lutte pour le pouvoir, à l’arrière plan d’une forme de ségrégation élitiste, la Franc-maçonnerie européenne butte sur une difficile adaptation à la mondialisation.

En crise aujourd’hui, encore diront certains, la franc-maçonnerie européenne a quelques fois du mal à s’adapter à la mondialisation comme à s’ouvrir aux technologies du 21e siècle. Les formidables possibilités d’internet en sont en exemple sur lequel nous reviendrons.

Elle reste souvent figée par des rituels et des principes moraux ou religieux hérités du XVIIIe siècle et parfois quelque peu archaïques.

La lutte pour le «Pouvoir» (une maladie maçonnique dite «cordonite») ou pour des considérations plus encore matérielles (financières) est omniprésente, bien qu’en totale contradiction avec les principes qu’elle défend comme «Liberté, Égalité, Fraternité».

En pratique, probablement malgré elle, une forme nette de ségrégation culturelle s’est installée, sans pour autant relever de l’élitisme, elle éloigne une réelle partie de l’humanité.

Une autre forme d’élitisme est celui de la sélection par l’argent car avec une capitation (cotisation annuelle) de 400 € et plus encore, on peut être certain que nombre de frères (ou sœurs) potentiels resterons sur le parvis.

La maçonnerie dont nous parlons fait aussi, sans nuance, la distinction entre obédiences régulières et celles qui sont irrégulières. Celles qui sont de droit divin et les autres. Il va sans dire que les premières considèrent les secondes comme des assemblées de sous-maçons, de Dhimmis, alors que toutes deux se réclament de la même fraternité.

2 – Une chute vertigineuse des adhérents aux États Unis de 5 millions à trois millions

La maçonnerie pratique alors trop souvent une sorte de dictature des Loges où ceux qui se disent frères, plus allumés qu’éclairés, s’excommunient l’un l’autre faisant fi des principes de fraternité et de liberté à l’image peu enviable de quelques sectes.

Malheureusement, mais en toute logique, ces dérives souvent liées à la vanité entraînent une régression mondiale de ses effectifs.

Aux États-Unis par exemple, ils étaient cinq millions à se proclamer «Enfants de la Lumière» (celle qui éclaire nos travaux) au XXe siècle, il n’en reste que trois millions aujourd’hui.

3 – Pistes pour des remèdes possibles ?

Avec beaucoup d’humilité, il serait salutaire de retoucher quelques piliers de notre temple, en mettant l’accent sur davantage de spiritualité et moins d’élitisme.

Plus de fraternité, en partageant la Lumière avec des hommes et des femmes des milieux les plus divers et de cultures différentes.

Plus de place aux planches et aux débats pour les sujets qui constituent les préoccupations sociales actuelles (euthanasie, œcuménisme, voile…).

J’espère une véritable obédience d’études et de recherches tant traditionnelles que sociales.

J’attends des rencontres inter-obédientielles où chacun pourra en toute liberté exprimée son point de vue et cela sans aucune discrimination.

Cette liste de souhaits n’est pas exhaustive mais il est à espérer que notre obédience, le Grand Orient Arabe Œcuménique étant née au 21e siècle, sera pionnière et apportera la sagesse de l’Orient, berceau des trois grandes religions monothéistes et des fondements mythologiques de la franc-maçonnerie, à l’Orient de l’Occident.

Pour aller plus loin sur ce sujet

Jean Marc Aractingi est l’auteur de « Histoire Mondiale de la Franc-Maçonnerie en Terre d’Islam » (4 Tomes); Editions Erick BONNIER, Paris.

Illustration

https://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:Mozart_in_lodge,_Vienna.jpg

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